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bruit du tocsin, au roulemeut des tambours, les citoyens se ^^rmaieht en troupes sur les places et dans les Jardins) oh f voyait les volontaires du Palais Royal, des Tuileries, de la basoche, etc. Le comité entendait les 60 districts dont le lan-» gage s^levait à la fierté romaine. Sur la place de Grève venaient s*entasser les voyageurs, les voitures arrêtées aux barrières et chargées de subsistances, de vaisselles, de meubles. On y en^ tendait mugir des troupeaux. Ici, la voiture du prince de Lambesc servait à un feu de Joie ; là, on amenait deux magistrats arrivant de Yeriailles et traités par conséquent de conspirateurs; un peu après, c*était un marchand de cocardes qui forçait, disait-on, les passants à lei acheter un petit écu quand elles ne valaient que S4 sous, et des voix furieuses demandaient qu*il fût traité en criminel de lèse-révolution. Il fallait bien que le comité écoutât tout. Il prometlait de punir, afin de prévenir les meurtres et Surtout les soupçons. Ses membres étaient rendus de fatiguci Moreau de Saint^Herry, un de leurs présidents, donna, dit-ll, près de 8,000 ordres en trois Jours. La nuit venue, quatre électeurs restés à Thétel de ville eurent encore une alerte. A deux heures du matin on leur annonça que 15,000 hommes deséendaient de la rue Saint- Autolne pour forcer Thôtel de ville t «le le ferai plutôt sauter », répond Legrand de Saint-René j et il ordonne aux gardes de mettre 6 barils de poudre dans le cabinet voisin. La cohue se retira à la vue du premier baril.
Le M, de neuf heures à midi, Tarsenal des Invalides fut pillé. Dès la veille au soir, deux districts étaient venus demander qu'on leur abandonnât 52,000 fusils que Thôtel contenait, afin, disaient -ils, de défendre leurs maisons menacées du pillage et du feu par les brigands (Bésenval, p. 564). Ces fUsils étaient cachés dans des souterrains, sous le dôme, et couchés entre des lits de paille, ce qui fit croire, car on se défiait de tout, que ces précautions avaient été prises pour les incendier à volonté. (Dusaulx, page 909). Le gouverneur Sombreuil avait imaginé d'en faire retirer les chiens et les baguettes ; mais en six heures, 90 invalides employés à cet ouvrage n'avalent désarmé que 90 fusils* Les canonniers, s'ils avaient reçu l'ordre de charger leurs pièces, les auraient tournées contre le gouverneur, et peu s'en follut qu'il ne fût pendu par eux â la grille, quand vint llnvâSion qu'ils favorisèrent. Tout oed se passait sens les yeux du camp, placé à l'école militaire. Les officiers généraux réunis furent d'avis que cette effervescence devenait hnpossible à réprimer. Un cotonel assura, les'
larmes aux yeux, que son régiment ne marcherait pas. (Bésenval, p. 564-566). Les fusils des Invalides et leurs canons roulaient emmenés vers la BasUlle. je la BasiiUeLéiaïi le cH général; cette prison d'État depuis longtemps délestée semblait le fort de la tyrannie. On croyait y trouver un magasin d'armes; d'ailleurs son artil* lerie menaçait, dominait le quartier Salnt-Abtoine; il fellait assurer cette position militaire à l'insurrection.
Une description de la Bastille est nécessaire pour l'intelligence des mouvements de cette Journée. Huit grosses tours rondes, liées par des massife de maçonnerie épais de 9 pieds, oomposaieut la forteresse intérieure; autour de son enceinte était un Jardin spacieux. Un bastion, une muraille circulaire, enfin un fbssé profond de 96 pieds défendaient l'accès de ce Jardin. On arrivait à la forteresse en passant par deux longues cours qui tournaient circulairement autour de l'enceinte extérieure, et présentaient la forme étroite et allongée d'un fèr à cheval. La première, appelée ecur du pMSioge, avait sa sortie sur l'extrémité de la rue Saint-Antoine. ▲ droite étaient les casernes des invalides, puis les écuries du gouverneur. Entre les casernes et l'écurie était l'entrée de ia cour de l'orme qui donnail sur l'arsenal. A l'extrémité de la cour du passage, une porte, un corps de garde, un fossé, un pont-levis, présentaient autant d'obstacles pour arrêter ceux qui voudraient forcer l'entrée de la deuxième cour, appelée cour du gouverne^ ment, k droite de cdle^îi, on voyait l'hôtel du gouverneur; vis-^-vis, une avenue longue de 15 toises traversait le grand fOssé sur un pool dormant; au bout s'abaissait un pont-levis; un corps de garde, puis une forte grille en fèr s'offraient encore avant qu'on arrivât enfin dans la grande cour intérieure de la forteresse bordée de ses huit tours. (Voir le plan de la Bastille. Mémoireê de Dusautw, p. 957, CpUection Berviile et Barrière.)
