OU - U — - — - - I
A. Cher vin, dans son récent article Parole du Dictionnaire encyclopédique, admet seulement trois voyelles : I, A, OU; les autres, dit-il, ne sont que des modifications ; c’est ce que montre très-bien le tableau cidessus dont elles forment les trois angles, et c’est ce que dit très-explicitement Beaunis dans le paragraphe précité.
La voyelle A est en effet un centre phonétique en arrière et en avant duquel se forment les autres voyelles : dans I les lèvres se portent en arrière ; dans OU, en avant. Qu’on place entre ces extrêmes les intermédiaires, et l’on aura à volonté le nombre de voyelles qu’on voudra. Donc, pour nous, la voyelle A est la voyelle par excellence, toutes les autres gravitent autour d’elle, et il suffit pour s’en assurer de regarder le jeu des lèvres dans la prononciation des autres.
Consonnes. — Nous avons dit que les consonnes étaient des sons formés dans le tube additionnel : il faut donc étudier le mode de production de ces sons en même temps que la région où ils se forment. Cette dernière nous est déjà connue sous le nom de région d'articulation; les trois principales sont: 1° l’orifice labial ( consonnes labiales ); 2° l’espace situé au niveau de l’arcade dentaire supérieure, de la voûte palatine et de la langue ( consonnes palato-linguales), enfin à l’arrièregorge, au niveau de la portion molle du voile palatin et de la base de la langue ( consonnes gutturales, ou encore dénommées palatales).
Les consonnes ont encore reçu une dénomination en rapport non plus avec la région où elles se font, mais suivant que le courant d’air qui leur donne leur timbre s’échappe brusquement ou lentement, suivant qu’elles s’accompagnent d’une vibration ou d’un nasonnement.
Les premières sont les consonnes explosives, c’est-à-dire que le son est pour ainsi dire instantané (exemple : Pa), et ne se produit qu’au moment de la fermeture des lèvres ou à leur ouverture (Ap) ; ainsi qu’on peut le remarquer, ces cousonnes sont toujours précédées ou suivies de voyelles.
A l’inverse de ces consonnes explosives sont les consonnes dites continues, c’est-à-dire que tant que dure le courant d’air le son se produit. Ex. : S. F. V.
Les consonnes vibrantes sont produites par le courant d’air qui met en vibration les régions dites d’articulation, régions variables, comme. on
VOIX. - SÉMÉIOTIQUE. Y. AUSCULTÉE. AUTOPHONIE.
en peut juger par les différences si profondes de l’R, suivant qu’il est guttural, labial ou lingual. On sait en particulier que cette lettre est tantôt large, comme dans opprobre, ou étroite, comme dans le mouvement de lèvres du joueur de trompette, de cor (Donders).
Quant à l’R normal, c’est un bruit de roulement résultant des interruptions du courant d’air déterminé par un frémissement de la pointe de la langue appuyée contre la voûte palatine. Exemple, arrière, aride.
Quant à l’R du grasseyement, il est exclusivement produit, d’après Du Roys-Reymond, par les frémissements de la luette poussée en avant par le courant d’air.
Jusqu’ici nous avons vu que le courant d’air, qu’il sorte brusquement ou lentement, passe par la bouche. Dans les dernières consonnes qu’il nous reste à examiner, il sort par les fosses nasales. Les types parachevés de ces consonnes nasales sont la labiale M, la linguale N.
Donnons en terminant un tableau qui représente le genre et les espèces de consonnes, nous l’emprunterons à Reaunis comme pour les voyelles.
Séméiotique. — Voix auscultée. — - Le médecin qui interroge la voix au point de vue séméiotique le fait dans deux conditions différentes que dès le début de cette étude nous devons spécifier : la première est celle qui consiste à se rendre compte des modifications subies par la voix auscultée, la seconde à juger des altérations de la voix par la simple audition. Nous ne dirons rien de la première, qui appartient à l’auscultation et qui comme telle a été étudiée préalablement : qu’il nous suffise de renvoyer le lecteur aux articles :
Rronciies (Voy. t. Y et IY pour la voix bronchique et la voix tubaire).
Égophonie (Voy. t. IY, art. Auscultation), dont la valeur séméiotique dans les épanchements pleuraux a été étudiée à l’article Pleurésie (Voy. t. XXYIII).
Voix caverneuse, voix amphorique, pectoriloquie, ont été également l’objet des études de Lépine et de Hanot, qui ont rédigé les articles Pneumonie, Phthisie (Voy. t. XXVII, p. 387, et t. XXYIII).
On le voit donc, nous ne saurions nous appesantir sur ces différentes modifications de la voix, sous peine de redites ; ce n’est pas à dire pour