‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 118 sur 143 · VOIX. - SÉMÉIOTIQUE DE LA V. PARLÉE · texte numérisé non relu

VOIX. - SÉMÉIOTIQUE DE LA V. PARLÉE

simple à saisir, si l’on veut bien se rappeler que dans l’acte phonateur la voix n’est pas seulement articulée par le larynx, mais que son timbre est. modifié par la résonnance des parties qui sont situées au-dessus (le pharynx, le voile du palais, ses piliers, les fosses nasales) et jouent un rôle de premier ordre, que démontre l’état pathologique. Aussi toute modification dé l’un de ces organes entraînera-t-elle inévitablement un trouble de la parole. Cette modification de la voix est si particulière, que tout médecin qui l’a entendue une fois est conduit tout de suite à inspecter l’arrière-gorge, dans laquelle il a localisé de prime abord le siège de l’affection. Cette voix dite amygdalienne est caractérisée par un ton nasillard étouffé, qu’on ne saurait peindre avec des mots ; elle se rencontre surtout dans les amygdalites aiguës ou dans les angines inflammatoires ; il est plus exceptionnel de la rencontrer dans les phlegmons rétro-pharygiens, en tout cas c’est un signe sur lequel ne doit pas compter le clinicien pour établir le diagnostic de cette redoutable affection. Ce que nous venons de dire des amygdalites aiguës s’applique en partie à la tuméfaction chronique des amygdales, qui se rencontre si fréquemment chez les jeunes gens débiles, lymphatiques, frappés chaque année par des poussées aiguës qui laissent à leur suite l’amygdale plus grosse ; il en résulte chez ces sujets une voix nasonnée, amygdalienne (le mot est si juste qu’il faut sans cesse le répéter), et qui permet le diagnostic avant tout examen. Dans le groupe des angines chroniques il nous faut encore citer comme entraînant souvent des troubles vocaux l’angine de Green ou angine glanduleuse; la voix est rauque, surtout au réveil, et cela,, dit Krishaber, alors même que le larynx n’est pas atteint, et non-seulement il existe de la raucité, mais encore la voix diminue d’étendue, le chanteur n’a plus les mêmes registres. Ces remarques s’appliquent aussi aux polypes nasaux. La syphilis a, comme on le sait, une affinité spéciale pour la gorge, mais ses manifestations secondaires ont en général un caractère de superficialité telle, qu’il ne s’ensuit aucune modification de la voix digne de nous arrêter. Il n’en est pas de même de la syphilis tertiaire, qui par ses mutilations sur l’arrière-gorge et en particulier le voile du palais détermine des altérations de la voix aussi caractéristiques que possible. « Dès que « la lésion du voile est accomplie, dit Fournier, la voix prend un « timbre nasonné des plus désagréables, devient confuse, et peut même « en certains cas n’être plus que difficilement intelligible ».

Lorsque la portion osseuse est atteinte les accidents sont semblables, quoique plus légers. De tous points comparables sont les troubles de la voix succédant à la paralysie du voile du palais, que celle-ci reconnaisse pour cause pathogénique telle ou telle affection ; c’est encore ce même bruit nasillant, cette voix confuse dont nous parlions plus haut, qui dans les cas de paralysie totale fait de la voix un bredouillement tel qu’il est difficile de comprendre les malades. Est-il besoin de rappeler qu’à ce symptôme fondamental viennent s’ajouter des signes tels que le reflux partiel ou total des liquides par les fosses nasales augmentant encore la valeur du symptôme? Signalons en terminant l’influence

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