La garnison était composée de 89 invalides ; 59 Suisses l'avaient renforcée depuis quelques Jours. Le 15 à deux heures du matin, le gouverneur de Launay les fit rentrer dans l'intérieur» Les effets furent laissés dans les casernes.
Dès la matinée du 14, des pelotons de citoyens arrivaient de tous les quartiers. Les canons qu'on disait braqués sur la rue Saint- Antoine, la marche annoncée des régiments postés à Saint- DenijB, JeUient l'alarme : on voulait en finir.
Vers 10 heures du matin, trois hommes se disant députés de la ville deaaandèrent â parler au gouverneur. Une grande multitude las ac-
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compagMit. L« soldat placé à la grille extérieurt Ica conduisit Jusqu*au premier pont-levis que Et baisser le goureroeur accompagné de son état* nujor, mais sans permettre à la multitude de passer; quatre sous* officiers sortirent comme otages. A peine ces députés étaient retirés qqUl en surrint un autre, M. Tburiot de la Rosière, envoyé par le district de Saint-Louis de la Culture; son cortège s*arrèie devant le premier poot-levis t introduit dans la cour du gouvernêmenif il demande que les canons braqués sur lea tours de la Bastille soient descendus : « U ne le puis qu>n vertu d*un ordre du roi, répond de Lauoay; de tout temps ils y ont été; mais pour apaiser les alarmes, je les ai fait reculer et sortir des embrasures. »
Tburiot obtient avec peine de passer dans la dernière cour. D'après son récit (Pièces à la suite des Mémoires de DuêauiMt Gollect. Berville et Barrière, p. 407) trois canons dirigés contre les assiégeants étaient prêts à balayer la cour intérieure; Suisses, invalides, canonniers sous les armes, attendaient Tattaque. Seul, sans étrt déconcerté, Tburiot les somme de changer la direction des canons et de se rendre : il obtient du moins le serment quHls ne feront pas fèu les premiers, puis monte sur les tours pour voir tout par lui-même, et rendre, dit-il, un co«pte plus fidèle de sa mission aux citoyens. De Launay le souflPre, cédant à regret aux instances des officiers, comptant peut-être que les troupes royales viendraient enfin le tirer d'embarras. Du sommet de la tour qui domine Tar* senal ils voient le faubourg Saint-Antoine qui a*avance en masse avec le Aracas roulant d*une avilancbe descendant des montagnes, et la sentiaelle avertit qu'on se dispose à forcer le pas* sage de la cour du gouvernement; mais Tburiot s*aT«oce sur le rebord. A sa présence de nombreux applaudisements partent du Jardin de Taraenal; Tburiot redescend. Dans la cour, il sollicite encore les soldats qui inclinaient, dit-il, à se rendre. Les invalides interrogés plus tard déclarèrent qu*il avait montré sa satisfaction et fait espérer que le peuple fournirait une garde bourgeoise pour tenir la Bastille conjointement avec eta.
Ah dehors, ta confusion était déjà si grande que Tburiot, pris pour un traître, fut poursuivi par des hommes la bâche en main. Sans Aubin Boaneoser et quelques autres, il était massacré.
L'illusion fut de courte durée pour oeux qui avalent cru à un accommodement. Après une petite demi-heure, un fiot de peuple armé de ftasHs, da sabres, d*épées, de hadies, déborda
dans la première cour du passage en criant î « NouM vouiom la Boêtflie, en boê la troupe t Deux hommes montèrent sur le toit du corps de garde, brisant à coups de bacbe les chaînes du grand pont-levis, tandis que d'autres hacbtfient le petit. Bientdt ils furent tous deux abaissés. La foule enhardie se précipita dans la cour du gouvernemeni et courut vers le second pont de la porte intérieure, en fsiunt une décharge de mousqueterie. La garnison, assaillie par les balles et menacée d'aussi près, envoya un feu roulant qui mit la foule en ftiite. Une partie se retira en désordre sous la voûte de bois de la cour de l'orme ; une autre sous celle de la grille, d'où elle fit un feu continuel sans oser cependant approcher du second pont.
