‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 10 sur 143 · C. Yinay · texte numérisé non relu

C. Yinay

VERGE. Voy. Pénis, t. XXVI.

VERMIFUGES. Voy. Anthelminthiqües, t. IL

VER VET (Le) (Pyrénées-Orientales), aux pieds du Canigou, à 24 heures de Paris, à II kilomètres de Prades et 6 de Yillefrauche. La vallée de Prades à Villefranche est encaissée entre des masses de calcaires abruptes, puis elle s’incline brusquement et l’on entre dans la vallée delà Têt SO-NE.

Le village est bien posé sur un monticule ; contrée assez riante aveccultures diverses, prairies, châtaigniers, etc. Au sud-est se dessine le Canigou souvent couvert de neiges. Les établissements, hôtels et bains,, sont à quelques centaines de mètres du village.

Le Vemet. Station d’hiver. — Le climat nous intéresse, puisqu’il s’agit ici d’une station d’hiver. Bientôt quarante ans seront écoulés depuisle temps où Ibrahim pacha, envoyé par Lallemand de Montpellier, mit le Yernet en relief et même à la mode. Le courant ne s’est pas soutenu et, lors de mon passage, novembre 1876, je trouvai la place à peu près déserte au moment même où il arrivait un assez grand nombre de maladesà Amélie.

J’ai eu l’occasion de traiter ce sujet dans mon mémoire sur Amélie : le torrent du Cadi coule dans la vallée de la Têt, comme le Mondony dansla vallée de Tech à Amélie ; même direction nord-est des deux cours d’eau et mêmes barrières vers le sud, appartenant à la grande chaîne. La vallée du Yernet est mieux fermée et jouit plus longtemps du soleil par la dépression des hauteurs à l’ouest et à l’est ; il m’a été facile de con-

VERNET (le). — eau sulfureuse.

stater qu’au même moment le soleil se levait plus tôt et se couchait plus tard. L’altitude du Vernet, 625 mètres, dépasse celle d’Amélie d’environ 400 mètres, ce qui rend l’hiver un peu plus froid: aussi n’ai-je vu dans les jardins que des hortensias, des grenadiers et des lauriers-roses. Pendant les quelques années du courant créé par Lallemand, on a observé que les journées d’hiver y étaient assez régulièrement belles et le froid peu intense. Ensuite, les habitants du pays ne se donnant aucun mal et les médecins dirigeant leurs regards d’un autre côté, la saison d’hiver s’est perdue sans que la saison d’été s’améliorât. On peut dire que tous les éléments d’une station d’hiver ne s’y trouvaient pas et qu’il y existe quelques inconvénients tels que le mistral; cependant les établissements sont bien mieux abrités que le village et surtout que Villefranche. Du reste, le mistral visite toute la côte méditerranéenne de ces régions. Si l’on a égard au degré thermométrique, moins élevé que sur la côte de Provence, il est facile de répondre par l’existence de stations hibernales étrangères plus défectueuses en se sens, telles que Méran dans le Tyrol, Gôbersdorf en Silésie et même Montreux en Suisse. Il était question, ces dernières années, d’en relever l’ancienne réputation et d’attirer les malades par des améliorations. Il y a cinq ans tout était dans un grand état de délabrement et le principal propriétaire ne paraissait pas s’en préoccuper outre mesure.

Cet état de choses enlève au petit pays dont il s’agit une grande partie de son importance; nous devons maintenant l’étudier en tant qu’eaux sulfureuses et établissement de bains pendant l’été, ensuite tracer les indications capitales.

Le Vernet eau sulfureuse. — Les sources sortent du pied de la Penne, montagne à pentes abruptes, sur la rive gauche du Cadi qui roule des blocs énormes. Le Gneiss rappelle celui d’Amélie par sa teinte grisâtre ; il est assez. dur et se fragmente facilement. Ces sources, très-nombreuses et abondantes, ont une température de 20 à 60° C. : la source des Eaux- Bonnes sort d’une fente du Gneiss et coule avec bruit dans un grand réservoir voûté et fermé, tout rempli de vapeurs; la source mère; la source Saint-Sauveur, qui sert à chauffer les appartements, l’hiver, avec des tuyaux de conduite disposés pour cet usage ; la source Élisa, à 55° C. tempérée, etc.

