VOMITIFS. - INDICATION PERTURBATRICE ET ANTISPASMOLIQUE
coïncident donc avec l’indication expansive, mais elles peuvent être isolées quand il s’agit de provoquer l’accroissement de la sécrétion bronchique, par exemple, ou de faciliter son expulsion. C’est ce qui arrive quand un mucus trop concret embarrasse l’arbre aérien, quand la stase sanguine encombre les poumons et les bronches et qu’il y a lieu d’aider’ à la décongestion par l’hypersécrétion glandulaire : l’ipéca est alors le type des expectorants, car il accroît en même temps la sécrétion et l’excrétion, outre que celle-ci a été singulièrement favorisée par les efforts du vomissement.
Indication perturbatrice. — Il est des cas où l’on serait en peine de déterminer d’une manière précise et l’affection en présence de laquelle on se trouve et les indications thérapeutiques. Le médecin de nos jours s’en inquiéterait peu et s’adresserait à la commode méthode d’expectation ; autrefois on avait recours, en pareille occurrence, à la méthode perturbatrice consistant, d’après Barthez, à substituer aux affections constitutives d’une maladie d’autres affections fortes qu’on espère pouvoir dissiper les premières et se dissiper à leur tour, rapidement et spontanément. Mérat et de Lens conseillaient, dans ce but, l’emploi des vomitifs quand on se trouve en présence d’un cas obscur, douteux, insidieux. C’est, ainsi que l’a dit G. Sée, faire de l’ordre avec du désordre. Sans vouloir conseiller d’agir au hasard et comme à l’aveuglette, nous devons néanmoins reconnaître qu’il est des cas où un vomitif dégage et éclaircit des situations obscures ; d’ailleurs, administré au début d’une maladie et employé de manière à faire prédominer son action expansive, un tel agent ne saurait nuire. Pour nous, en effet, si l’indication perturbatrice se distingue de l’indication expansive, en raison de la netteté de celle-ci et de l’obscurité, de la première, il n’en est pas de même de l’effet thérapeutique qui consiste en un mouvement d’expansion pouvant dissiper des fluxions locales compliquant ou constituant la maladie à caractère mal déterminé. Les faits ne manqueraient pas pour justifier cette manière de faire : un vomitif, donné au début même d’un accès de fièvre, arrête cet accès ; Graves conseillait cet emploi à la période initiale des typhus, des pneumonies; les succès de l’ipéca contre la fièvre puerpérale ou du moins ce qu’on croyait être, ce qui aurait pu devenir la fièvre puerpérale, s’expliquent par cette action ; il en est de même de nombre de maladies contre lesquelles l’ipéca a été conseillé et prescrit avec succès, du moins dans la première période de leur évolution, choléra, fièvres infectieuses, etc., etc.
Indication antispasmodique. — Cet emploi est devenu d’une bien moindre importance depuis que les anesthésiques ont été introduits dans la thérapeutique ; ce n’est que très-exceptionnellement, aujourd’hui, qu’on aurait recours aux vomitifs et à l’état lipothymique qu’ils peuvent déterminer, pour résoudre la contracture musculaire s’opposant à la réduction d’une luxation. Plus souvent s’adresse-t-on encore à ces agents dans certains cas de toux nerveuse, spasmodique : la coqueluche est l’affection où l’ipéca peut rendre, de ce chef, le plus de services ; c’est, en définitive,
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dans cette maladie, le moyen qui soulage le mieux le patient, qui atténue le plus le nombre et l’intensité des quintes.
Contre-indications . — On a singulièrement exagéré ces contre-indications et quelques auteurs ont voulu que les vomitifs ne fussent jamais employés chez les vieillards pas plus que chez les individus porteurs d’une hernie ; de plus, ils seraient susceptibles de congestionner le cerveau des enfants. Assurément le cerveau, si richement arrosé dans le jeune âge, se congestionne facilement à cette période de la vie ; néanmoins les vomitifs sont les plus précieux agents de la thérapeutique infantile, et aucun des nombreux médecins qui les emploient chaque jour n’a signalé d’accidents survenus sous leur influence. Chez les vieillards, les hémorrhagies cérébrales ne seraient pas à craindre, d’après Trousseau et Pidoux, qui ont vu même des congestions du cerveau se dissiper sous l’influence d’un vomitif indiqué par l’état saburral ou bilieux des premières voies ; il est bien évident qu’à un âge avancé et surtout chez des personnes à artères athéromateuses les vomitifs ne seront employés qu’en cas d’indications précises et avec toutes les précautions voulues. Même recommandation chez les herniaires, qui devront être invités à bien maintenir leur hernie pendant le vomissement.