Une heure après cette attaque on entendit du côté de l'arsenal le bruit d'un tambour accompagné d'acclamations terribles. Un drapeau parut dans la cour de Torme et y resta. La foule qui l'escortait s'avança en grande partie jusque dans la cour du gouvernement et cria : « Ne tire» paê;oe êont deê députés de là ville qui veuleni parler am gouverneur l » Les députés entrés dans la eourdu passage pouvaient voiries ipvalides retournant leurs fusils, la crosse haute et le canon bas. Un pavillon blanc flottait sur la plateforme en signe de paix, et les sous-officiers criaient du haut des tours : « Vous n'avex rien à risquer, nous répondons de vous sur nos têtes. » Le bruit sans doute empêchait de s'entendre. Après dix minutes d'hésitation, les députés retournèrent dans la cour de l'orme et partirent bientôt. La fOule qui restait dans les trois cours se porta avec acharnement à l'attaque du second pont. Alors le gouverneur ordonna une décharge qui en étendit plusieurs sur le carreau et dispersa le reste.
Une heure après, trois voitures de pallie, pous* séesparles assiégeants, mirent le féu au gouvernement et aux cuisines qui bordaient le second pont. Cet incendie favorisait la défense; la seconde voiture, placée en f^ce du pont, bouchait précisément l'entrée du fôri. Quelques assiégeants vinrent à bout de retirer cette voiture enflammée. Sur trois, deux tombèrent abattus par les balles. Un seul coup de canon avait été tiré par les assiégés.
Alors parurent les gardes françaises qui mi. rent en batierie quatre pièces de canon. Cet appareil était insufllsant pour réduire la Bastille; mais la garnison était irrésolue. Depuis 4S heures elle n'avait d'autres vivres que ceux qu'elle avait emportés de sa caserne; ils étaient consommésy quand de Launay lui remontra qu*elle n'avait
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d*autre alternative que d*èlre égorgée par le peuple , ou de se battre jusqu^au dernier homme. Les invalides exigèrent qu*U capitulât. Ils ont déclaré depuis que le gouverneur avait pris la mèche d*une des pièces de canon pour mettre le feu aux poudres. Deux sous-officiers le repoussèrent en présentant la baïonnette. Sans leurs e£Forts, une partie du quartier Saint-Antoine sautait en Tair avec la Bastille et la multitude amoncelée autour.
Cependant un mouchoir blanc était arboré sur les tours; depuis un quart d*heure le tambour des invalides annonçait par ses roulements qu^ils voulaient capituler. Les assiégeants ne discontinuaient pas leur feu. Au bout d*un autre quart d'heure, n'entendant plus rien et voyant que la Bastille ne ripostait plus, ils s'avancèrent en faisant des déchargés vers le pont intérieur, et crièrent aux assiégés de rabaisser. A travers une espèce de créneau un officier suisse leur demanda de sortir avec tous les honneurs de la guerre. Sur leur refus, il écrivit la capitulation qu'il passa par le même trou. La garnison consentait à poser les armes, pourvu qu'elle ne fût pas massacrée. « Abaissez votre pont, il ne vous arrivera rien, » répondaient en criant du dehors les premiers des assaillants.
Sur cette promesse, le gouverneur donna la clef du petit pont-levis qu'il avait dans sa poche. Les invalides, rangés en ligne, déposèrent leurs armes le long du mur, à droite en entrant. A gauche étaient les Suisses; ils n'avaient point paru sur les tours, et, couverts de sarreaux, ils ressemblaient à des prisonniers, ce qui les sauva.
A peine la porte était ouverte que les assiégeants se précipitèrent dans la cour. Les gardes françaises voulaient foire observer la capitulation. On s'en indigne. « Ils ont égorgé nos frères; n'ont-ils pas reçu nos parlementaires pour les massacrer? » s'écrient mille voix. Bécard, qui avait empêché de mettre le feu aux poudres, tombe percé de deux coups d'épée. Un coup de sabre lui abat le poignet; il est entraîné et pendu sur la place de Grève, avec un de ses camarades. On croyait pendre les deux canonnters qui avaient tiré. Telle est la vengeance populaire : des victimes d'abord ! Malheur à l'innocent soupçonné dans ces moments terribles! De Launay, quatre autres officiers et un invalide furent également massacrés, malgré les efforts de leur escorte. Le reste obtint grâce, après avoir été longtemps menacé du même sort.
