VOIX. - MODIFICATION DU TIMBRE. V. DE POITRINE. V. DE TÊTE
Le fa, représenté ci-contre est un des sons les plus bas de l’échelle des tons de la voix humaine, puisqu’il n’a que 170.5 vibrations par seconde, tandis que le solt n’a pas moins de 1536 vibrations à la seconde.
Cette division des voix est un peu arbitraire, mais répond à la généralité des cas et, si de temps en temps certains individus exceptionnellement doués franchissent ces limites, il n’en reste pas moins vrai que c’est une rareté, car généralement les ténors passent au fausset au-dessus du la- (870 vibrations), mais ces limites des voix ordinaires se reculent considérablement pour certains chanteurs pourvus de facultés extraordinaires. La voix de basse de Gaspard Forster, maître de chapelle danois, comprenait trois octaves pleines. Mandl dit qu’il y a des basses qui ont pu rendre et tenir le fa, (87 vibrations). Le castrat Farinelli avait une portée de trois octaves et demie, il montait au ré (2849 vibrations). Mme Nilsson donnait le fa. (2784 vibrations). La voix la plus étendue qui se soit jamais produite est celle de Lucrezia Ajugari qu’avait entendue Mozart : elle donnait Yuts (4176 vibrations).
Ch. Bataille a fait observer avec raison que les voix dites de basse, baryton, ténor, etc., ne diffèrent pas seulement par la hauteur , mais aussi par leur timbre, qui ne permet pas de les confondre quand elles attaquent les régions de l’échelle musicale qui leur sont communes.
Modification du timbre de la voix. — Lorsque le timbre de la voix change, cette dernière prénd des caractères très-remarquables. Chacun sait qu’un son de même hauteur peut avoir un timbre différent suivant qu’il est émis dans le registre de poitrine ou de tête ; de même on peut à volonté parler en timbre clair ou en timbre sombré. Ces changements sont imputables au plus ou moins d’ouverture de la glotte et nous ne nous y arrêterons pas, car l’étude qui suit nous éclairera sur leur mécanisme.
Voix de poitrine. — La voix de poitrine est cette voix sonore et pleine qui s’accompagne d’un frémissement vibratoire de la cage thoracique facilement perçu par l’application de la main ; les sons qu’on émet en voix de poitrine constituent les sons ordinaires de la voix.
La Voix de tête est caractérisé par un son doux et flûté, le registre de cette voix est moins étendu que celui de la voix de poitrine, aussi beaucoup de tons ne peuvent-ils être reproduits dans le registre de tête ; cependant, dans les notes hautes, il est facile d’émettre à volonté des tons dans l’un ou l’autre, cela permet d’entrevoir que le mécanisme de chacune de ces voix présente des différences et des similitudes que nous allons brièvement exposer.
Mécanisme de la voix. — Nous ne pensons pas qu’il soit absolument nécessaire, pour expliquer le mécanisme de la voix, de comparer, comme l’ont fait les Anciens, le larynx à un instrument connu : on ne peut que s’étonner de nos jours de la persistance avec laquelle la plupart des auteurs se sont acharnés à trouver dans tel ou tel instrument de nos orchestres un terme exact de comparaison. Si le vieil adage « comparaison n’est pas raison » est vrai, nulle part il ne le montre mieux. Aristote, Galien, pensaient que notre appareil vocal était un instrument à vent du
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