L’ulcère de l’estomac, le cancer de cet organe, sont de vraies contre-indications à l’emploi des vomitifs, lorsque ces affections ont été diagnostiquées ; cependant il faut bien reconnaître, vu le nombre des ulcères gastriques qui passent inaperçus et la difficulté de diagnostiquer le cancer à ses débuts, que des vomitifs ont été donnés, chez de pareils malades, sans qu’aucun accident en ait été la suite. Les ruptures d’organes, estomac ou œsophage, ne peuvent avoir lieu que sur des viscères à parois profondément altérées et que par des efforts très-énergiques que l’on évitera en donnant le vomitif dans une suffisante quantité de liquide.
Enfin on recommande de ne jamais faire vomir un malade au moment où s’effectue une hypersécrétion qui peut être critique, sueurs ou urines, mais, si ces évacuations n’ont pas soulagé, elles sont liées à la maladie qu’elles ne résolvent pas et on peut administrer le vomitif. En général, disent Trousseau et Pidoux, il ne faut pas faire vomir les femmes pendant la période menstruelle, mais ce ne doit pas être là un obstacle absolu à l’emploi d’un vomitif nécessité par des indications précises.
Goersaht, Article Vohitifs (Dict. de méd., t. XXX, Paris, 1846). — D’Orkellas, Du vomissement; Étude de l’action des vomitifs {Bull, thér., t.LXXXIY, Paris, 1875). — Chocppe, ttech. expérim. sur le mode d'action des vomitifs ( Arch . de physiologie, t. I, 1875). — Vuipias, Cours sur les vomitifs ( École de médecine , août 1874). — Bourgeois, De l’apomorpliine, th.de Paris, 1874. — Routï, De l’emploi de l’apomorpbine, th. de Paris, 1874. — Prévost, Cas de collapsus après 1 centigr. d’apomorphine (Gaz. hebd., n“ 2, 1874). — Grasset, th. d’agrég., 1875. — Péciiouer, Un cas d’empoisonnement par l’apomorphine (Bull, thér., 1882). — Consultez également l’ouvrage classique de Trousseau et Pidoux, celui de Gubler.
Adrien Gués.
WIESBADEN (Allemagne, ancienne capitale du duché de Nassau) est situé dans le voisinage de Francfort et de Mayence, non loin des grandes villes des provinces rhénanes. C’est un point central pour le
W1ESBADEN. — climat.
nord de l’Europe. Communications faciles par les voies ferrées des deux rives du Rhin et par les bateaux qui s’arrêtent à Biberich. La ville est bâtie sur la pente méridionale du Taunus, à une lieue du grand fleuve.
L’ancienne Yisbium des Romains était connue par ses eaux chaudes dites fontes maltiaci; on y a trouvé des restes importants de l’époque. La ville moderne s’est singulièrement accrue depuis le commencement du siècle ; sa population dépasse 50,000 âmes. Grande ville aux rues larges, aux belles promenades, avec des édifices publics importants, palais, musées, bibliothèques, laboratoire de chimie de Frésénius, etc. L’arrivée du chemin de fer est grandiose par la Wilhelm-Strasse bordée de magnifiques platanes et laisse voir les promenades, Neue Anlagen.
L’administration des jeux en a fait une des villes de bains les plus élégantes de l’Europe et leur suppression n’a été qu’un point d’arrêt dans son développement. La double colonnade forme une belle voie pour arriver au casino ou Kursaal, édifice imposant, mais sans caractère architectural ; le plus beau morceau est la grande salle à colonnes de marbre. Le parc avec ses pièces d’eau et ses grands arbres est assiégé par une véritable invasion les dimanches et les jours de fête. La Trinkhalle est une longue galerie de fer destinée aux buveurs. Il y a un Curhauss militaire depuis 1871.
Un grand nombre de maisons sont comme semées au milieu des arbres et des vergers et d’innombrables villas s’échelonnent sur les hauteurs voisines; point d’usines ni de fabriques. En sorte que Wiesbaden a sa physionomie particulière comme Cheltenham et Clifton en Angleterre. L’eau potable vient actuellement de la montagne, véritable progrès pour une localité qui manquait d’eau douce.