La prise de la Bastille consacra le triomphe de
l'insurrection populaire. Dès ce moment la force et l'obéissance étaient déplacées. Louis XYI vint fléchir sa tête devant cette puissance nouvelle et prendre la cocarde nationale des mains du maire de Paris. L'archevêque alla chanter un Te Deum à Notre-Dame. Suivi de 100,000 hommes en sortant de l'hôtel de ville, il donnait le bras, durant le trajet, à cet abbé Lefèvre, tout noir encore de la poudre qu'il venait de distribuer.
Les Parisiens se hâtèrent de détruire la Bastille, et donnèrent un bal sur son emplacement. Les fragments de ses pierres ornaient en médaillons le cou des femmes. En Angleterre, l'université de Cambridge offrit le 14 juiUet pour sujet de prix à ses élèves.
Pour reconnaître les vainqueurs de la Bastille, la commune de Paris nomma quatre commissaires auxquels furent adjoints huit des vainqueurs. Ils firent d'abord plus de 500 procèsverbaux, et recommencèrent plusieurs fbis. Il résulte de leur travail que l'on compta 85 morts sur la place, 15 morts par suite de blessures, 60 blessés, 15 estropiés, 654 vainqueurs qui n'ont pas été blessés. Des pensions ont été accordées en 1852, en vertu d'une loi, aux vainqueurs de la Bastille encore vivants : le nombre de ceux qui se sont présentés dépasse de beaucoup le nombre primitif. Desobi.
BASTINGAGE. On nomme ainsi ces longs boyaux en toile peinte que l'on établit au-dessus des bords ou du pavois d'un navire, et dans lesquels on place les effets, les sacs et les hamacs des gens de l'équipage pendant le Jour. Cette espèce d'appareil est destinée à servir à la fois de décharge et à garantir, pendant le combat, la tête des hommes placés sur le pont des atteintes de la mousquelerie de l'ennemi. On conçoit aisément qu'un tel blindage, composé de hardes et de matelas, liés et pressés avec soin, doit offrir contre la fusillade un abri assez sûr; mais il n'est pas de bastingage, quelque bien établi qu'il puisse être, qui soit assez fort pour résister au choc d'un boulet lancé de près. — Un navire est bien ou mal bastingué selon que ses bastingages sont plus ou moins susceptibles de garantir contre la fusillade ou contre les coups de mer les gens de l'équipage que leur devoir appelle sur le pont pendant le combat ou la tempête. — C'est dans les bastingages, comme nous l'avons déjà dit, que chaque homme place son hamac, et quelquefois son sac. Pour recevoir et garantir le mieux possible les objets qu'on y dépose, les bastingages sont revêtus intérieurement d'un filet de corde de grosses mailles; la toile peinte qui la recouvre est destinée à les pié-
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senrer de la pluie et à leur donner un peu d*élégance. £o. Cosbièss.
BASTION. On appelle ainsi une pièce de fortification qui fiait partie de Penceinted^une place ibrte. L'intérieur de cette pièce forme le ierreplein du bastion , qui est renfermé entre deux faces et deux flancs. La distance qui sépare Textrémité des flaucs s'appelle la gorge du bastion. La ligne qui divise en deux parties égales Tangle formé par les deux faces est la capitale de TouTrage.
Le bastion est régulier, quand les lignes et les angles correspondants sont égaux entifeeux ; il / est irrégulier , quand un des angles ou une des lignes n'est pas égal à son correspondant.
C'est dans la combinaison des bastions ou du tracé basttonné que consiste principalement le système des fortifications usitées Jusqu'à présent dans toute l'Europe (voy, Fortificatioii). Les bastions ont remplacé les tours rondes ou carrées que les anciens plaçaient auxaugles formés par les lignes de murailles dont ils entouraient leurs places de guerre.
Les faces des bastions sont dirigées de manière que leurs feux Tiennent, en se croisant, défendre le terrain en avant, où l'assiégeant pouvait établir ses moyens d'attaque. Les flancs sont tracés perpendiculairement au prolougement des faces des bastions voisius, en sorte que cet ouTrages se défendent mutuellement. On voit que les feux de faces concourent avec ceux de la demi-lune (voy, ce mot) à la défense de l'espace situé entre les deux bastions.
