‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 109 sur 143 · VOIX. - DE LA PRODUCTION DE LA V. APPAREIL LARYNGÉ · texte numérisé non relu

VOIX. - DE LA PRODUCTION DE LA V. APPAREIL LARYNGÉ

fait de maladies congénitales ou acquises, éliminant de parti-pris tout ce qui appartient aux laryngites, lesquelles ont été préalablement étudiées ( Voy . Larynx, loc. cit., p. 249 et suiv.) et seront à nouveau présentées par Poyet. Nous traiterons ensuite la physiologie de la parole.

De la production de la voix. — Pour que la voix se produise, il faut que deux conditions fondamentales soient réunies : d’abord que les cordes vocales soient tendues, ensuite qu’un courant d’air d’une certaine pression les fasse vibrer. Examinons d’abord la situation de ces cordes vocales, en un mot, traçons brièvement l’anatomie du larynx.

Appareil laryngé. — Situé au-dessus de la trachée-artère et au-dessous de l’os hyoïde, le larynx s’ouvre à la partie supérieure du pharynx, en arrière de la base de la langue. 11 présente à considérer trois régions dont la moyenne, qui est la partie essentielle, nous occupera spécialement.

Ayant la forme d’un court canal, aplati transversalement, le larynx se termine par deux orifices triangulaires à sommet antérieur. Le supérieur est limité par deux ligaments dirigés d’avant en arrière, appelés cordes vocales supérieures ; l’inférieur, de dimensions perpétuellement variables suivant que l’individu respire, parle ou chante, est la glotte, divisée elle-même en deux parties, une postérieure, gl. intercartilagineuse, vrac antérieure, gl. vocale ou interligamenteuse, limitée par deux conduits à la fois fibreux et musculeux, très-élastiques : ce sont les cordes vocales inférieures. La région supérieure de la cavité laryngienne ou vestibule du larynx s’étend des cordes vocales supérieures à l’orifice supérieur du larynx. La région inférieure ou sous-glottique est Y isthme du larynx.

Qu’on adjoigne à ces parties la charpente qui leur sert de soutien : cartilages cricoïde, thyroïde, aryténoïdes (Voy. t. XX, p. 218), et l’on aura l’idée de l’anatomie générale du larynx.

Les muscles destinés à faire mouvoir ces différentes pièces sont divisés en extrinsèques et intrinsèques ; ces derniers seuls nous intéressent. Quatre sont pairs (crico-thyroïdiens, crico-aryténoïdiens latéraux, thyroaryténoïdiens, crico-aryténoïdiens postérieurs, puis l’impair ary ténoïdien) ..

Les crico-thyroïdiens sont tenseurs des cordes vocales.

Les crico-aryténoïdiens latéraux sont constricteurs de la glotte.

Les crico-aryténoïdiens postérieurs sont dilatateurs.

L’aryténoïdien est également constricteur.

Les thyro-aryténoïdiens seuls ont une action très-complexe. Par leur faisceaux internes ou syndesmiens ils resserrent la glotte et raccourcissent les cordes vocales ; par leur faisceau externe ils augmentent l’épaisseur de la corde vocale.

Ce sont donc ces cordes vocales qui vont vibrer et par leur vibration donner lieu à la production d’un son qui est la voix. Pour ce faire, il faut que les cordes vocales soient tendues ; et cette tension s’effectue dans tous les sens, longueur, largeur, épaisseur. Nous avons vu que leur tension en longueur se fait au moyen des crico-thyroïdiens qui agissent en écartant les points d’insertion antérieur et postérieur.

La tension en largeur s’effectue par le rétrécissement de la glotte et

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conséquemment le rapprochement des cordes vocales de la ligne médiane par l’intermédiaire des crico-aryténoïdiens et de l’aryténoïdien ; enfin la tension en épaisseur est due surtout au faisceau interne du thyro-aryténoïdien ; disons en passant que ce muscle contenu dans l’épaisseur de la corde vocale est si intimement adhérent à la face profonde de la muqueuse, qu’il est impossible de comprendre la production d’une vibration bornée au repli muqueux du bord libre, et qu’en conséquence, lorsque ces parties vibrent, c’est aussi bien le muscle que la muqueuse et le tissu élastique, que le tout forme un petit système un et inséparable, que met en vibration la contraction du thyro-aryténoïdien interne.

Pression de l'air. — Les cordes vocales étant ainsi à un point de tension déterminé, on conçoit facilement que, pour qu’il y ait vibration, c’està-dire production d’un son, il faut que ces cordes soient heurtées par l’air sous une certaine pression, pression qui doit être assez haute pour les écarter de leur position.

Cagniard-Latour, qui s’était occupé spécialement de ce point de physiologie, a vu que cette pression peut être mesurée : elle serait de 160 millimètres d’eau pour les sons de moyenne hauteur, 200 pour les sons élevés, 945 pour les plus élevés possibles (Beaunis, Physiologie, p. 939). Pour que cette pression soit obtenue, on sait qu’il est indispensable que cet air s’échappe lentement, et la contre-épreuve est faite journellement lorsque l’on pratique l’opération de la trachéotomie ; la voix est instantanément abolie parce que l’air s’échappe ou, pour parler plus précisément, parce que la pression est totalement insuffisante pour faire vibrer les rubans vocaux. C’est pour le même motif que l’on ne parle que dans l’expiration, car, lors de l’inspiration, la pression est trop faible pour faire vibrer l’anche vocale.

Émission de la voix. — Ces courtes notions nous permettent d’aborder l’étude de l’émission du son. Quand l’individu veut émettre un son, les cordes vocales se rapprochent partiellement ou en totalité, et elles se mettent ainsi au degré de tension, de longueur, voulu pour l’émission du son ; alors les cordes vocales s’écartent tout à coup, vibrent sous l’influence du courant d’air chassé à travers la glotte, et le son se produit. Examine-t-on au laryngoscope un individu à qui on fait émettre un son, on voit les cordes vocales vibrer dans toute leur épaisseur, et ce sont ces vibrations qui, répercutées par les cavités situées au-dessus de la glotte, donnent naissance aux sons, ou aux bruits articulés qui constituent la parole.

Dans le chuchotement, la glotte est ouverte dans toute sa longueur.

Donc la voix peut être définie : un son produit par le passage de l’air à travers la glotte, organe qui représente une anche dont les lèvres sont tendues par des muscles appropriés.

Variétés et caractères physiques de la voix. — La voix de l’homme, celle de la femme ou de l’enfant, ont des caractères trop connus pour que nous nous y arrêtions, caractères que nous retrouvons dans la voix chantée comme dans la voix articulée. Ces différences ne tiennent pas tant à

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