Le nombre des étrangers s’est accru prodigieusement ces dernières années ; du temps des jeux on en comptait 50,000, leur nombre s’élève à 80,000 par année; hâtons-nous d’ajouter qu’il n’y a pas 10,000 baigneurs. La mode et les agréments qu’on y trouve y attirent l’aristocratie allemande. En un mot, Wiesbaden est devenu ce que les Anglais appellent Place of Resort. Dans ce développement extraordinaire la question de climat a joué un grand rôle.
Climat. — La latitude, 50e degré, est celle des côtes de la Normandie. L’altitude dépasse 100 mètres. Ce seraient là les conditions d’une région froide, s’il n’y avait pas la double question d’abri et d’échauffement du sol ; la ville au pied du Taunus occupe une espèce de bassin fermé au nord par les hauteurs de la Platte (500 mètres); à l’est par le Bierstadterberg (200 mètres) ouvert seulement au sud et un peu au sud-ouest ; ajoutez à ce cercle protecteur les bois du Taunus. D’autre part, la présence des sources thermales élève de 2 à 3 degrés la température de l’intérieur de la ville.
La moyenne annuelle est d’environ 11° G. comme à Paris; la moyenne hibernale de 4°, un peu supérieure à celle de Paris ; la moyenne estivale 18° C. Les variations diurnes par rapport à l’heure de midi ne dépassent guère 6 à 8 degrés, fait tout différent de ce qui se passe dans
WIESBADEN. — sources.
les bains de montagne. Les variations du baromètre se tiennent dans des limites moyennes. Les vents d’ouest dominent, rarement violents ; on compte un peu plus d’un tiers de jours pluvieux. Chaleurs pénibles l’été, beaux jours en automne.
L’hiver est ici plus doux que dans la plupart des villes d’Allemagne. Pendant les cinq mois les plus froids on compte à peine trente journées de réclusion pour les malades ; la neige ne tient pas et d’ailleurs les hôtels sont organisés pour le séjour d’hiver.
Il y a déjà longtemps qu’il avait été question d’une cure d’hiver ; la douceur particulière du climat avait frappé les médecins; la végétation des magnolias, des châtaigniers, des amandiers, démontrait l’influence des abris naturels. Cependant la cure d’hiver n’a pris son extension que dans ces dernières années. L’exagération s’en mêlant comme toujours, le mot de Nice allemande a été prononcé.
Soürces. — Le terrain d’où sortent les sources de Wiesbaden est constitué par les schistes du Taunus ; à côté des schistes se trouvent les couches tertiaires de la plaine. Ces sources appartiennent au groupe remarquable d’eaux salées sortant des mêmes strates schisteuses le long de la chaîne, telles que Nauheim, Soden, Kronthal, Homburg, etc. ; celles de Wiesbaden sont les plus chaudes et s’orientent selon une ligne N.E. à S.O. L’issue d’eaux salées fortes de terrains aussi anciens que les schistes sus-nommés est une exception dans la loi d’origine ; ces eaux viennent plus généralement du trias. Néanmoins nous devons rappeler que des études géologiques plus complètes ont démontré la présence du chlorure de sodium dans les terrains de tous les âges.
Les sources sont au nombre de 25 à 30 ; rien de plus fastidieux que l’étude particulière de ces filets venant d’une nappe commune, présentant la même constitution et ne différant que par le degré thermométrique. — Le Kochbrunnen, fontaine principale, est au centre de la ville, dans le voisinage de la trinkhalle ; elle s’annonce par un jet de vapeur fumante; elle brûle les doigts plus encore que le palais. Sa température, près de 69° C, atteint presque celle du Sprudel de Carlsbad. Son débit, 500 litres à la minute, a permis de l’utiliser pour les bains. Deux nouvelles buvettes ont été récemment établies, avec un certain luxe, sur la promenade et à la nouvelle colonnade, en dérivant l’ancienne source de Schützenhof, laquelle n’a que 50°. Les autres filets d’eau chaude compris entre ces deux températures alimentent les bains des hôtels. Le débit total est de 1800 litres à la minute, soit 2400 mètres cubes, même chiffre qu’à Téplitz en Bohême.
Il n’y a donc pas à ménager l’eau; les bains des hôtels sont trèsnombreux et répondent aux besoins actuels. Il y aurait de quoi alimenter des piscines, si l’on venait à construire quelque grand établissement de bains.
