VOIX. - HYGIÈNE
cautère. Ces moyens ne s’appliquent guère qu’aux polypes d’un certain volume.
Lorsqu’ils sont très-peu développés et surtout lorsqu’ils sont sessiles, on devra tenter de les détruire par des cautérisations avec le nitrate d’argent, l’acide chromique, l’acide acétique, etc....
Pendant un certain temps après l’opération d’un polype, l’opéré doit observer un grand repos de l’organe vocal; il se trouvera bien de fumigations, de pulvérisations émollientes et d’attouchements sédatifs.
Les altérations de la voix résultant du développement d’un cancer dans le larynx sont incurables. Le médecin devra bien se garder d’intervenir localement, tant qu’il n’y aura pas d’ulcérations accompagnées d’œdèmè et de dysphagie. A ce moment seulement, il sera autorisé à faire des attouchements légèrement caustiques et surtout des applications d’iodoforme ou de morphine en poudre, ou bien encore de chlorhydrate de cocaïne, pour permettre au malade de se nourrir et de goûter quelque repos. C’est surtout dans cette affection qu’il faut avoir recours de bonne heure à la trachéotomie qui , ainsi que l’a démontré Fauvel , donne dix-huit mois à deux ans de survie aux malades.
Quelles que soient les causes qui aient déterminé une paralysie complète ou incomplète du larynx, la base du traitement local sera l’électricité. Les électrisations doivent être faites extérieurement, sur le trajet des nerfs récurrents, ou intérieurement en portant les pôles de la pile directement sur la corde vocale immobilisée. On recommandera en même temps au malade de faire une gymnastique méthodique du larynx en faisant du solfège, par exemple. Inutile de dire qu’une médication générale s’adressera à la cause même de la paralysie.
Quant aux maladies de la voix qui reconnaissent pour point de départ une affection pharyngée ou buccale, elles ne nécessitent pas de traitement particulier. Lorsque l’on rencontre une malformation, congénitale ou acquise, qui empêche l’articulation, on aura recours à la prothèse et à une éducation appropriée.
Hygiène. — L’hygiène vocale doit non-seulement nous apprendre à développer complètement toutes, les facultés de notre larynx et à régler notre voix de manière à en assurer l’exercice régulier, mais encore à nous préserver des influences externes qui peuvent amener soit l’aphonie, soit la dysphonie.
La personne qui parle, qui chante ou qui déclame, doit avoir autant que possible une attitude naturelle qui facilite le jeu de la respiration. Celle-ci sera mixte, c’est-à-dire diaphragmatique et costale. Elle devra aussi être bien réglée, de façon que le sujet ne soit pas contraint de faire des inspirations trop brusques qui finissent par enflammer les cordes vocales.
Lorsqu’il s’agit de faire des exercices vocaux, il faudra aller du simple au composé, en ayant soin de ne pas trop prolonger les exercices dès le début. On songera que les muscles du larynx ne sont pas construits autre-