‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 113 sur 143 · VOIX. — MÉCANISME DE LA VOIX · texte numérisé non relu

VOIX. — MÉCANISME DE LA VOIX

seur de la corde vocale, tandis que dans la voix de fausset le bord libre de la corde vocale entrerait seul en vibration.

Donders interprétant le mécanisme des deux registres s’exprime ainsi : « Dans la voix de poitrine les cordes vocales sont tendues par les muscles crico-thyroïdiens et crico-aryténoïdiens postérieurs, de plus les muscles thyro-aryténoïdiens sont contractés; dans la voix de fausset ce dernier muscle ne se contracte pas. »

Gavarret est tout à fait d’avis que cette théorie est vraie, mais il ajoute prudemment qu’il est nécessaire que de nouvelles observations soient faites. C’est qu’en effet les idées de J. Müller et de Donders ont été mises en doute, et cela encore tout récemment, dans une excellente thèse soutenue par Vacher (loc. cit.). D’après cet auteur, ce n’est pas la détente des muscles thyro-aryténoïdiens qui produit le relâchement de l’appareil vocal, mais bien la persistance de la contraction au contraire des muscles thyro-aryténoïdiens, tandis que les crico-thyroïdiens et les crico-aryténoïdiens postérieurs se relâchent. Cet auteur a constaté, d’une part, que dans le passage de la voix de poitrine à la voix de fausset la fente glottique se rétrécit assez pour que les bords libres des rubans vocaux paraissent accolés dans toute leur longueur ; d’autre part on éprouve une sensation de détente bien connue des chanteurs qui accuse un relâchement d’une partie de l’appareil musculaire du larynx. On peut avec Gavarret résumer cette discussion dans les deux propositions suivantes : la première qui soutient que dans la voix de fausset le ruban vocal vibre seul et dans toute sa longueur; la seconde qui affirme que le muscle thyro-aryténoidïèn partage la vibration du ruban vocal dans la longueur de la partie vibrante de celui-ci.

Quoi qu’il en soit de ces discussions physiologiques, il est un fait certain, c’est que, pour qu’un son puisse être tenu/ un certain temps, il faut que l’air sorte lentement à travers la glotte, qu’en conséquence il faut que .celle-ci soit rétrécie, et c’est ce que nous montrent toutes les études précitées, que le chanteur se serve du registre de tête ou de poitrine. C’est cette nécessité d’une étroitesse glottique s’opposant pour ainsi dire à la sortie trop brusque de l’air expiré que Mandl a décorée du nom trèsheureux de lutte vocale ; on conçoit bien les difficultés de cette lutte, et l’on s’explique ainsi avec quelle facilité grande le chanteur détonne. En effet, pour maintenir à une hauteur donnée un son, il faut nécessairement que les cordes vocales se tendent de plus en plus, puisque la pression va sans cesse diminuant : or l’agilité de la voix humaine est due à la rapidité plus ou moins grande avec laquelle se font ces changements dans la tension des rubans vocaux. Ceci nous conduit à parler de la justesse de la voix.

- On dit dans le langage courant que telle voix est juste ou fausse, mais on sait combien ces appréciations varient suivant le plus ou moins d’éducation musicale de l’auditeur. Apprécier une voix et la déclarer juste ou fausse, c’est du mêipe coup se décerner un brevet de finesse auditive parfaite. Il y a longtemps d’ailleurs que Buffon avait fait la remarque très-

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