SOURCES
marquées appartenant à la névrite atrophique et caractérisées par la multiplication des noyaux, la fragmentation ou la disparition de la myéline et du cylindre-axe. Outre cette lésion des nerfs, Leloir a constaté l’amincissement de l’épiderme réduit à sa couche cornée et l’atrophie du derme avec la diminution du calibre des vaisseaux sanguins, la peau se rapprochant ainsi de celle des vieillards (Chabrier, thèse de Paris, 1880 ; Dejerine, Société anatom., 1881 ; Leloir, thèse de Paris, 1882.)
De ces recherches anatomiques il semble résulter que le vitiligo est lié à une altération trophique consécutive à une lésion anatomique limitée à la partie périphérique du système nerveux.
Le Traitement du vitiligo ne donne que des résultats peu satisfaisants. On a cherché à rappeler le pigment dans les parties décolorées à l’aide de frictions irritantes, à l’aide de vésicatoires volants, on a essayé des courants électriques, mais le plus ordinairement sans succès. Les bains et les douches d’eau sulfureuse, les frictions avec une solution de sublimé ati trois-centième, les frictions avec le napthol au dixième, ont quelquefois paru amener un arrêt dans la progression des taches et quelquefois même en ont diminué l’intensité ; mais, dans la presque totalité des cas, ces moyens ont échoué complètement ou n’ont obtenu qu’un effet favorable momentané. Besnier dit avoir employé avec quelque avantage les injections sous-cutanées de pilocarpine, mais il ne cite pas un seul cas authentique de guérison. De sorte que je puis répéter que le vitiligo résiste presque constamment aux efforts de la thérapeutique, et cette résistance est précisément une raison pour placer cette affection parmi les difformités cutanées. A. Hardy.
VITTEL* (Vosges), à 9 heures de Paris par le chemin de fer de Mulhouse; station à Vittel même, ligue de Langres à Nancy, depuis 1881. Le village est à 1/2 kilomètre des bains et Contrexéville à 5 kilomètres.
L’établissement ne remonte qu’à 1855; il est bien situé sur une éminence, exposition N.-E., et domine la petite vallée du Vair dirigée du N.-Ô. au S.-E. ; il renferme 150 chambres et une petite maison de bains ; il vient d’être agrandi. Il y a aussi des logements dans les hôtels secondaires et au village. La position est plus agréable que celle de Contrexéville, le parc suffisamment ombragé. Il y vient un millier de visiteurs. Saison de 4 mois, du 1er juin à fin septembre.
L’altitude de 340 mètres correspond à un climat assez frais l’été, ce qui n’empêche pas qu’il y ait des journées très-chaudes ainsi qu’à Contrexéville. La vraie montagne est un peu plus loin. Dans les environs se voit le terrain triasique ; le calcaire coquillier du Muschelkalk sert au pavage des routes ; les mamelons voisins sont formés par le Keuper et le grès bigarré.
Les sources. — Les sources sortent de la petite colline qu’occupe l’établissement ; de nombreux filets d’eau minérale sourdent de la prairie du parc, où ils forment des incrustations, avec une grande rapidité. Les sources captées et utilisées sont au nombre de quatre :
YITTEL. — propriétés de l’eau. 555
La grande source coule dans un bassin de pierre de grès, de forme circulaire. Débit 130 mètres cubes en 24 heures; température 11°, 2 à mon thermomètre; densité 1001,2 au densimètre, par la méthode du flacon 1001,6. La source Marie, derrière la galerie couverte, coule dans une cuvette hexagonale. Débit 80 mètres cubes; température 11°, 8 ; densité 1001,2 au densimètre. La source des Demoiselles, entourée d’incrustations. Débit 20 à 25 mètres cubes; température 11°, 2; se distingue par son goût un peu atramentaire et ses dépôts plus ocreux. La source salée, à 3 kilomètres des autres. Débit 130 mètres cubes ; température 11° ; densité 1002,4 au densimètre, 1002,6 au flacon; saveur salée peu marquée. Elle est conduite à l’établissement sans variation sensible de température.
Propriétés de Veau. — L’eau de Vittel a des caractères communs qui établissent l’analogie des sources : froide et dépassant peu la moyenne du lieu; se prêtant bien au transport et se conservant bien en cave plusieurs années, ce que j’ai vérifié par l’expérience; quelques bouteilles prennent une odeur sulfureuse par la réduction des sulfates en présence de la matière organique ; de nombreux flocons comme lanugineux nagent alors dans le liquide et se déposent lentement au fond des bouteilles. La source salée est deux fois plus minéralisée que les autres, comme l’indique son poids spécifique; le résidu sec non calciné est de 2,70 par litre; proportionnellement elle ne renferme pas beaucoup plus de chlorures ; son nom pourrait donner une idée fausse sur sa composition. La grande source qui nous servira de type contient : sulfates 1,20 ; bicarbonates 0,20 ; chlorurés 0,20. Mes essais personnels me portent à croire que les bicarbonates sont plus abondants. D’autre part, je ne suis pas certain que la source des Demoiselles contienne 0,04 de sels ferrugineux. Les autres donnent des réactions peu prononcées par les cyanures quand on reprend le dépôt du fond des bouteilles avec l’acide Cl. H. Les dépôts ocreux ne sont point une preuve de la richesse en fer, leur formation n’étant souvent qu’une question de temps. Les tufs calcaires de la grande source ayant l’aspect mamelonné sont très-effervescents et laissent pour résidu quelques grains siliceux et de la matière organique. Les essais préliminaires, faits sur place, m’ont accusé une très-faible proportion d’acide CO2 libre.
A tout prendre, les eaux de Vittel appartiennent, de même que celles de Contrexéville, à la classe des calciques magnésiennes, erdige Quellen des Allemands. Elles sont en général moins minéralisées que la source du Pavillon, se boivent plus aisément à haute dose et se prêtent mieux au transport. L’exportation dépasse cent mille bouteilles.
Le traitement comprend la boisson et les bains. L’établisssement possède 16 cabinets de bains un peu exigus, cube d’air une 15e de mètres ; il n’y a pas à proprement parler de cure thermale, puisqu’il faut chauffer l’eau. Deux cabinets d’hydrothérapie bien installés servent de médication accessoire. Le traitement interne est l’agent principal; il y a une galerie couverte pour abriter les buveurs. L’eau se boit le matin à jeun, par grands verres et à dose élevée, à l’imitation de Contrexéville. Les malades