‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 136 sur 143 · WILDBAD. - CLIMAT ET SOL. SOURCES · texte numérisé non relu

WILDBAD. - CLIMAT ET SOL. SOURCES

Climat et sol. — Les renseignements sur le climat se trouvent dans les registres tenus pendant trente ans par le pharmacien Vogt et par Zink, depuis 1863, époque de l’établissement d’une station météorologique correspondant avec Berlin.

Situation : 48°, 45 latitude nord, environ celle de Strasbourg et de Paris. L’altitude, 450 mètres, répond à une pression barométrique moyenne de 720 mil].; moyenne annuelle près de 8°C., chiffre en rapport avec celle de Stuttgart, 10°, et celle de Paris, 11°, quand on tient compte delà différence des altitudes. La moyenne de la saison des bains est de 15°; moyenne hygrométrique 80 pour 100. Les vents d’ouest dominent et remontent en prenant la direction de la vallée ; cette direction fait que les vents du Nord ne sont pas arrêtés.

Le temps est assez beau de juin à août et les orages peu fréquents; néanmoins il y à des variations de température, ainsi que dans tous les pays montagneux quand la pluie succède à la chaleur. Les variations entre la chaleur de midi et la fraîcheur du matin et du soir se limitent à quelques degrés ; celles de 20 et 25 degrés sont exceptionnelles. Les variations hygrométriques plus tranchées se traduisent par la rosée.

J’ai trouvé la température des sources froides entre 9 et 11°, c’est-àdire notablement supérieure à la moyenne du lieu ; aux gros robinets des fontaines de la ville le thermomètre ne dépassait pas 9°.

Rien de remarquable dans la végétation, si ce n’est la présence du châtaignier ; du reste arbres communs : hêtres, frênes, bouleaux, sorbier des oiseaux, aunes, etc. ; sapins couronnant les sommets.

Le grès rouge est la roche la plus répandue ; elle se rencontre sur les hauteurs. C’est le grès de la forêt Noire, semblable au grès des Tosges et de la même époque ; grès à gros grains unis par un ciment ferrugineux, de consistance assez ferme pour servir aux constructions et au pavage. Dans celte roche se rencontrent des filons de sulfate de baryte, de fer oligiste, de manganèse, etc.; il y a aussi du rothliegende permien et de la dolomie.

Le granité a percé le grès rouge ; il apparaît dans la vallée principale et dans les vallées latérales ; tantôt à gros grains, tantôt à grains fins ; j’en ai trouvé de très-altéré aux environs d’Enzklosterlé. Ceci rappelle la disposition du grès bigarré et du granité dans la vallée de l’Argonne, à Plombières.

Sources. — Les sources de Wildbad émergent du granité : des forages peu profonds ont montré les fentes de la roche dirigées de l’est à l’ouest, et l’on a pu constater que les nappes souterraines se meuvent dans cette direction, c’est-à-dire sur une ligne allant de Bade à Liebenzell par Wildbad : d’où il semblerait logique de conclure à des rapports étroits entre ces trois sources thermales.

L’eau de Wildbad est remarquable par son abondance : 40,000 moos à l’heure, soit 1,000,000 en 24 heures ou 1200 mètres cubes, c’est-àdire moitié du débit de Téplitz, et de Bath eA Angleterre, trois fois celui

WILDBAD. - ÉTABLISSEMENTS.

du mont Dore; depuis les forages on peut la considérer comme une eau artésienne.

L’eau est très-pure et présente le reflet bleu particulier aux eaux de montagne. La température des sources varie de 33 à 38°, 34 à 37 dans les piscines, 34 aux buvettes. Elle est très-simple dans sa constitution : des bulles d’azote presque pur ; une minéralisation de 5 à 6 décigrammes par litre. D’après l’analyse de Fehling, 4858, elle contiendrait : carbonate de soude 0,10, carbonate de chaux 0,10 ; chlorure de sodium 0,24; sulfate de soude 0,04 ; silice 0,06. Ce sont les sels communs des eaux minérales.

Ici nous avons le type d’une eau thermale simple ; la minéralisation d’une eau potable, des sels inoffensifs à cette dose, aucun élément actif tels que l’iode ou l’arsenic et, jusqu’ici, point de lithine. En admiration devant cette eau si pure et si simple, Granville se demande quel est l’agent et, dès 1837, il pense à l’électricité : «It is the caloricityof the water which will probably be found to be connected with electrical forces » . Heymann et Krebs ont trouvé que l’eau de Wildbad déterminait une déviation de 75 à l’aiguille du multiplicateur, au lieu de 67 à Schlangenbad ; ce qui n’est pas plus probant que les résultats de Prôll à Gastein.