Les eaux du Vernet sont sulfureuses ; Anglada avait trouvé dans celle des anciens thermes 0,06 d’hydrosulfate de soude à l’état cristallin; Saint-Sauveur a donné à Bouis 0,04 de sulfure de sodium; Fontan n’a trouvé que 0,02 au vaporarium. Ajoutons une quantité d’azote notable et une minéralisation très-faible. Nous avons donc affaire à des eaux thermales sulfureuses moyennes.

Autrefois les deux maisons principales s’appelaient les Commandants et Mercader ; il y avait la salle du vaporarium où le jour venait d’en haut, les salles d’inhalations et les cabinets de bains. L’établissement est encore divisé en plusieurs maisons qui ont leurs appartements maintenus par l’eau thermale à 15 ou 18° C. et les cabinets de bains diminués de

VERRUES

nombre et assez mal entretenus. La salle d’hydrothérapie est vaste, alimentée par l’eau de la montagne qui arrive avec une pression considérable. Tout autour quelques promenades.

Les maisons de bains composant le groupe du Vernet peuvent loger environ 200 personnes; le village est une ressource pour les malades peu aisés du pays. Il n’y a plus qu’une saison d’été que le climat permet de prolonger jusqu’en octobre.

La médication est variée : eau en boisson par quart de verre ou demi ou verres entiers; les bains d’eau thermale qu’il faut laisser refroidir; le vaporarium dont la température, 36°, agit vivement, mais peut produire des congestions et des hémoptysies ; les salles d’inhalation ont, au contraire, une température modérée.

Indications. — Les indications se rapportent à la clinique des eaux sulfureuses chaudes : les maladies de peau, particulièrement celles qui sont dépendantes du principe dartreux; les maladies des membranes muqueuses et, avant tout, celles des voies respiratoires, dont les sécrétions se modifient avantageusement; les maladies chroniques de poitrine et la phthisie pulmonaire dans certaines phases de son développement. Il est évident que les salles d’inhalation jouent ici leur rôle non moins qu’à Allevard; de plus, ces sortes de malades se trouvent bien de vivre dans un milieu d’une température constante due aux canaux d’eau thermale dans les maisons. Enfin, les eaux du Yernet ont été considérées comme un adjuvant dans le traitement de la syphilis, utilisées contre les manifestations de la scrofule, dans certaines formes de rhumatisme et à la suite des blessures.

Filhol, Notice sur les eaux du Vernet, 1852. — Piglowski, Considérations sur l’emploi des eaux

du Vernet, 1856.

Labat.

VERRUES. — Les verrues, désignées parfois sous le nom de fibromes papillaires ou verruqueux, sont de petites tumeurs développées dans la peau, circonscrites, arrondies ou filiformes, sessiles ou pédiculées, ayant la structure du derme avec hypertrophie habituelle des papilles.

Elles peuvent se rencontrer partout, mais elles se montrent surtout dans les régions découvertes, à la face dorsale des doigts et des mains, au visage,, au cou. Les verrues sous-unguéales ne sont pas rares non plus, en particulier au pouce et au gros orteil. Elles forment alors une petite masse dure, aplatie, venant faire saillie vers l’extrémité libre de l’ongle. Rayer a vu, chez un jeune homme de 20 ans, à l’extrémité de l’indicateur gauche, une verrue volumineuse occupant toute la largeur de l’extrémité de ce doigt : elle était formée de plusieurs verrues confluentes, développées sous l’ongle, dont le bord libre était relevé presque verticalement.

Très-communes dans l’enfance et la jeunesse, les verrues sont presque rares dans la seconde moitié de la vie, époque où l’on voit au contraire

VERRUES

se développer de préférence les productions papillaires représentant la phase initiale de certains épithéliomes.

