‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 18 sur 143 · LA TÊTE · texte numérisé non relu

LA TÊTE

« Le maxillaire inférieur d’un enfant à terme peut supporter sans se rompre une traction de 25 kilogrammes. 7e conclusion. »

« La colonne vertébrale d’un enfant à terme est rompue sous un effort de 50 kilogrammes. 8e conclusion. »

2. Quel est le degré d’angustie pelvienne qui permet d’extraire un enfant vivant?

« On peut extraire un enfant vivant chaque fois que le diamètre bipariétal de la tête ne surpasse pas le diamètre antéro-postérieur du bassin d’une longueur de plus de 15 millimètres environ. 5e conclusion. » Reste une 5° question importante au point de vue du choix d’une méthode opératoire : Quel est le mode d’extraction qui exige le plus de force pour faire sortir la tête d’un bassin rétréci?

Les expériences de Budin sur les tractions exercées sur le tronc et sur celles exercées sur la tête sont un peu contradictoires ; cependant, voici ce qui semble en ressortir pour cet habile et ingénieux expérimentateur :

« A terme, dit-il (p. 101), le forceps est préférable dans les rétrécissements de 7 à 8 centimètres et demi. Sur des fœtus nés avant terme, surtout vers le huitième mois, la traction est moindre lorsqu’on fait la version, plus considérable quand on emploie le forceps. »

Dans l’expérience XVII, le rétrécissement ayant été porté à 7 centimètres et l’enfant étant de huit mois, il a fallu avec le forceps une force de 26 kilogrammes pour faire passer la tête sans lésion. L’extraction après la version n’a exigé que 10 kil. 250 gr. et a produit un enfoncement du pariétal droit qui avait été en rapport avec le promontoire. « Il semble, dit-il, que" le précepte formulé par Barnes soit exact : « quand le dia- « mètre conjugué est rétréci, la version est le complément obligé de « l’accouchement prématuré à sept ou huit mois. » Ce sont là incontestablement des éléments graves pour élucider la préférence à accorder à l’accouchement par la tête ou à celui par les pieds, mais qui ne peuvent complètement résoudre cette grave question.

Yersiox sdr la tête. — Telle fut l’influence de l’École française, que la version sur la tête fut généralement abandonnée ; une voix cependant s’éleva en sa faveur, ce fut celle deSmellie ; voici ce qu’il dit à ce sujet : « Les anciens, et quelques-uns des modernes, dit-il (Traité, p. 527), « sont d’avis que, dans tous les cas où l’enfant présente les parties « supérieures, comme les épaules, la poitrine, le col, le visage ou une « oreille, il faut le repousser et attirer la tête comme dans l’accouche- « ment naturel.... S'il était toujours possible de rétablir la tête dans sa « situation naturellé, l’accoucheur s’épargnerait par cette opération « beaucoup de fatigue, il épargnerait aussi beaucoup de douleurs à la « malade, et il sauverait l’enfant d’un grand danger. C’est pourquoi il « est bon d’essayer cette, méthode qui peut effectivement réussir lors- « qu’on est appelé avant que les membranes soient rompues.... Si la « tête est grosse, ou le bassin si étroit que l’on ait lieu de craindre qu’il « n’en résulte quelque obstacle à la délivrance de l’enfant, pourvu que

VERSION

« la femme ait bon courage et qu’elle ait encore de fortes douleurs, « on pourra sans beaucoup de difficulté venir à bout de faire descendre « la couronne de la tête.... Si l’enfant est petit, et que le bassin ne soit « point trop étroit, on aurait à se reprocher de n’avoir pas retourné « l’enfant pour le délivrer par les pieds, pendant que l’on avait la main « dans la matrice, parce qu’en pareil cas on est presque assuré de le « sauver. »

Afin de joindre l’exemple au précepte, Smellie donne trois observations de version céphalique : la première, obs. IV, art. 6, fut pratiquée en 1749, pour convertir en présentation crânienne une présentation de la face, chez une femme « qu’il avait accouchée deux fois précédemment cc après de rudes travaux, occasionnés tels et prolongés par la grosseur « de ses enfants et par l’étroitesse de son bassin. Après avoir fait re- « monter le front, il amena le vertex entre ses doigts et le pouce.... « Elle accoucha plus promptement qu’elle n’avait fait précédemment. » La Ve, Smellie eut affaire à une femme « fort étroite » qui était accouchée une première fois avec peine, et chez laquelle il constata une présentation de l’épaule : « J’avais peur, dit-il, d’exposer la vie de « l’enfant en le retournant pour le délivrer par les pieds, je pris le parti « d’essayer d’amener la tête, d’autant plus que les membranes n’étaient « pas encore rompues.... j’eus beaucoup plus de peine à diriger la tête, « d’autant qu’elle était bien plus glissante et plus grosse que dans le « premier cas.... la femme accoucha heureusement, mais ce ne fut « qu’avec beaucoup de peine et après un rude travail. »

La IIIe observation de version céphalique est la suivante (VI, p. 526) : « En 1752, dit-il, je fus appelé au secours d’une femme que j’avais délice vrée précédemment d’un enfant qui se présentait mal, mais que je « n’avais pu sauver à cause de l’étroitesse du bassin.... Les membranes « s’étaient rompues vers le matin, il était sorti en conséquence une petite

« quantité d’eaux je reconnus que l’enfant se présentait par la poi-

« trine.... je suivis la même méthode que dans les deux cas précédents, « et fis descendre le vertex : à la vérité, ce fut avec beaucoup de ce peine.... après de violents efforts et de fortes douleurs, la tête s’alcc longea et sortit enfin, après quoi cette femme se trouva heureusement cc délivrée. »

Smellie ajoute à cette observation la réflexion suivante qui prouve sa prédilection pour la version céphalique, surtout quand le bassin paraît étroit. « Il est rare qu’en pareil cas les sages-femmes appellent un accc coucheur auparavant que les membranes soient rompues ; autrement, cc lorsque l’enfant se présente mal, on aurait plus de facilité à diriger et cc à amener le vertex, lorsque le bassin est si étroit ou la tète si grosse. « qu’il y a lieu de craindre pour la vie de l’enfant, si l’on entreprend cc de le retourner pour le délivrer par les pieds. »

Il est difficile de comprendre comment de pareils conseils, et ces exemples donnés par un des maîtres les plus* éminents du siècle, aient pu avoir été oubliés si complètement que ceux qui, quarante ou cinquante

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