Etablissements. — Wildbad est un bain ancien : Renz, dans son livre sur la littérature relative à celte station, discute les chroniques du moyen âge et nous donne une analyse complète des monographies remontant au quatorzième siècle. La série des vieux auteurs se termine à Justinus Kerner, au commencement du siècle; il fit beaucoup pour la réputation de Wildbad.

La ville fut rebâtie après l’incendie de 1742 et la construction des thermes actuels date de 1840. Les thermes appartiennent à l’État ; bâtiment très-imposant de style romain et en grès rouge. Cour intérieure et grandes galeries de pourtour servant, au besoin, de promenoirs ; voûtes à la mauresque, très-élevées au-dessus des piscines et des baignoires. Les piscines sont au nombre de quatre, deux pour chaque sexe ; les deux principales situées au centre sont divisées par un petit mur bas ; à ces piscines se rattachent des appendices pour douches, elles sont vidées six fois par jour et contiennent plus de cent personnes à la fois. Les cabinets de bains séparés sont disséminés autour des piscines et sur divers points de l’établissement; il y en a une cinquantaine, y compris les douze de l’annexe, kleines Badgebaiide. Quelques-uns de ces cabinets sont assez grands pour mériter le nom de piscines de famille et cinq d’entre eux portent la désignation de bains des Princes, Fürstenbad, à cause de leur installation ; il est possible de baigner 200 personnes à la fois, soit environ 1200 personnes par jour, chiffre de la grande saison (15 juin-15 août).

Granville avait été frappé du bon ordre et de la propreté dans l’administration des bains ; on ne se baignait aux piscines qu’après un bain de propreté. Aujourd’hui les dispositions intérieures sont encore améliorées

WILDBAD. — indications.

et laissent peu à désirer. Nous devons signaler quelques particularités : les baignoires enfermées dans le sol ont un fond de sable, lequel repose sur la roche de granité, et l’eau thermale sort par de petites ouvertures: ce sont donc des bains à eau courante. Les galeries sont chauffées, même en plein été, s’il survient des refroidissements de l’atmosphère ; les malades peuvent être descendus directement au bain, du premier étage qui fait partie de l’hôtel, disposition évitant tout refroidissement. Le nouveau bain, Konigs Karlbad, permet de prendre des bains avec l’eau thermale rafraîchie ; on y donne des douches froides et chaudes.

Le bain des pauvres, N eue Katharinenstift, bâti en 1871 pour 50 malades, renferme quatre piscines en sous-sol et quelques cabinets pour les malades du pays peu aisés.

Les buvettes ont peu d’importance ; elles occupent la façade nord de l’établissement où les robinets coulent au-dessous du sol, à une température de 54°. La galerie couverte de l’hôtel des bains sert de promenoir aux buveurs ; dans une salle latérale se boit le lait chaud ; on vient de réorganiser la cure du lait et du petit-lait.

A Wildbad, de même qu’à Plombières, on boit si peu qu’il n’y a pas lieu de s’arrêter sur l’action de l’eau prise à l’intérieur. Les bains sont presque toute la médication, ils ne durent qu’une heure au plus par suite de la règle administrative ; et', comme ils sont généralement tempérés, les malades les tolèrent sans éprouver de symptômes physiologiques marqués. On a dit qu’ils étaient onctueux à la peau et sédatifs dn système nerveux. Granville s’étend complaisamment sur les sensations délicieuses qu’il y éprouvait. La sensation de bien-être est réelle et, pour ma part, je l’ai constatée dans tous les bains de montagne tempérés, mais rien d’onctueux à la peau. J’ai remarqué en outre que cette eau ne mouillait pas beaucoup la peau; le professeur Erb, qui était à Wildbad en même temps, a noté le même phénomène.

Indications. — Les indications relatives aux eaux thermales simples en général trouvent ici leur place; elles sont trop étendues dans l’ouvrage de Heim, bien développées dans les brochures du Dr Renz.

