‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 120 sur 143 · VOIX. - ALTÉRATIONS DE LA V. DANS LES MALADIES DD SYST · texte numérisé non relu

VOIX. - ALTÉRATIONS DE LA V. DANS LES MALADIES DD SYST

nerveux une de celles qui méritent de nous arrêter, car aucune ne donne plus souvent et plus nettement surtout lieu aux troubles de la voix.

Poyet dans son excellente thèse inaugurale leur a consacré une étude à laquelle nous renvoyons le lecteur désireux de connaître à fond le sujet, car ici les caractères seuls de la voix dégagés de l’examen laryngoscopique n’ont plus qu’une valeur relative.

C’est ainsi que dans les paralysies incomplètes l'aphonie est presque totale, tandis que, lorsque les dilatateurs glottiques sont seuls paralysés, la voix est conservée, mais prend alors un caractère de dureté, de monotonie, sur lequel l’auteur précité a atttiré l’attention. Les phonateurs sont-ils paralysés, la dysphonie est très-intense ; enfin, si les crico-aryténoïdiens sont paralysés, la voix parlée est bonne, mais la voix chantée est impossible.

Est-il besoin de rappeler que la compression est la cause la plus fréquente de ces paralysies et que, lorsque le médecin constate une aphonie, une dysphonie, ou tout autre trouble vocal dont la cause lui échappe, il doit aussitôt penser à la possibilité d’une tumeur ( ganglion , anévrysme, etc.) : ainsi est démontrée la valeur clinique des troubles vocaux dans le groupe des maladies du système nerveux.

Certains auteurs n’ont pas hésité à rapporter à des lésions du nerf les changements de la voix rencontrés dans des affections très-diverses et qui ne se prêtent que difficilement à la classification que nous avons proposée ; au premier rang figure Y hystérie. Ici nous retrouvons ces modifications variées qui sont comme l’estampille de toute hystérie (Voy. Aphonie, t. II; Hystérie, t. XVI). Hippocrate avait déjà cité explicitement ces cas d’aphonie subite se terminant par des larmes ou l’émission d’une urine claire et abondante.

Débutant brusquement sous l’influence d’une émotion quelquefois très-légère, Y aphonie hystérique disparaît avec une même instantanéité, et ce double caractère est d’une importance séméiotique qui n’échappera pas à ceux qui sont familiarisés avec les allures protéiformes de cette névrose.

Sous le titre de Spasme de la glotte pendant la phonation, Jonquière a publié dans le Correspondenz Blatt, 1882, un cas d’aphonie hystérique singulier. Fille de 17 ans devenant subitement aphone à la suite d’une angine, durée 13 mois, guérison subite; 3 mois après, rechute. « La maladie consiste, dit l’auteur, en cette curieuse particularité que, si l’on fait prononcer e à la malade, les deux cordes vocales supérieures se rapprochent sous forme de deux saillies qui se touchent fortement en laissant en arrière une petite lacune au fond de laquelle on voit les cordes vocales inférieures, mais en partie. On voit, ajoute-t-il, que les fausses cordes vocales renferment des fibres musculaires (Santorini) et qu’il s’agit d’un spasme combiné de la glotte et de la fausse glotte, ce qui n’est mentionné dans aucun des 32 cas connus. Ajoutons que la malade présentait de l’anesthésie, de la photophobie, et que la compression progessive des hypochondres avec le poing ramenait immédiatement la voix.

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Ce que nous pouvons ajouter à ces quelques notions, c’est que la plupart des hystériques aphones le sont par le fait d’une paralysie du thyrocricoïdien ; la position superficielle du muscle rend compte également des aphonies, des enrouements à frigore et des guérisons fréquentes par l’application de courants sur le muscle paralysé.

Bien proche de cette aphonie doit être celle qui succède aux émotions violentes : telle la peur. « Vox faucibus hæsit » est une expression vulgaire et vraie, l’aphonie qui reconnaît une telle cause est subite, instantanée presque, elle frappe des sujets le plus souvent névropathes et guérit quelquefois avec une même brusquerie. On ne s’étonnera pas que nous ne formulions nas de pathogénie sur elle, c’est pour les besoins de notre description et d’une façon tout à fait arbitraire que nous avons mentionné à cette place l’aphonie par « appréhension ».

Nous nous refusons en effet à croire, quoique cette opinion ait été défendue, que cette aphonie puisse être rapprochée de celles qui succèdent à des névromes ou à des inflammations aiguës ou chroniques du nerf pneumogastrique.

A côté de la grande névrose hystérie figurent différents états morbides, qu’en l’absence de connaissances précises nous rangeons dans le groupe confus des « maladies des nerfs » : tels le tétanos, la tétanie, la catalepsie, la chorée, etc. Disons en quelques mots les modifications qui ont été notées dans ces maladies.

Trousseau a signalé dans la Tétanie l’extension des contractures aux muscles du larynx ( Clinique médicale), mais il est muet sur les troubles vocaux; il en est de même des auteurs les plus récents.

Le tétanos , qui présente des affinités évidentes avec la tétanie, détermine des troubles de la phonation, et cela par un mécanisme assez complexe. Si la parole est difficile, cela tient à la gêne des mouvements de la langue, et aussi à ce que les muscles du larynx participent aux contractures : il en résulte une parole inintelligible et une voix sourde qui, accompagnant le resserrement des mâchoires, sont dignes d’être mentionnées.

La catalepsie est une névrose qui compte parmi ses symptômes cardinaux Y aphonie. On sait, en effet, que chez quelques cataleptiques l’intelligence est conservée ; leur figure exprime le désir de parler, mais ils ne peuvent y parvenir. Pour en finir avec le groupe complexe des névrosés, notons les curieuses altérations de la parole dans la chorée, modifications qui traduisent exactement l’ataxie des muscles linguaux et vocaux. La parole est en général hésitante ; les malades heurtent les syllabes à la façon des bègues ; c’est par saccades que le malade parle, et sa voix est fréquemment bitonale, puis, si l’accès cesse, la parole reprend son timbre et ses qualités ordinaires.

Faut-il rapprocher de ces troubles si variés les observations de Fritsche, qui, après Schnitzler, a appelé l’attention sur un trouble phonatoire caractérisé selon lui, comme la crampe des écrivains, par un spasme fonctionnel des muscles des cordes vocales. La symptomatologie est peu distincte de celle de l’aphonie paralytique, car la perte de la voix est telle

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