VOIX. - MÉCANISME DE LA VOIX
genre flûte; la trachée artère était le corps de flûte, le larynx le bec, et la colonne d’air intérieure était le corps sonore.
Fabrice d’Aquapendente n’eut pas de peine à démontrer que, si corps de flûte il y avait, ce n’était certainement pas la trachée, mais bien seulement la partie au-dessus de la glotte, c’est-à-dire la bouche et les fosses nasales. Dodart, dès 1703, avança que le larynx est un instrument à vent du genre des cors. Ferrein, quelques années après, en fit un instrument à cordes ; enfin de nos jours la majorité des physiologistes s’accorde à faire du larynx un instrument à anche.
Nous ne saurions trop répéter que ces diverses comparaisons ne sont que des comparaisons, car quelle anche peut être assimilée au larynx? Aucune. — Nous ne nous attarderons pas à discuter le plus ou moins de vérité de toutes ces assertions, le lecteur curieux de cette polémique n’a qu’à se reporter à l’article Voix d’Adelon où il trouvera le relevé minutieux de ces faits.
Revenons aux théories sur la voix de poitrine. Pour Diday et Pétrequin (qui comparent la glotte a une anche et à une flûte tout à la fois) les sons du registre de poitrine seraient dus à ce que la glotte se comporte comme une anche, tandis que les sons du deuxième registre seraient produits par la glotte vibrant à la manière d’une embouchure de flûte.
Éd. Fournié a admis une théorie très-ingénieuse, mais absolument contredite par l’expérience ; pour lui la voix de poitrine est formée par l’action simultanée de trois puissances : 1° la tension des rubans vocaux en longueur ; 2° la tension de ces mêmes rubans dans le sens de leur épaisseur; 3° les modifications de la longueur de la partie vibrante. Dans la voix de 'poitrine la glotte se fermerait d’arrière en avant, dans la voix; de fausset ; il admet aussi l’occlusion progressive de la glotte, mais il ajoute que la langue se porte en arrière de manière à rétrécir le diamètre du tuyau vocal et à refouler l’épiglotte sur l’orifice laryngien ; cette nouvelle théorie a été démentie de tous côtés, et il en est de même pour l’existence d’une troisième voix admise par cet auteur, qu’il nomme voix mixte et qui serait caractérisée par une glotte très-longue, mesurant tout l’espace compris entre le thyroïde et le bord supérieur du cricoïde.
La théorie imaginée par Mandl a reçu également un démenti formel des faits expérimentaux récents. Pour cet auteur, dans la voix de poitrine la glotte interligamenteuse et intercartilagineuse est ouverte dans toute sa longueur, et les vibrations sont manifestes dans toute la longueur et toute la largeur de la glotte. Lorsque l’on passe de la voix de poitrine à la voix de tête, la glotte intercartilagineuse se ferme ; disons et répétons que ces théories ne résistent pas à un examen laryngoscopique sérieux.
Avec les recherches de J. Müller, la théorie a pris un tour différent. Pour ce dernier, la hauteur du son dépend de la largeur et de la longueur de l’orifice glottique, l’élargissement rend le son plus grave, le rétrécissement plus aigu.
Dans la voix de poitrine les vibrations se passeraient dans toute V épais-