Le contact répété de substances irritantes, la malpropreté, ne paraissent pas étrangers au développement des verrues. De là, sans doute,, leur plus grande fréquence chez les laboureurs et les garçons d’écurie. Selon Turner, les verrues sont très-communes en Angleterre chez lespersonnes chargées de soigner et de traire les vaches.

D'après Bazin, les scrofuleux sont prédisposés aux verrues, et ce fait peut expliquer l’hérédité dont on trouve quelques exemples.

L’aspect et la texture des verrues permettent d’en distinguer trois variétés: 1° la verrue ordinaire ou verrue dure; 2° la verrue en choufleur ou poireau; 5° la verrue charnue.

On pourrait sans doute rattacher aux verrues des productions fort analogues, développées sur certaines muqueuses, comme l’orilice anal, les organes génitaux, et communément désignées sous le nom de végétations ou condylomes. Mais ces productions ont des propriétés et descaractères assez particuliers pour mériter d’être séparées des verrues.

Les cornes de la peau possèdent les deux caractères essentiels de la plupart des verrues : hypertrophie des papilles et épaississement de l’épiderme: aussi Bazin les incorpore-t-il dans le groupe des verrues. Ce rapprochement est évidemment forcé; la clinique ne permet pas de confondre des productions aussi dissemblables (Voy. art. Cornes, t. IX, p. 468)-

Quant à la verrue caduque admise par Alibert, il s’agit évidemment de l’acné varioliforme, maladie ne pouvant d’aucune manière être assimilée aux verrues.

Enfin certaines formes congénitales, appartenant au groupe nsevus, offrent une grande analogie de texture avec les verrues véritables. Mais ces papillomes congénitaux, souvent pigmentés, en diffèrent par le gros volume de leurs papilles, la minceur de leur épiderme, l’étendue et la diffusion de la plaque.

Nous allons examiner les trois variétés de verrues admises plus haut.

1° La verrue ordinaire ou verrue dure, la plus commune de toutes,, siège le plus souvent à la face dorsale des doigts et de la main. Elleforme une petite masse arrondie, hémisphérique ou aplatie, de consistance cornée, ayant la largeur d’un grain de mil à celle d’une pièce de 50 centimes. Lorsqu’elle occupe une région soumise à des pressions répétées, comme la plante du pied, elle dépasse à peine le niveau de la peau voisine. Sa surface est d’abord assez unie et de couleur grise; plus tard rugueuse, fendillée et d’une coloration plus foncée à cause despoussières incrustées dans les inégalités de la petite tumeur. Par suite de son siège et de son relief à la surface des téguments, la verrue ordinaire est souvent excoriée et saignante.

Parfois les verrues sont groupées en grand nombre et assez rapprochées pour se confondre et former une plaque de quelques centimètres d’étendue.

La structure de la verrue ordinaire est très-nette. Cette petite produc-

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tion est constituée par l’hypertrophie d’un certain nombre de papilles et de leur couche épidermique ; et ces papilles sont enveloppées dans un revêtement épidermique commun. Aussi la petite tumeur forme une masse unique, pouvant, il est vrai, se fendiller à la surface lorsqu’elle fait une saillie prononcée; mais cette dissociation des papilles ne s’étend jamais jusqu’à la base. Les papilles hypertrophiées ne sont pas toujours simples; elles peuvent donner naissance à des papilles secondaires et prennent alors une apparence ramifiée. Chaque papille est constituée par un axe fibreux à la surface duquel rampent une ou plusieurs anses vasculaires; une couche épidermique offrant les caractères de l’épidermecutané normal, mais plus épaisse, recouvre la papille.