L’état atonique de l’organisme allgemeine Swàche des Allemands, tirant son origine d’un développement mal équilibré chez les pubères, de la débilité sénile, de pertes subies pendant l’état puerpéral, après des fièvres graves, etc.; néanmoins Wildbad ne mérite pas autant que Gastein le nom de bains des vieillards et des convalescents. Aux vraies chloroanémies conviennent mieux les eaux martiales de Schwalbach.

Parmi les maladies générales se placent, en première ligne, le rhumatisme et la goutte. Le rhumatisme aux formes variées, musculaire chronique, fût-il accompagné d’un commencement d’atrophie, articulaire chronique même au cas de complication valvulaire ; contre-indication formelle en présence d’eaux plus énergiques; arthritis deformans, pourvu qu’il n’y ait pas d’inflammation locale. La goutte vague et atonique comme à Wiesbaden ; chez les goutteux les bains activent les fonc-

WILDBAD. — indications.

tions de la peau et des reins et déterminent la résorption des produits anomaux, gonflements œdémateux, tophus, exsudats, etc., vertus résolutives qu’il ne faut pas exagérer, car elles sont ailleurs plus grandes.

Après les manifestations arthritiques viennent les névroses : les hystériques et les choréiques peuvent trouver du soulagement par les bains tempérés; diverses névralgies locales, pourvu qu’elles ne soient pas trop rebelles, auquel cas Téplitz serait plus indiqué ; avant tout les paralysies qu’on y traitait déjà du temps de Gerlach et encore aujourd’hui en grand nombre, ce dont témoignent les bâtons, béquilles et chaises roulantes.

Dans les paralysies apoplectiques il ne faut pas qu’il y ait de symptômes d’irritation ou d’inflammation, ni spasmes, ni contractures, etc. Dans les paraplégies les chances de succès dépendront de la cause du mal; il y aura indication, si elles succèdent à des fièvres graves, à des excès vénériens, au rhumatisme, aux couches laborieuses, au traumatisme de la région spinale ; de très-beaux cas de guérison sont dus à la résorption des exsudats. J’ai vu employer l’électricité concurremment au traitement thermal par Haussmann fils. L’électricité réussit bien chez les enfants affectés de paralysie essentielle. Les résultats sont moindres quand il s’agit de paralysies par intoxication et les eaux sulfureuses valent mieux. Ils sont à peu près négatifs dans le tabes dorsalis, où l’on ne peut espérer que du soulagement et un point d’arrêt dans la marche fatale. Burkhardt m’a dit n’avoir jamais observé un cas de guérison dans sa longue pratique. Les mêmes remarques ont été faites à Lamalou, à Ragatz et ailleurs. On n’est pas plus heureux en face de l’atrophie musculaire progressive. Les crampes, les contractures et en général les phénomènes spasmodiques qui ne sont pas sous la dépendance d’une lésion matérielle grave du tissu . nerveux, trouvent un grand soulagenient par le traitement balnéaire.

Wildbad se rapproche de Téplitz au sujet de quelques maladies chirurgicales : les suites de blessures où il s’agit d’éliminer les corps étrangers, de déterger les plaies, de refermer les trajets fistuleux, de faire disparaître les produits plastiques cause de troubles fonctionnels plus ou moins graves, car les exsudats d’origine traumatique produisent des désordres analogues à ceux d’origine arthritique.

Par analogie dans la nature des symptômes, les bains dont il s’agit ont été employés pour modifier les plaies et ulcères des scrofuleux; ces malades devront être envoyés de préférence aux eaux salées chaudes comme Kreuznach, Nauheim, etc.

Les indications secondaires sont très-nombreuses, mais elles ne doivent être acceptées qu’avec une critique rigoureuse, sous peine de tomber dans les énumérations banales. Un bain tempéré et à peine minéralisé pourra convenir à beaucoup de maladies cutanées, en observant toutefois qu’il ne correspondra à aucun état diathésique. Les maladies de matrice trouveront du soulagement au point de vue de l’état nerveux ou des symptômes nerveux qui les accompagnent. L’action sera plus efficace dans le cas particulier d’ exsudats rétro-péritonéaux. Le docteur

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Renz regarde l’état de grossesse et les tendances hémorrhagiques comme des contre-indications formelles.

Un auteur très-ancien, Deucer, un autre du commencement du siècle, Fricker, attribuent à l’eau qui nous occupe une vertu préservative de la gravelle et de la pierre. La tradition amène quelques malades pris du côté des voies urinaires ; ce ne sont pas les médecins qui les envoient.