Quelles que soient les propriétés défensives du tracé bastionné, elles ne sont pas égales pour tous les points du terrain qu'il est cbargé de défendre. U y a des parties plus fortes; il en est de plus hiibles. C'est sur celles-ci qu'on dirige les attaques. Les feux n'ayant une action bien efficace que perpendiculairement à la direction des oumges derrière lesquels les défenseurs sont placés, ceux des faces laissent sans défense les angles appelés angles morts. Ces angles ne tirent qu'une faible protection des feux de flancs, qui sont peu nombreux, et qui ont d'ailleurs pour 'Objet principal de battre le pied de l'escarpe des bastions voisins. Aussi est-ce sur les capitales que s'ouvre la /rafM;Aée(f7(^. ce mot); et comme ces faces , qui ont une grande étendue, reçoivent l'armement le plus considérable et le plus dangereux pour l'assiégeant, celui-ci étend ses boyaux de tranchée à droite et à gauche de la capitale, en ayant soin de les préserver de renfilade des feux des ouvrages de la place. Jusqu'à ce qu'ils atteignent le prolonge-
ment des faces. Alors il y éUblit des batteries pour contre-baltre et éteindre les feux des faces qui gênent les travaux de la tranchée et ralentissent leur marche. L'assiégeant établit encore de semblables batteries sur le prolongement des flancs, pour démonter celles de l'assiégé.
Les bastions sont revêtus soit en gazon, soit en maçonnerie. Dans le premier cas, ils.sont hérissés d'un rang de palissades droites ou inclinées sur tout leur pourtour, au pied du talus extérieur du parapet. Les revêtements en maçonnerie s'élèvent jusqu'au pied du même talus; on les appelle murs d^escarpe. Le mur qui soutient les teires du terre-plein du chemin couvert se nomme mur de contrescarpe. Bans tous les cas, les bastions sont entourés d'un fossé, sec ou plein d'eau, dont la largeur et la profondeur varient suivant les circonstances du terrain, yeur» Fossé. Carettk.
BASTONNABE, peine anciennement (et de nos jours encore dans les colonies) appliquée aux esclaves. Elle était aussi infligée aux soldats romains. Ce châtiment, quoiqu'il fût celui des esclaves, ne déshonorait pas, ainsi que le rapporte Pline. Selon le même auteur la simple bastonnade devait être soigneusement distinguéedu supplice des bâtons, /'tf^/uartum. On le comprend sans peine , puisque la mort devait être le résultat de ce dernier supplice, infamant de sa nature.
La bastonnade est encore appliquée par le Code militaire en certains pays, au nombre desquels il ftiut compter l'Angleterre et une partie des États allemands.
En Russie le knout remplace la bastonnade. f^qy. Kroct. x.
BAS-YENT&E. f^cy. Abdoxin.
BAT. C'est une espèce d'arçon à l'usage des bêtes de somme, composé tout simplement de deux fûts de bois joints avec des bandes de même matière, et garnis en dessous d'un panneau rembourré, pour empêcher l'animal de se blesser , et d'une sangle avec laquelle on assujettit le bât. Chaque côté de la carcasse est accompagné d'un fort crochet pour retenir les cordes auxquelles sont attachés des paniers, des paquets, des ballots, etc. Les bats conununs, que l'on nonune aussi bâts à boutonnes, sont ceux dont se servent les gens delà campagne, et spécialement les maraîchers et les jardiniers qui approvisionnent les marchés et les halles, en chassant devant eux leurs chevaux ou leurs ânes. Le bât français, ou bât à fausses goût- Hères, est celui que portent les chevaux appelés chevaux de bâts et destinés à transporter de
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lourds fardeaux» à la fpuerre ou en route. Bnfio on nomme bât d'Auvergne le bât de guerre des mulets.
On dit figurément d*un sot, dHin homme que Ton mystifie aisément i Cet/ un cheval de bài.
On dit encore proverbialement pour exprimer rinquiétude d'un homme qui a quelque chagrin caché, auquel il ne peut trouver remède ; // ne êuti paê où le bât Le bleeee. Htk^^t.
BATAILLB. Une bataille est une action générale entre deux grands eorps d*armée, souvent même entre deux armées entières. Les armées ne s'engagent guère dans une bataille avant de s*étre livré divers combats.
