‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 19 sur 143 · VERSION. - V. SUR LA TÊTE · texte numérisé non relu

VERSION. - V. SUR LA TÊTE

ans après, conseillèrent de nouveau la version céphalique, ont pensé avoir évoqué la pratique d’Hippocrate ou de Celse.

A Flamant appartient incontestablement le mérite d’avoir conseillé de nouveau la version céphalique. Son titre de priorité est le Tableau synoptique des accouchements d'après une nouvelle méthode nosologique, publié en l’an VI. C’est un programme de son cours pour ses élèves, qui non-seulement conseille la version sur la tête, mais fait connaître de quelle main il faut se servir pour aller chercher la tête sur l’une ou l’autre fosse iliaque. Le maître de Strasbourg devait ignorer ce que Smellie avait écrit, car sans cela, comme président de la Thèse de Éckard soutenue le 25 pluviôse an XI, il n’aurait pas permis à son élève d’écrire la phrase suivante, p. 67 : « Le citoyen Flamant a osé le premier transgresser les « préceptes de ses contemporains, en remontant à la doctrine d’Hippo- « crate et de Moschion ; ce professeur établit en principe d 'opérer tou- « jours de préférence la version par la tête que par les pieds (sic), « puisque par ce moyen un accouchement très-difficile peut être réduit

« le plus souvent à un accouchement très-naturel puisqu’on a tou-

« jours la ressource et l’avantage inappréciable de pouvoir faire l’appli- « cation du forceps, l’instrument par excellence. » Suivent deux observations : 18 nivôse an X, procidence du bras gauche, tête ramenée au détroit, accouchement normal ; 25 ventôse même année, présentation du dos, soulèvement des fesses vers le fond de l’utérus qui fait descendre la tête qui est saisie et fixée. Accouchement normal. La même année XI, un autre élève de Flamant, Labbé, publia sur la version du fœtus dans l'accouchement une thèse où les mêmes idées du maître sont défendues.

La France ne prêta aucune oreille à la doctrine de Strasbourg, elle resta fidèle à la doctrine de Levret que Baudelocque suivait. Il n’en fut pas de même en Allemagne, où les mémoires de Wigand eurent une grande influence pour l’adoption de la version céphalique. Sans entrer dans de grands détails historiques, si intéressants qu’ils soient pour celui qui veut étudier une question à fond, nous dirons que les travaux de d’Outrepont, professeur à Würtzbourg, publiés en 1817 dans un recueil que nous n’avons pu consulter directement, et ceux de Busch, publiés en 1826, ont recommandé cette méthode, donné de judicieux préceptes pour exécuter cette opération et des règles pour en fixer les indications.

Busch et d’Outrepont empruntent à la méthode de Wigand, que nous exposerons plus bas, une action adjuvante exercée par la main placée sur les parois de l’abdomen, agissant par conséquent sur l’utérus. « La méthode (de Busch) consiste à rompre la poche, à pénétrer immédiatement au-dessus de l’occiput jusqu’à la nuque » ( Voy . fig. 52) (ici avec la main droite agissant sur la partie fœtale située à gauche), « à exercer une attraction « douce pendant l’écoulement du liquide amniotique, et à fixer la tête « dans l’ouverture pelvienne jusqu’au moment plus ou moins rapproché « où les contractions utérines exerceront elles-mêmes celte action. »

VERSION

Pendant ce mouvement la main gauche placée sur la partie droite de l’utérus où est situé le pelvis redresse l’axe du corps fœtal pour le porter dans celui du détroit supérieur. Busch ajoute : « C’est ce procédé que « j’ai suivi le plus souvent avec bonheur, je le tiens pour le plus facile « à exécuter, pour le plus inoffensif pour la mère. »

Fig. 55. \ ersioii sur la lûle par lu méthode de d’Outrepont.

« La méthode opératoire que d’Outrepont décrit d’une façon trèsrationnelle et très -claire consiste a soulever le tronc de l’enfant situé obliquement, à le redresser {Voy. fig. 33) : sous l’inftuence de ce mou-

Page 1