Quant aux affections chroniques de l’intestin, il y en a beaucoup moins qu’à Plombières.

Si 'nous rapprochons les faits énoncés plus haut, nous pouvons dire que la cure thermale réussit contre tous les exsudats traumatiques ou de cause interne, que cette cause soit ou non diathésique. Ainsi on obtient la résolution des produits déposés dans les cavités séreuses sous la forme fibreuse. Chaque fois qu’il s’agit d’ exsudats les douches doivent venir en aide aux bains qu’il faut donner plus chauds ou plus longs; la durée de la cure doit aussi être prolongée.

Cet aperçu rapide sur les indications suffit pour constater l’importance de Wildbad. Ces thermes, très-estimés des Allemands et des Anglais et qui l’ont été longtemps par nous, prennent leur place à côté de Gastein, de Téplitz et de Ragatz’; sous le rapport de l’énergie des effets ils semblent tenir le milieu entre Gastein et Ragatz. En France les bains qui s’en rapprochent le plus sont ceux de Plombières, de Néris, d’Évaux.

La classe des eaux thermales simples constitue une des familles les plus naturelles de l’hydrologie, je dis aussi une des familles les mieux déterminées. La classification chimique les avait dissociées, et il a fallu que la clinique se révoltât pour resserrer les liens rompus si mal à propos. Ces eaux ne sont ni faibles , ni indifférentes , ni indéterminées , non plus inermes : elles sont puissantes, précises dans leurs indications. En pratique elles sont avant tout nervines et résolutives.

Gerlach, Observaliones practicæ in Wildbad, 1699. — Gesser, Historisch physicalische Beschreibung, 1745. — Hem, Wildbad et ses eaux (traduction), 1839. — Fricker, Die heilkrâfte der warmen Quellen zu Wildbad, 1840. — Borkhardt, Der Curort Wildbad, 1861. — Bekz, Literaturstudie über Wildbad, 1874. — Hasse, Bas WrHdbad und seine Ümgebungen, 1876. — Hasse, Literaturgeschichte von Wildbad, 1881.

Labat.

XAISTHÉLASSIA (ijavôôç, jaune, et êXaap. a, plaque de métal), ou xanthoma ; syn. anc. — Plaques jaunes des paupières (Rayer); Molluscum sébaceum. — Papulæ et laminæ flavæ epithelii cutis (Er. Wilson); Molluscum cholestérique (Bazin) ; Vitiligoïdea (Addison et Gull) ; Fibrome lipomatode (Virchow).

Le xanthelasma est une affection cutanée pouvant aussi se montrer sur les muqueuses des voies aériennes et des premières voies digestives, affection se traduisant par la production, dans l’épaisseur du derme, de

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taches ou de nodosités qui offrent une coloration jaune plus ou moins foncée et une structure histologique caractéristique dérivant d’un processus morbide particulier qu’on peut appeler la xanthomatose.

Historique. — Rayer est le premier auteur dont l’attention ait été attirée par la forme la plus commune de cette affection, les plaques jaunes de paupières (1835); il en a figuré un exemple dans son atlas et en donne cette courte, mais très-exacte description : « On observe quelquefois, sur les paupières et dans leur voisinage, des plaques jaunâtres, semblables pour la couleur à la peau de chamois, légèrement saillantes, molles, sans chaleur ni rougeur, quelquefois disposées d’une manière assez symétrique ».

Toutefois, cette indication si précise de l’auteur français resta remarque isolée et passa inaperçue du plus grand nombre, si bien qu’Addison et Gull, en publiant un premier mémoire (1851). sur cette dermatose, crurent décrire une maladie qui n’avait été observée ni reconnue par personne avant eux; ils lui donnèrent la dénomination de Vililigoïdea à cause de l’analogie qu’ils trouvaient à cette lésion avec une des formes du vitiligo de Willan-Bateman.

Ils en distinguèrent deux formes qui sont encore la base de la classification anatomique actuelle, le Vililigoïdea plana et le Vitiligoïdea tuberosa.

Leur mémoire avait une véritable importance, puisqu’ils en rapportaient cinq observations détaillées avec figures « très-bien réussies » (Kaposi).

Malgré cela, il fut tout d’abord peu remarqué, et jusqu’à la publication d’une nouvelle édition augmentée de leur travail (1868) peu de documents s’ajoutent à ceux que ces deux auteurs avaient réunis.

