‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 133 sur 143 · VOMITIFS. - INDICATION CONTRO-STIMULANTE · texte numérisé non relu

VOMITIFS. - INDICATION CONTRO-STIMULANTE

tuberculose où Pidoux conseille de commencer le traitement par un vomitif et de revenir de temps en temps à son emploi qui atténue la congestion, cet ennemi que Peter nous engage à surveiller toujours. On peut agir de la même manière contre la bronchite ou les bronchites. Ici je m’arrête, afin de faire remarquer que les diverses indications, qu’il nous faut séparer pour la commodité de l’étude, ne vont point isolément. A coup sûr pourrons-nous, dans certains cas, rechercher exclusivement ou de préférence tel ou tel effet révulsif, évacuant, antiphlogistique, mais le plus ordinairement tous se fout sentir à des degrés divers et tous sont utiles. Dans beaucoup de maladies respiratoires, par exemple, le vomitif n’est pas seulement un décongestionnant par révulsion intestinale, mais aussi un antiphlogistique, nous allons le voir, et un évacuant ; l’évacuation des bronches s’appelle expectoration. Le vomitif est un expectorant mécanique et dynamique : mécanique par le phénomène de l’effort qui comprime les organes contenus dans la poitrine, dynamique par les propriétés hyperséerétoires (incisives était le terme autrefois employé) de l’agent vomitif s’éliminant par les mucosités bronchiques. De même, quand je parle de décongestion du poumon par révulsion intestinale, je suis incomplet et je dois, à côté de ce mécanisme, en indiquer d’autres : premièrement, celui qui provient de l’ampliation pulmonaire accompagnant l’effort, car, pendant ce mouvement de dilatation thoracique, l’air se précipite dans toutes les parties de l’arbre respiratoire et comprime, de dedans en dehors, les capillaires pulmonaires pressés, d’autre part, en sens inverse par les parois thoraciques; secondement, celui qui est constitué par la contracture des capillaires due à l’état nauséeux et dont je vais parler à propos de l’indication suivante.

Indication contro-stimulante [antiphlogistique et antihémorrhagique). — Tous les phénomènes que je viens de signaler provenant, en somme, de diverses actions locales, s’accompagnent d’un effet général d’autant plus prononcé que la phase nauséeuse a été plus longtemps maintenue, la période vomitive plus longue : je veux parler du resserrement des vaisseaux capillaires avee refroidissement, pâleur et tendance à la syncope. C’est l’effet dit contre-stimulant. Nous ne devons pas, à propos des vomitifs, faire l’histoire de la doctrine du contro-stimulisme, mais il est facile de comprendre que l’inflammation d’une partie pourra être profondément modifiée par les phénomènes vasculaires qu’engendrent les vomitifs, puisque l’inflammation n’est possible qu’avec l’hyperémie, source des proliférations nutritives, et que l’hyperémie est diminuée par l’état nauséeux. Nous avons déjà plusieurs fois indiqué ( Voy ■ Rubéfiants, Vésicatoire) comment l’effet anémiant se fait surtout sentir aux points hyperémiés ; nous avons dit aussi que, faiblement armés contre l’inflammation faite et accompagnée de lésions profondes, nous pouvions exercer, au contraire, une grande influence sur la congestion, la fluxion, mère et compagne de l’inflammation. On comprend donc l’action contro-stimulante, c’est-à-dire antiphlogistique, des vomitifs. Mais, par la même raison, ces médicaments sont aussi de puissants hé-

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