A Wiesbaden la cure est très-variée : boisson le plus généralement au Kochbrunnen, le plus souvent le matin à jeun, soit à petites doses, méthode dite altérante ; soit à doses plus élevées, méthode purgative ;
WIESBADEN. — action physiologique.
bains le matin ou la journée à la température de 34 à 36° C, durée 1/4 d’heure à 1 heure ; douches et bains de vapeurs.
Les méthodes accessoires ont pris un grand développement ces dernières années : bains russes et bains turcs, bains résineux, bains électriques, air comprimé, hydrothérapie, etc. Deux établissements hydrothérapiques bien installés, Dietenmühle et Nérothal. Enfin la cure de lait, de petit-lait et de raisins.
La cure de raisins instituée depuis 1875 trouve sa place en automne entre les cures d’été et d’hiver ; une des sections de la colonnade y est affectée. Les raisins arrivent des bords du Rhin, du Tyrol et de l’Italie, surtout depuis la ligne du Saint-Gothard. Beaucoup de malades viennent après les bains de mer. Consommation 20,000 livres par jour.
L’analyse des sources a été faite par Frésénius, c’est-à-dire dans les meilleures conditions, puisqu’il opérait au lieu même4 de sa résidence. Elle ne nous arrêtera qu’un instant, parce qu’elle donne peu de lumières sur le mode d’action.
Le Kochbrunnen pris pour type est une eau salée de moyenne densité, 1006,6, correspondant à plus de 8 millièmes de parties fixes; principaux éléments : chlorure de sodium, 6,83; autres chlorures 0,82 ; carbonate calcaire 0,42; absence presque totale de sulfates; silice 0.06; très-peu de fer, etc. Acide carbonique libre 1/5 de volume. Walchenera trouvé de l’arsenic.
Évidemment il n’y a que deux points à considérer, le chlorure de sodium et la température. Nous les rangerons parmi les eaux salées chaudes. L’action sur l’organisme est corrélative à ces deux facteurs principaux.
Action physiologique. — ■ L’action physiologique a été bien étudiée par Charles Braun, dont les expériences et les conclusions sont reproduites dans la plupart des ouvrages d’hydrologie 'classiques, entre autres Petrequin, Seegen, J. Braun, Valentiner, etc.
C. Braun distingue les effets produits par les petites doses, 1/4 de litre à 1/2, les doses moyennes, 1/2 à 1 litre, les fortes doses, au-dessus de 1 litre. Pour plus de simplicité nous nous bornerons aux deux divisions classiques des méthodes altérante et purgative.
1° Méthode altérante. — ■' L’eau du Kochbrunnen, à petite dose et à dose fractionnée, bue le matin à jeun, excite les glandes de la cavité buccale par sa saveur salée, augmente l’appétit et favorise la digestion ; il est connu que le sel, par son introduction dans l’estomac, provoque la sécrétion du suc gastrique. Les selles sont plutôt retardées, et la température du liquide est elle-même une cause de constipation. En général les sécrétions des diverses muqueuses sont augmentées. L’urine, un peu plus abondante, renferme plus de sel, d’urée et d’acide urique. L’introduction du sel marin dans l’économie parvoie d’absorption lui permet d’agir à titre d’altérant ; il liquéfie les substances protéiques et sollicite les contractions des parois vasculaires, vertus dites résolutives. D’autre part il relève le chiffre des globules sanguins, vertus dites reconstitutives.
WIESBADEN. — indications.
2° Méthode purgative. — L’application de cette méthode est d’autant plus franche que l’eau est plus rafraîchie. La synergie sécrétoire des glandes du tube digestif et de ses annexes amène des selles molles et de plus en plus liquides et les fèces sont plus salées ; après les évacuations sensation de vide stomacal et besoin de réparation. On observe les effets mentionnés plus haut sur les sécrétions des autres muqueuses et sur la sécrétion urinaire, pourvu que la purgation reste modérée. Si l’eau est bue à sa température native ou quelques degrés au-dessous, le tube digestif est moins influencé que la peau et, l’exercice aidant, il survient de fortes transpirations. — Les menstrues sont hâtées et plus abondantes.
