‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 114 sur 143 · VOIX · texte numérisé non relu

VOIX

juste que les gens qui ont la voix fausse n’entendent pas également bien des deux oreilles.

Beaunis dans sa récente et délicate étude est venu confirmer du poids de son autorité le bien fondé de cette assertion ancienne. Il se demande à son tour pourquoi telle voix est juste ou fausse, ce qui revient à chercher quelle est la part afférente au larynx et à l’oreille dans l’appréciation de la justesse ou de la fausseté d’un son. Le cadre restreint de cet article nous condamne à passer sous silence les liens existant entre la sensation auditive et son appréciation par les centres nerveux, qui retiennent, cataloguent et créent, en définitive, la mémoire musicale. Néanmoins, ce qui paraît constituer principalement la justesse de la voix, c’est la précision de la contraction musculaire, sensation d’une délicatesse inouïe, puisqu’elle est susceptible d’apprécier avec une exactitude que chacun sait une différence de contraction musculaire d’un dixième (et peut-être moins) de millimètre ! En effet, le muscle thyro-aryténoïdien a une longueur d’environ 15 millimètres; lorsqu’il se contracte au maximum il n’a plus que 10 millimètres: ainsi donc une voix d’une étendue d’une octave et demie donne des sons de hauteurs variées avec un jeu de 5 millimètres à peine ; ce que nous disons de la contraction s’applique à la tension : aussi est-il à peu près impossible de tenir une note absolument juste, la tension et la longueur des muscles subissant d’inévitables variations, et pour peu que quelqu’un ait écouté un chanteur tenant un son, il lui a été facile d’apprécier ces oscillations vocales, qui à chaque seconde éloignent la voix la plus juste de la note. Les expériences de Hensen, de Klunder, rapportées par Beaunis, le démontrent péremptoirement.

Nous nous contenterons de résumer celles de ce dernier.

Les conclusions du travail de Klunder seront facilement comprises, si on consulte le tableau suivant :

Son de Erreur moyenne. Erreur pour 100 vibrations.

96 vibrations. 0,3281 0,342

L’erreur moyenne est de 0,557 pour 100 vibrations, ce qui signifie que sur 280 vibrations une voix juste peut faire en plus ou en moins l’erreur d’une vibration. Quant à la justesse de l’oreille, Klunder estime qu’on peut apprécier avec des sons de 100 vibrations une différence de 1/5 de vibration.

Nous sommes arrivés ainsi à la fin de l’étude anatomo-physiologique de la voix, il ne nous reste plus qu’à étudier l’influence exercée par l’âge et le sexe sur cet intéressant phénomène.

Mue de la voix. — Sous cette appellation on est dans l’habitude de décrire une série de phénomènes passagers dont le larynx est le siège à l’époque delà puberté. D’unefaçon générale il est permis d’affirmer qu’aucun sujet n’est exempt de ce trouble, et, si quelques auteurs ont pu

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