VERSION. - HISTORIQUE
les circonstances pourront être telles que la promptitude de l’accouchement devienne une condition de salut pour la mère ou pour l’enfant; dans ce cas, la version podalique pourra être imposée, puisqu’elle permet •de terminer immédiatement l’accouchement.
Dans les présentations anormales, le but de l’accoucheur pourra être considéré comme atteint, quand il aura amené sur le détroit supérieur et engagé dans cet orifice l’extrémité céphalique ou l’extrémité podalique de l’enfant ; mais, si l’accouchement doit être terminé rapidement, la version n’aura éLé que l’acte préparatoire de l’extraction.
Comme la version podalique est la plus fréquente, qu’elle s’accomplit le plus souvent par la main introduite dans la cavité utérine, nous exposerons d’abord les règles opératoires dans deux conditions essentiellement différentes, quant aux difficultés à vaincre et aux résultats à obtenir: selon qu’elle sera pratiquée au temps d'élection, c’est-à-dire dans les conditions les plus favorables à son exécution, ou qu’elle sera faite au temps de nécessité, c’est-à-dire à un moment où il y a nécessité impérieuse de terminer l’accouchement malgré les circonstances défavorables qui peuvent résulter de diverses modifications qui rendent l’opération de plus en plus difficile à exécuter, et même dangereuse pour la mère et pour l’enfant.
Nous exposerons ensuite les règles à suivre pour extraire l'enfant par les pieds, qui est une opération distincte de la version.
Nous donnerons les règles de la version céphalique, la plus ancienne, abandonnée pendant longtemps, reprise après l’invention du forceps et acclimatée de nouveau depuis que l’on a appris à pratiquer la version par manœuvres externes et manœuvres internes et externes combinées.
Nous jetterons un coup d’œil sur les ressources de la nature dans les présentations vicieuses, et nous aurons alors les éléments nécessaires pour examiner et apprécier l’étendue de ces ressources opératoires et les indications auxquelles elles peuvent donner lieu dans la pratique obstétricale.
Historique. — L’idée de tourner l’enfant dans l’utérus pendant l’accouchement, quand il se présente mal à l’ouverture pelvienne, est aussi ancienne que la médecine. Hippocrate, pour faire comprendre la difficulté de l’accouchement dans la présentation vicieuse, se sert d’une comparaison fort ingénieuse ; il dit « qu’on peut comparer l’enfant à un noyau d’olive qui, mis dans un vase à goulot étroit, n’en peut être retiré de côté. » Pourquoi faut-il qu’il ajoute quelques lignes plus loin que « l’enfant ne peut pas venir par les pieds et qu’il faut qu’il vienne par la tête! ». Cette erreur a été pendant des siècles la cause d’innombrables malheurs. Jetons un voile sur les moyens barbares qu’il indique pour changer cette position, en secouant la femme dans le sens horizontal et dans le sens vertical, que le prestige du nom d’Hippocrate a trop longtemps conservés dans la pratique. Hâtons-nous de franchir cinq siècles pour arriver à Celse, que Nægele regarde comme un des grands accoucheurs de l’antiquité. En effet, il dit que l’enfant peut être retourné sur la