VOIX. - PATHOLOGIE. TRAITEMENT
des bronches, ou bien à des maladies du cœur, le rôle du médecin devient absolument nul. Il doit se borner à combattre l’inflammation de l’organe vocal, si elle se produit.
Quant à l’hygiène de la voix dans les cas que nous venons d’énumérer, elle se confond avec l’hygiène pulmonaire, les sujets devant autant que possible se mettre à l’abri des variations brusques de température, qui presque toujours sont le point de départ des affections du poumon et des bronches.
Les altérations de la voix dues à des maladies du larynx réclament une intervention autrement active de la part du médecin ou du chirurgien.
Dans toute maladie inflammatoire de l’organe vocal, la première chose que l’on doit faire est de recommander au malade le silence le plus complet, c’est-à-dire le repos de l’organe. Dans les laryngites catarrhales aiguës, parenchymateuses ou non, on prescrira les révulsions sur les extrémités, sinapismes, bains de pieds à la moutarde, et surtout des applications topiques dans le larynx. Les fumigations émollientes, les pulvérisations avec des solutions balsamiques rendues légèrement narcotiques par l’addition d’un peu d’opium ou de morphine, hâteront le retour du timbre en débarrassant le larynx des sécrétions qui le tapissent.
Il est d’usage dans ces affections de prescrire des boissons chaudes rendues légèrement diaphorétiques par l’addition d’un peu d’acétate d’ammoniaque.
Dans les laryngites de la variole, de la rougeole, de la scarlatine, tant qu’il n’y a pas d’altérations marquées, le rôle du médecin est pour ainsi dire nul. S’il se produit des nécroses, des ulcérations, on devra avoir recours aux pulvérisations émollientes ou antiseptiques et être prêt à pratiquer la trachéotomie, s’il survient un œdème inquiétant. On devra observer la même règle de conduite dans le croup. Les paralysies laryngées que l’on rencontre dans cette maladie, à la période de convalescence, seront combattues dès leur début par des électrisations sur le trajet des nerfs récurrents.
Le traitement de la voix dans les formes chroniques des laryngites devient plus minutieux. C’est ainsi que les efforts du médecin devront d’abord se porter sur la diathèse même.
Dans la laryngite glanduleuse que l’on rencontre si souvent chez les herpétiques et les arthritiques, on se trouvera bien tout d’abord de prescrire l’arsenic, le soufre, l’iodure de potassium, les alcalins. Les accidents laryngés seront traités directement par des applications modificatrices telles que la mixture iodée, les solutions de chlorure de zinc variant de 1 à 5 pour 100. Si l’affection est ancienne, et que les cordes vocales soient épaissies, il faut donner la préférence aux attouchements légèrement caustiques avec une solution de nitrate d’argent à 5/100 ou avec l’acide chromique dans les mêmes proportions. On prescrira en même temps des pulvérisations astringentes à l’acide tannique, au cachou, à l’alun.