Erasmus Wilson (1863) accorda une courte mention à ces formes morbides et, les regardant d’abord comme une affection des glandes sébacées, puis de l’épiderme, leur donna le nom de Molluscum sebaceum et ensuite de Papulæ et laminæ flavæ epilhelii cutis. Ce n’est que plus tard qu’il proposa le terme de xanthelasma qui ne préjugeait plus, du moins, de la nature anatomique de l’affection.

A Pavy (1866) sont dues les premières recherches exactes sur la structure des plaques et des tubercules xanthélasmiques ; il vit que la coloration jaune résultait du dépôt de goutelettes graisseuses dans les éléments du derme.

Nous arrivons ainsi à la période où le second mémoire d’Addison et Gull achève d’attirer l’attention des pathologistes sur le Vitiligoïdea, et, rapidement, des travaux plus ou moins importants se succèdent en Angleterre et en Allemagne : ce sont ceux d’Hilton-Fagge, de William-Franck Smith, qui se sert de la dénomination de xanthoma adoptée par beaucoup d’auteurs et notamment par Hébra et Kaposi; de Murchison, de Hébra, Jany et Cohn, Waldeyer, Geissler, Hirschberg, Virchow, Manz, Geber et Simon, Kaposi, Wiekam-Legge et d’autres encore que nous aurons occasion de citer plus loin.

XANTHÉLASMA. — symptomatologie.

Deux mémoires très-complets sont cependant à signaler encore dès maintenant : 1° celui d’Utchinson (1871), reposant sur 40 observations dont 55 personnelles, travail dans lequel l’auteur s’efforce de déterminer lesrelations du xanthélasma avec certaines affections concomitantes, l’ictère et les affections du foie; 2° celui de Pye-Smith, paru en 1877.

En France, malgré la remarque de Rayer, on ne paraît pas avoir eu fréquemment l’occasion d’observer le xantbome. Bazin vit, en 1869, le premier cas avec lésions généralisées et ictère ; il appliqua à l’éruption le terme de molluscum cholestérique, parce qu’au microscope on reconnut l’existence de la cholestérine dans la matière extraite d’un des tubercules. Ce fait resta isolé.

Mais, dans ces dernières années, plusieurs observations ont pu être recueillies, dans les différents services de l’hôpital Saint-Louis et à Lyon, et sont devenues le point de départ d’excellents travaux qui ont servi à déterminer d’une façon plus complète les formes cliniques et les caractères anatomiques de l’affection.

Une observation de Lailler (Th. de Larraidv), la communication d’Hillairet à l’Académie de médecine (1878), les leçons de Besnier, puis ses annotations si judicieuses à la traduction de Kaposi, ont montré l’intérêt que présente l’étude du xanthélasma et ont suscité une série de recherches qui ont fait de cette affection une des questions les plus approfondies de la dermatologie.

De ce nombre sont les travaux d’anatomie pathologique, devenus classiques, et les revues critiques de Chambard, puis les recherches de Balzer.

De l’école de Lyon nous est venu un document important, le mémoire de Carry(1880), faisant connaître notamment une nouvelle variété de xanthome, le xanthome en tumeur.

Enfin Quinquaud s’est occupé de la physiologie pathologique de cette affection et, s’appuyant sur les modifications chimiques du sang et des tissus, a tenté une interprétation pathogénique très-séduisante de l’éruption xanthélasmique.

Symptomatologie. • — Le xanthélasma se présente tantôt sous l’aspect de taches, tantôt sous forme de petites nodosités enchâssées dans le derme ; dans quelques cas même, les progrès des lésions sont allés jusqu’à la production de véritables tumeurs.

V élément éruptif offre done un certain nombre de formes pouvant, du reste, s’observer isolément ou être réunies sur le même sujet.

C’est à cette diversité d’aspect que correspond la première division du genre, établie par Addison et Gull : 1° V. plana; 2° F. tuberosa.

11 faut y ajouter une troisième espèce et, avec Besnier et Doyon, nous admettrons, dans le genre xanthélasma, trois espèces principales: lu le xanthélasma plan ou en plaques; 2° le xanthélasma élevé ou saillant; 5° le xanthélasma en tumeur.

Chaque espèce comporte quelques variétés ; pour chacune des deux premières formes Chambard reconnaît deux variétés qui nous paraissent

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