2° La verrue en chou-fleur ou poireau a été ainsi nommée parce qu’elle est formée d’un certain nombre de filaments parallèles, ayant l’apparence de radicelles. Elle constitue un petit pinceau ordinairement grêle. Chacun des filaments, libre de sa base jusqu’au sommet, représente une papille munie de sa gaine épidermique particulière. Il n’y a donc pas, comme dans l’espèce précédente, un revêtement épidermique commun enveloppant l’ensemble des papilles. Ces petites tumeurs semontrent surtout au cou, au visage, et en particulier au bord libre des paupières chez les jeunes sujets.

A cette variété se rattache la verrue digitée de James White, observée presque exclusivement au cuir chevelu et dont les papilles, distinctes dans toute leur longueur, mais plus molles et plus charnues, semblent émerger d’un point unique d’où elles divergent pour former une petite tumeur arrondie.

5° La verrue charnue (on pourrait l’appeler verrue dermique) diffèreentièrement des deux formes ‘précédentes. Ici les éléments papillaire et épithélial sont peu ou point exagérés dans leur développement; l’hypertrophie porte sur un point circonscrit du derme lui-même, soit dans ses couches superficielles seulement, soit dans toute son épaisseur.

Cette variété est particulièrement observée au visage et au cou. Au nez. et aux joues la petite tumeur est sessile, de forme hémisphérique, et fait intimement corps avec la peau. Au cou, elle est au contraire pédiculée, saillante et flasque. Dans tous les cas, sa surface est lisse ou à peine rugueuse, sa couleur à peu de chose près celle de la peau. Sa consistance est assez molle ou assez ferme, mais nullement cornée comme dans les deux premières espèces. Sa texture est celle du derme et les papilles sont souvent peu développées. Parfois elle donne naissance à un ou plusieurs poils. A cette variété se rattache la verrue cicéronienne, hémisphérique, sessile, assez consistante et du volume d’un pois chiche.

Dans la plupart des cas, les verrues ne causent aucune douleur, aucune gêne; mais leur siège en une région découverte en fait une difformité parfois désagréable. Quand elles acquièrent un certain volume, elles sont exposées à des excoriations douloureuses et saignantes. Si elles sont nombreuses et se confondent en une plaque indurée de quelque

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étendue, elles peuvent aussi gêner certaines fonctions, les mouvements des doigts, par exemple.

Intactes ou saignantes, elles ne sont aucunement contagieuses, malgré une opinion populaire assez répandue.

Leur disparition spontanée est fréquente, pour les deux premières espèces seulement, et, par sa coïncidence fortuite, ce fait a étayé la réputation de guérisseurs dont les pratiques mystérieuses passent, aux yeux des gens du monde, pour avoir le privilège de guérir les verrues. La guérison spontanée peut survenir de deux façons : ou bien la petite tumeur s’atrophie grogressivement, ou bien la verrue se dessèche et tombe, et dans les deux cas le point malade reprend les caractères de la peau voisine.

Le diagnostic de la verrue doit être fait avec le durillon, le cor, les productions cornées et les lésions malignes de la peau, notamment l’épithéliome à son début.

Anatomiquement la verrue se distingue, par son hypertrophie papillaire, du durillon, où il existe un simple épaississement de l’épiderme sans modification notable du derme, et du cor, dans lequel une couche épidermique très-dense et comme cornée recouvre un derme aminci avec atrophie des papilles.

Dans les cornes il y a bien, comme dans la verrue, tout à la fois hypertrophie des papilles et épaississement de l’épiderme; mais le développement épidermique est excessif, si on le compare à celui de la verrue, et cette couche est beaucoup plus dense. Toutefois, on doit en convenir, la verrue peut, par des nuances insensibles, passer à l’état de corne véritable ; mais ce n’est pas un motif suffisant pour confondre ces tumeurs en un même groupe.

