VOIX. - VARIÉTÉS ET CARACTÈRES PHYSIQUES DE LA V
l’étendue plus ou moins grande de chacune de ces voix qu’à leur timbre, de telle sorte qu’alors qu’un homme et une femme chantent au même octave, il est facile de saisir ces variétés. Pour les traduire dans le langage courant on n’a rien trouvé de mieux que de les dénommer, voix mâle, féminine, enfantine, et ces appellations sont suffisantes pour peindre à l’esprit la voix grave et sonore de l’homme, douce et musicale de la femme, aigrelette et perçante de l’enfant. Ces différences très-nettement accusées dans le registre ordinaire de la voix articulée, bien que ce registre soit très-limité, puisqu’il dépasse à peine un demi-octave, s’affirment beaucoup plus dans la voix chantée.
Voix articulée, voix chantée, telles sont les deux variétés présentées par le son vocal, car nous nous refusons à corroborer la division qui suit : « L’homme a trois sortes de voix, la voix parlante ou articulée, la voix chantante ou mélodieuse et la voix pathétique ou accentuée qui sert de langage aux passions et qui anime le chant et. la parole » (J. -Jacques- Rousseau). Cette dernière voix nous semble tout à fait arbitraire et ne nous paraît pas devoir être conservée.
L'intensité de la voix est sous la dépendance absolue de conditions physiques qui peuvent être ramenées à cette proposition : que les vibrations des cordes vocales sont d’autant plus grandes que le courant d’air expiré est plus puissant : il s’ensuit donc que, lorsque le thorax est développé, d’une grande capacité, la voix est forte, et c’est sur ces différences de configuration que reposent les variétés dans l’intensité de la voix chez l’homme et chez la femme ; larynx et thorax étant plus grands chez le premier, la voix est plus forte chez celui-ci que chez la femme.
La hauteur de la voix est en rapport avec le nombre des vibrations exécutées par les cordes vocales, le son est d’autant plus aigu que les vibrations sont plus nombreuses : aussi les cordes vocales sont-elles moins tendues dans les sons graves.
L ’ étendue de la voix est ordinairement de deux octaves à deux octaves et demie, mais l’exercice du chant la développe en général d’une octave au moins. Suivant que cette variation dans l’étendue de la voix se fait dans des régions plus ou moins hautes de l’échelle des sons musicaux, on dit que telle voix est de basse, de baryton, de ténor, de contralto , d emezzo soprano, de soprano (ces deux dernières voix étant en général féminines).
Le tableau ci-après, que nous empruntons au livre de Gavarret (p. 256), donne une idée de l’étendue de la voix.
Lt
—soprano -
— mezzo-soprauc —
fa,. . .la,...ut2...mi2...soL...sL...ré3...fa3. .Ja3,..ut4...mi4...'soJ4
— basse-taille - 1
- baryton -
- ténop —
Fie. .72.