La méthode purgative, bien dirigée pendant quelques semaines, entretient les fonctions digestives et nutritives, renouvelle les matériaux de l’économie ; le volume du corps diminue surtout aux dépens de la graisse. Une mauvaise direction, l’abus de l’eau minérale, peuvent produire de l’anorexie, des vomissements, de la diarrhée, du ténesme, du gonflement abdominal, enfin des symptômes d’entérite avec amaigrissement et pertes des forces. Ces accidents sont plus rares à Wiesbaden qu’aux eaux salées fortes. Ces dernières, quand elles sont en même temps fortement gazeuses, produisent aussi des accidents congestifs que j’ai signalés dans mes études sur Kissingen, Homburg, Nauheirn, etc.
L’action physiologique des bains s’explique presque entièrement par leur température; cependant ils augmentent la sécrétion urinaire et la proportion de l’urée.
Indications. — Il faut faire un choix parmi les indications trèsnombreuses ; elles se rapportent à la médication par les eaux chlorurées sodiques chaudes .
Les catarrhes de l’estomac et de l’intestin, même avec quelques signes d’irritation, les auteurs ajoutent même en. présenee d’ulcérations ; la constipation habituelle par atonie ; les hémorrhoïdes dont le flux se règle. Une remarque générale, c’est que Wiesbaden convient aux organes digestifs impressionnables. La pléthore abdominale, Unterleibstasen, diminue notablement par le régime purgatif et peut se juger soit par des sécrétions séro-sanguinolentes, soit par un flux hémorrhoïdal ; mais dans les cas sérieux il faut aller aux eaux de Bohême. Carlsbad et Marienbad sont également mieux indiqués dans les maladies du foie ; il n’en est pas moins vrai que les médecins anglais et hollandais adressent à Wiesbaden des malades venant des Indes. Dans ce cas il faut joindre à la boisson des bains tempérés et prolongés et des douches sur la région du foie.
Des indications moins directes se rattachent aux catarrhes des muqueuses de la respiration, des muqueuses vésicales et utérines. C’est à titre d’eaux salées chaudes et de minéralisation moyenne qu’on prescrit la boisson dans les affections chroniques des voies respiratoires, et le même fait se reproduit à Baden-Baden ; certaines lésions des voies urinaires réclament un mode d’administration qui produise la diurèse. Les
WIESBADEN. — indications.
affections utérines peu profondes peuvent trouver un remède dans le réveil et la régularisation des fonctions menstruelles, la cessation du flux leucorrhéique, la résolution des engorgements. Remarquons que toutes ces maladies des muqueuses se traitent le plus ordinairement, chez nous, aux eaux sulfureuses. Si les tissus muqueux sont relâchés et les sécrétions exagérées, mieux vaut employer les eaux salées plus fortes, plus gazeuses et froides, Kissingen, Hombourg, etc. ; elles sont plus toniques-
La plupart des indications qui nous restent à parcourir rapprochent Wiesbaden des eaux thermales simples ; les rhumatismes chroniques de toute sorte et les lésions articulaires qui en dérivent, avec cette mention que les sujets faibles et irritables se trouvent ici dans leur élément, tandis que les individus plus vigoureux et capables de réagir doivent aller aux bains salés froids. Les meilleurs succès s’obtiennent dans les cas de métastase par suite de suppression de la sueur ou d’une éruption cutanée ; Bertrand avait fait cette remarque au mont Dore. Le même auteur signale, comme les médecins de Wiesbaden, la recrudescence des douleurs après les premiers bains, signe favorable. Du reste il y a quelques analogies de traitement; bains à température élevée, frictions et enveloppement, sudation au lit, etc. Les trop grandes chaleurs de l’été deviennent souvent une contre-indication en ce sens qu’elles provoquent des sueurs profuses, auquel cas il faut agir sur les reins et tonifier la peau par des applications froides. D’autre part il est précieux pour les rhumatisants d’avoir un climat doux et des bains à domicile.
Wiesbaden, sans avoir les sels alcalins d’Ems, jouit d’une ancienne réputation contre la goutte ; il s’agit de la goutte atonique plutôt que de la goutte franche, des goutteux irritables que des goutteux robustes. Les effets sont excellents lorsqu’il y a des accidents goutteux vers l’estomac et les voies digestives, c’est-à-dire en face des points délicats du traitement. La détermination du flux hémorrhoïdal est de bon augure. Il peut survenir des accès de goutte aiguë dans le cours du traitement, accident plus gênant que redoutable. Les bains chauds ne seront prescrits qu’en l’absence de tendances congestives ; de même les bains de vapeur qui se donnent de 45 à 55°. Si les sueurs deviennent trop abondantes, l’eau froide devra être employée avec plus de circonspection que chez les rhumatisants.
