‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 117 sur 143 · VOIX. - SÉMÉIOTIQUE DE LA V. PARLÉE · texte numérisé non relu

VOIX. - SÉMÉIOTIQUE DE LA V. PARLÉE

cela que les changements présentés par la voix auscultée ne soient pas dignes d’être étudiés dans un travail d’ensemble. Avant d’examiner les altérations de la voix proprement dite, jugeons, pour n’y plus revenir, un signe étudié par Bricheteau [Traité sur les maladies chroniques qui ont leur siège dans les organes de l’appareil respiratoire , 1852), Beau (: Traité expérimental et clinique d’auscultation, 1856), Taupinet Hourmann, sous le nom d’AuTOPHONiE.

L’autophonie consiste en une résonnance particulière de la voix, mais ici ce n’est plus celle du malade qui est étudiée, mais bien celle du médecin : « Que si, disent Barth et Roger, dans ces circonstances l’observateur lui-même vient à parler, en même temps qu’il tient l’oreille accolée immédiatement à la poitrine du malade, sa propre voix retentira contre ce point de la paroi thoracique en subissant, dans certains cas, des modifications en rapport avec les conditions physiques des organes pulmonaires. »

Ce procédé a été en vain mis à contribution par Bouillaud, Piorry, Raciborski; repris en sous-œuvre par les auteurs que nous venons de nommer, il ne leur a donné aucun résultat clinique digne d’être cité; c’en est assez, pensons-nous, pour légitimer la parcimonie avec laquelle nous venons d’étudier ce signe.

Abordons maintenant l’étude de la voix au point de vue séméiotique.

Séméiotique de la voix parlée. Nous ne dirons que quelques mots des altérations pathologiques de la voix, car à part quelques maladies spéciales elles présentent peu d’importance ; néanmoins il est certaines affections où les modifications de la voix et de la parole ont une haute valeur clinique, sans jamais atteindre cependant un caractère pathognomonique. Pour mettre un ordre apparent dans cette revue, nous étudierons d’abord les modifications de la voix : 1° dans les maladies buccopharyngées ; 2° dans les maladies de l’appareil respiratoire ; 3° les altérations subies par la voix, lorsque des compressions ont lieu sur les nerfs innervant les muscles intrinsèques du larynx, ou bien lorsque ces mêmes modifications de la voix ne sont causées que par une maladie du système nerveux : myélite chronique systématique ou névrosé ;4° dans les maladies générales : fièvres, intoxications, etc.

a. Altérations de la phonation dans les maladies de l’ arrière-gorge et des fosses nasales. — C’est à dessein que nous avons mis en tête de ce paragraphe les troubles de la voix dans le cours des affections de l’arrière-gorge et de ses annexes. Quoi de plus caractéristique, en effet, que la voix d’un individu affecté de perforation du voile palatin ? Quoi de plus pathognomonique que cette voix amygdalienne [pharyngophonie de Krishaber) rencontrée dans le cours des angines aiguës ou chroniques, pourvu que celles-ci déterminent une augmentation de volume de ces parties et une parésie des muscles avoisinants) ? Ces exemples, pensons-nous, légitiment la place que nous assignons à ces troubles vocaux et nous dispensent de plus longs préliminaires.

Dans les angines, disons-nous, la voix est troublée, et le motif en est

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