‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 2 sur 143 · V. NATURELLE · texte numérisé non relu

V. NATURELLE

sur quelques navires, est construit sur le même principe que celui de Boswell.

Il en est de même du capuchon ventilateur de Banner (fig. 6). A son débouché sur le toit, le tuyau d’extraction de la maison se termine par un coude mobile, entouré à distance d’une sorte d’entonnoir horizontal qui le déborde dans les deux sens. L’extrémité évasée de l’entonnoir correspond à la convexité ou partie pleine du tuyau d’extraction et se tourne toujours dans la direction du vent. L’air, qui s’engouffre dans l’entonnoir, est obligé, pour ressortir par l’autre extrémité, de franchir l’espace annulaire rétréci qui sépare les deux tuyaux. Après s’être trouvé ainsi comprimé, il se détend brusquement en arrivant dans un canal plus large et exerce alors un appel sur la colonne d’air contenue dans le tuyau d’extraction. Deux capuchons Banner qui surmontent la salle du conseil de la paroisse de Paddington, à Londres, extraient, par heure, de 152 à 169 mètres cubes d’air. On voit que leur puissance d’aspiration est assez limitée.

Fig. 6. — Capuchon ventilateur de Banner.

Le ventilateur pneumatique de Boyle, très en faveur actuellement en Angleterre, semble plus efficace. Entre autres édifices où il est appliqué, on peut citer, à Londres, la salle du Conseil à Guildhall, la grande salle de la Douane, les théâtres de la Gaîté et de la Princesse, l’hôpital de Greenwich; à Saint-Pétersbourg, la Monnaie, les manufactures impériales de papiers et de billets de banque. Dans la grande salle de la Douane, 6 aspirateurs Boyle de 0m,9i de diamètre évacuent de 5688 à 13 700 mètres cubes d’air par heure. Sur le « Castalia », navirehôpital pour les varioleux, ancré sur la Tamise, 20 appareils du même genre, mais de diamètre double, aspirent par heure 141 070 mètres cubes d’air.

Le système à siphonnement automatique de Smith (fig. 7 et 8) veut assurer l’extraction régulière et uniforme de l’air vicié, quel que soit l’état de l’atmosphère, au moyen d’un approvisionnement d’air frais qui n’a d’autre destination que d’alimenter l’appel. L’aspirateur en effet se compose de deux tubes cylindriques placés côte à côte et reliés à des tuyaux qui passent entre les planchers pour aboutir à Pair libre. L’air chaud et vicié qui monte dans le cylindre le plus grand détermine

VENTILATION. — v. naturelle.

un appel continu sur l’air froid renfermé dans le petit cylindre. Quant à l’air neuf, affecté à la respiration, il est introduit à fleur du plancher sur tout le pourtour de la pièce.

Enfin, il est un certain nombre de dispositifs auxiliaires de la ventilation naturelle qui prétendent mettre enjeu à la fois la force de propulsion et celle d’aspiration du «vent. Tels sont :

1° Les tubes en zinc placés dans les deux murs opposés, à proximité du plafond. Selon la direction du vent, une moitié de ces tubes donne entrée à l’air neuf qui sort, insensiblement, par les trous dont leurs parois sont percées, tandis que les tubes opposés servent à évacuer l’air vicié.

2° L 'appareil de Sylvester n’est autre que celui de Wuttke, moins ses soupapes et son réservoir régulateur, mais offrant en plus une gaine d’extraction surmontée d’un chapeau tournant.

5° Le siphon automoteur de Watson est un tuyau carré, simplement cloisonné de haut en bas.

4° Uappareil de Muir n’est qu’une variété du siphon de Watson, présentant deux cloisons verticales se coupant à angle droit ( Voy . art. Hôpital, t. XVII).

5° L’ appareil de Mac-Kinnell constitue une amélioration sur les précédents, qui n’ont aucune disposition pour favoriser la dissémination du courant descendant d’air frais. Il se compose de deux cylindres creux, concentriques, séparés par un espace égal à la section du tube intérieur. On fixe l’appareil au plafond. L’air extérieur arrive par le cylindre interne qui dépasse l’autre à ses deux extrémités. En pénétrant dans la pièce, l’air se trouve dirigé vers le plafond, grâce à un rebord saillant qui termine inférieurement ce cylindre et qui masque l'entrée du cylindre extérieur par lequel s’échappe l’air vicié.

Mais ces trois derniers appareils ne remplissent leur double but qu’autant que les locaux dans lesquels ils débouchent sont complètement clos ; sinon, ils se bornent à aspirer l’air intérieur. Inversement, quand toutes les ouvertures de la pièce sont fermées et le feu dans la cheminée un

* A, tuyau d'extraction pour l’air chaud ou vicié ; B, tuyau d’introduction pour l’air frais ; C, chambre à air; D, canal d’air frais; E, plaque de support de l’appareil; F, ligne du plafond.

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peu vif, ils ne servent qu’à apporter l’air nécessaire pour alimenter le

foyer.