Le diagnostic différentiel de la verrue et de l’épithéliome, beaucoup plus important, doit nous arrêter. Deux motifs rendent cette étude nécessaire : d’abord, l’épithéliome des téguments commence souvent par la forme papillaire, puis, il faut le constater, la simple verrue est susceptible de dégénérescence, sans doute sous l’influence des irritations répétées auxquelles elle est exposée. Les considérations relatives à l’âge du sujet, aux caractères de la petite tumeur et à ses tendances, sont les éléments dont il faut tenir compte pour apprécier la nature de la lésion. Les verrues se montrent, comme nous l’avons dit, de préférence dans la jeunesse ou chez l’adulte; l’épithéliome débute généralement dans la seconde moitié de la vie et surtout chez les vieillards. La surface de la verrue est sèche et ne fournit aucun suintement, sauf le cas d’excoriation accidentelle ; l’épithéliome papillaire, il est vrai, est souvent couvert d’une croûte sèche : mais cette croûte se détache de temps à autre et, quand elle est tombée, on trouve généralement la surface de la petite tumeur humide et excoriée ; si la croûte est humide, c’est un motif de plus pour craindre l’épithéliome. Enfin la verrue reste stationnaire ou prend un développement très-limité ; l’épithéliome au contraire fait des progrès, sinon rapides, du moins incessants. Pour n’avoir pas tenu

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compte de ces distinctions, combien de médecins ont commis la faute de méconnaître les débuts d’une affection maligne et l’ont laissée s’aggraver !

Les verrues sont, en définitive, des productions fort inoffensives ; cependant il ne faudrait pas perdre de vue la possibilité d’une dégénérescence. On sait combien les irritations répétées ont d’influence sur le développement des néoplasmes malins : or les verrues, exposées à des excoriations fréquentes, n’échappent pas à ces risques fort réels, et l’on a vu quelquefois ces petites tumeurs devenir le point de départ, non-seulement de l’épithéliome, mais encore du sarcome et du carcinome luimême. Le lymphadénome peut également avoir la verrue pour point de départ : j’en ai vu un exemple. Il ne faudrait pas, cependant, trop assombrir le tableau et regarder comme fréquente cette éventualité de dégénérescence.

Quoi qu’il en soit, la gêne ou la difformité poussent souvent les malades à consulter le chirurgien pour de simples verrues, et de nombreux moyens, d’une efficacité très-inégale, se présentent pour les combattre. Mais pour se permettre de les appliquer il faut n’avoir aucun doute sur la nature de la verrue, car de petits épithéliomes au début, traités de la sorte, en éprouveraient une aggravation funeste.

Les astringents de divers ordres donnent souvent des succès. De simples lotions faites deux ou trois fois par jour avec une solution de chlorhydrate d’ammoniaque ou un mélange à parties égales d’alcool et d’eau blanche peuvent suffire. Des liquides de diverse nature ont une action plus efficace : citons, d'abord, les sucs de certaines plantes, comme la grande chélidoine et le figuier, plusieurs euphorbiacées, puis le perchlorure de fer liquide, l’acide acétique. Il suffit généralement de déposer, une ou deux fois par jour, une gouttelette de ces liquides à la surface de la verrue, pour la voir disparaître.

La cautérisation a une action bien plus énergique et plus rapide. Les acides chlorhydrique, azotique, sulfurique et chromique, le nitrate acide de mercure, la pâle de Vienne, sont particulièrement usités. La plupart de ces substances doivent être maniées avec précaution et en quantité fort minime, les acides azotique et sulfurique surtout : à l’aide d’un cure-dent ou avec l’extrémité d’un petit bois très-mince, on en dépose une gouttelette à la surface de la verrue et l’on doit en surveiller l’action ; si le liquide vient à dépasser les limites de la petite tumeur, il faut l’essuyer tout de suite. Souvent une seule application suffit; si plusieurs sont nécessaires, il faut laisser entre elles un intervalle de plusieurs jours.

L’acide chromique est employé à l’état presque solide : quelques cristaux de cet acide, écrasés sur une soucoupe à l’aide d’une spatule, prennent promptement une consistance pâteuse ; il suffit d’en déposer une couche à la surface de la verrue et de l’y abandonner: moins d’une heure après ce caustique, fort peu douloureux, a suffisamment modifié le tissu et la verrue tombe en peu de jours.

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