Dans le rhumatisme et la goutte on obtient la résolution des engorgements et des exsudats ; ces derniers peuvent avoir une autre origine que l’arthritisme.
Autres indications communes avec les eaux thermales simples : paralysies d’origine rhumatismale, toxique, suite de maladies graves ou de blessures, etc., névralgies sciatiques et autres ; souvent il est nécessaire, comme à Téplitz, d’employer des bains hyperthermaux et des douches de 50 degrés. On traite aussi à Wiesbaden les suites de blessures de guerre. Dans tous ces cas les eaux thermales simples donnent des résultats supérieurs ; elles manquent de sel, mais elles ont comme adjuvant le climat de montagne.
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Les maladies scrofuleuses trouvent ici quelques indications moins nombreuses qu’à Kreuznach, par exemple, les lésions cutanées. Hébra ne voulait point des bains de Wiesbaden dans l’eczéma. On rencontre comme à Kreuznach des ulcères scrofuleux, engorgements ganglionnaires et même suppuration des os ; tout cela sur une plus petite échelle.
Wiesbaden convient assez aux personnes âgées et affaiblies par ce fait même ; le climat fatigue les gens trop nerveux.
Nous avons en France quelques eaux chlorurées sodiques chaudes : Balaruc, Salins de Moutiers, Bourbonne, Bourbon-1’ Archambault, etc. ; parmi elles Bourbonne est celle qui se rapproche le plus de Wiesbaden par sa température et sa minéralisation. « Bourbonne ist in bezug auf « den Gehalt und die Temperatur seiner Quellen sowie auf deren Anwen- « dung das franzôsische Wiesbaden » (Julius Braun).
Peez, The minerai Wells of Wiesbaden, 1833. — Braun (C.), Monographie des eaux de Wiesbaden, 1852. — Roth (H.), Wiesbaden, ses eaux thermales salines, 1870. — Pagenstechek (A.), Wiesbaden in medicinish topographischer Beziehung, 1870. — Heymann (G.), Minerai Quellen und Winteraufenthalt in Wiesbaden, 1875, Bisclikopff-Rodrian. — Pfeiffer, Balneologische Studien, Trinkcuren über Wiesbaden, 1883.
Labat.
WILDBAD (Wurtemberg). — Station de chemin de fer depuis 1868, est à quatre heures de Stuttgart par Pforzheim ; sa situation centrale sur le continent européen le rend facilement accessible aux habitants de l’empire d’Allemagne, de l’Autriche, de la France et de l’Italie.
Julius Braun écrivait, en 1869, que Wildbad était, après Téplitz, le bain le plus fréquenté parmi les acratothermes ; il y vient plus de 6000, baigneurs non compris les touristes. En 1877, le 23 août, je lus sur la Kurliste le chiffre 5800 ; en tête les Allemands, puis les Anglais ; avant la guerre on y comptait environ 200 Français par saison.
La route de montagne de Bade à Wildbad par Gernsbach (six heures de voiture) est extrêmement pittoresque ; elle suit la vallée de la Mürg et, après Reichenthal, gagne les hauts plateaux par une longue côte, au milieu des sapins. On redescend, par Kaltenbronn, de 5 à 600 mètres pour atteindre la vallée de l’Enz où est situé Wildbad.
La vallée de l’Enz, dirigée du sud-ouest au nord-est, est un peu resserrée entre les montagnes qui la dominent de 4 à 500 mètres, ce qui contribue à lui donner un aspect sévère. A ceux qui arrivent par la route de la forêt Noire se présentent en premier lieu les promenades, Kônigsanlagen, avec de belles allées de charmes, de hêtres et de tilleuls. La petite ville, de 3600 âmes environ, se déroule du sud au nord, et sa longue rue centrale rappelle celles de Plombières ou du mont Dore. La place centrale, Curplatz, autour de laquelle se groupent les bains et les hôtels, est l’endroit du mouvement, comme la place des Thermes au mont Dore. Il n’y a de réunions le soir qu’à l’hôtel des Bains et à l’hôtel Bellevue. Plusieurs maisons sont installées à l’anglaise ou à la française ; en un mot, bain confortable et sérieux.