Un autre défaut qui leur est commun, c’est qu’ils introduisent l’air neuf, à la température extérieure, ce qui restreint singulièrement leurs services. Enfin, comme le vent souffle par saccades, il en résulte que l’afflux d’air est intermittent et se produit sous forme de bouffées désagréables. C’est à ces divers inconvénients que Wuttke a voulu remédier.

En résumé, la force du vent est trop instable dans les conditions ordinaires de nos habitations pour qu’on puisse beaucoup y compter. En revanche, elle reprend toute son importance dans la ventilation des habitations mobiles, telles que navires et voitures de chemins de fer.

Le système de Bœlim (fig. 9) est basé en même temps sur l’inégalité naturelle des températures intérieure et extérieure et sur les mouvements de l’atmosphère libre. Deux espèces de canaux verticaux sont ménagés dans les murs. Les uns, dans les murs de refend, s’étendent depuis le sol jusqu’au toit et sont munis d’orifices au niveau du plancher et du plafond de chaque pièce : ce sont les canaux de toiture. Les autres, placés dans les murs de façade, n’ont que la hauteur de la pièce à ventiler. Ce sont les canaux d'étage qui, à leur extrémité inférieure, s’ouvrent à la fois à l’intérieur et à l’air libre, tandis qu’à leur extrémité supérieure ils n’ont d’ouverture qu’au dedans de la pièce, c’est-à-dire au plafond.

Les orifices de tous ces canaux sont pourvus de registres. Un anémomètre, visible de l’intérieur, est installé dans les deux espèces de canaux afin de pouvoir constamment vérifier la direction des courants d’air et leur intensité. Durant la période de chauffage, les canaux d’étage restent

. * A; canaux d’étage; B, canaux de toiture; C, poêle ; D, prise d’air du poêle, se faisant directement

à l’extérieur.

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fermés. L’air extérieur afflue par la voie la plus courte dans le manteau d’un poêle à double enveloppe ; après s’être échauffé, il se répand dans le haut de la pièce. Une fois qu’il a servi et s’est refroidi, il s’échappe par l’orifice inférieur, seul laissé ouvert, du canal de toiture. Quand on ne chauffe plus, et tant que la température de la salle dépasse celle de l’extérieur, l’air frais entre dans le canal d’étage par son orifice inférieur, monte le long de ce canal et afflue dans la pièce au niveau du plafond. Il est ensuite évacué par l’orifice supérieur du canal de toiture. Enfin, lorsqu’au gros de l’été la température extéi’ieure l’emporte sur celle du dedans, l’air neuf entre par l’orifice supérieur du canal de toiture et du canal d’étage et s’échappe ensuite directement au dehors par les orifices inférieurs de ce dernier.

Le système de Bœhm, qui réalise la ventilation indépendante de chaque salle, a été appliqué à la Maternité et à l’hôpital israélite de Vienne, à l’annexe de l’hôpital général de Munich et à l’hôpital de la Compagnie minière de Mansfeld, à Eisleben. Il assure en moyenne un renouvellement de 40 à 80 mètres cubes d’air par heure et par lit. Mais ses partisans eux-mêmes se résignent, pendant l’été, à venir à son secours, soit pour L’introduction de l’air frais, en ouvrant le haut des fenêtres, soit pour l’évacuation de l’air vicié, en activant l’appel des canaux par des becs de gaz ou même, comme on l’a fait dans les salles de chirurgie de l’hôpital israélite, par un aspirateur mécanique.

Braun, en effet, a trouvé que le système fonctionne mal, dès que la température extérieure dépasse 5 degrés au-dessus de 0. Weiss a même vu se produire des courants rétrogrades, parce que l’air n’atteint jamais dans les gaines d’évacuation la vitesse minimum de 2 mètres par seconde, indispensable pour mettre le courant ascendant à l’abri de l’influence des coups de vent et des ouvertures de portes ou de fenêtres. Enfin, Herter, considérant que la direction du courant d’air est en sens opposé, l’hiver et l’été, pense que la poussière qui s’est déposée et accumulée dans les canaux peut être ramenée dans les salles au changement de saison.

Ventilation par le chauffage. — D’après les expériences du général Morin, un feu qui brûle dans une cheminée peut procurer l’évacuation de 1200 mètres cubes d’air par heure, soit 140 mètres cubes par kilo de bois et 200 mètres cubes par kilo de houille.

Les plus simples appareils de chauffage contribuent à renouveler l’atmosphère d’une pièce, puisque leur tuyau de fumée fait appel à l’air extérieur. Mais, quand on veut que la ventilation par le chauffage produise tous ses effets, on choisit des cheminées dites ventilatrices ou des poêles à deux enveloppes qui ont le double avantage de s’alimenter d’air extérieur et de le réchauffer à leur contact avant de le répandre dans la chambre.

Comme dispositif de ventilation lié au chauffage, la soupape d'Arnott (fig. 40), qui s’adapte au conduit de fumée, près du plafond, mérite d’être signalée. Son but est de profiter du courant ascendant qui existe

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