Le sort d*une bataille décide souvent de celui des États. Aussi les généraux en chef nedoiventils livrer bataille ou Taccepter qu'après avoir bien pris les précautions propres à mettre de leur côté toutes les chances de succès. La disposition, la conduite, le gain d'une bataille, font la renommée d*un chef d*armée et lui assurent une gloire immortelle. C'est en effet aux talents du général, à son génie, que l'État est redevable des heureux résultats d*une brillante victoire. Sans doute la composition des armées exerce une immense influence sur la marche des grandes actions militaires; mais il ne suffit pas de la valeur du soldat, du mériU des officiers, pour arriver à cette issue glorïeuse qui donne au vainqueur le pouvoir d'imposer la paix et met le vaincu dans la dure obligation d'en accepter les conditions : il faut encore que ces précieuses ressources soient bien employées par le chef de l'armée. » Assurément, dit Kapoléon, dans les guerres que la France eut à soutenir coiitre Frédéric II, le soldat français d'alors valait au moins le soldat qui lui était opposé, ée qui est prouvé par les succès qu'il obtenait dans toutes les affaures de postes. La cavalerie était belle, bien montée, bien disciplinée; rartiilerie était exceliente, le corps du génie était le plus savant de l'Europe, et l'infanterie n'était pas mauvaise. Inlin tout cela était composé de Français qui étaient fort humiliés de l'issue des campagnes précédentes et désireux de relever la gioire de leurs drapeaux ; mais les généraux en chefï, les généraux particuliers, éUient delà plus parfaite incapacité... Il ne manquait à l'armée française, pour faire de grandes choses, qu'un grand général. »
Napoléon a glorieusement Justifié cette opinion pendant tout le temps qu'il a été à la téie eu armées françaises et qu'il a guidé lui-même les illustres capitaines qui ont combattu sous ses ordres.
Avant d'arriver à l'époque où ce grand homme a poKé si haut les combinaisons savantes de l'art dQ la guerre, nous rappellerons quelques itnes des principales batailles dont l'histoire ancienne nous a transmis le souvenir, pour foire voir l'influence qu'ont dû exercer sur le résultat des batailles la différence de la nature des armes, celle de la composition des armées et les progrès delà civilisation.
In se reportant aux beaux siècles de la Grèce, on voit les armées de ce pays engager les ba« tailles avec l'arc et la fronde, puis aborder l'ennemi avec la lance et l'épée. C'est avec ces armes que les Grecs, au nombre de 10,000 hommes commandés par Miltiade, remportèrent à Marathon la victoire la plus signalée sur 110,000 Perses, dont 10,000 de cavalerie.
Plus tard, sous les murs de Platée, 110,000 Grecs, commandés par Pausanias, composés de 10,000 Spartiates dont il se réserve la direction, de 8,000 Athéniens sous les ordres d'Aristide, et de différents corps fournis par plusieurs autres peuples de la Grèce, sont vivement attaqués avec les mêmes armes par iOO,000 Perses et 50,000 Béotiens qui avaient Mardonius pour chef: mais la valeur des Spartiates et des Athéniens oppose la plus vigoureuse résistance aux efforts de leur redoutable ennemi, et défait d'abord un corps de Grecs au service des Perses. Dans la mêlée, Mardonius reçoit la mort de la main d'un Spartiate. Cet événement jette le désordre parmi le^ Perses qui prennent la fuite, et, poursuivis à outrance par les Grecs qui ne leur font aucun quartier, ils perdent, si on en croit l'histoire, plus de 100,000 hommes qui furent passés au fil de l'épée.
Les deux exemples que nous venons de rapporter sembleraient aujourd'hui presque incroyables, si l'histoire moderne ne nous en offrait tant de semblables où nous avons vu souvent les Français suppléer au nombre par la brillante valeur des combattants et par les heureuses dispositions de leurs chefi.
La bataille de Platée, où la défaite d'un corps de Grecs au service des Perses est le signal de la victoire complète des Spartiates et des Athéniens, ne nous rappelle-teilepu ces nombreuses batailles de l'armée du Nord et celles de l'armée du âhin où les Français rencontraient dans les rangs ennemis quelques-uns de leurs compatriotes, dont le courage était digne d'une meilleure cause ? Il serait impossible de déterminer, entre des forces si disproportionnées, les ordres de bataille des deux armées. L'étude la plus at^ tenUve ne peut démêler l'exactitude des faits è