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par manœuvres externes de Wigand peut produire la rupture prématurée des membranes quand elles sont fortement distendues, et nécessiter alors la version par manœuvres internes ; quand les eaux sont très-abondantes, la méthode de Wigand peut être appliquée quand, après la ponction, une partie du liquide amniotique s’est écoulée.
A Strasbourg, elle était enseignée par Stoltz avant qu’il fût nommé à là chaire de Flamant (1834), mais elle resta à peu près ignorée en France.
L.-J. Hubert (de Louvain) avait, en 1841, pratiqué pour la première fois la version par manœuvres externes ; en 1843, il avait essayé et réussi quatre fois, et, dit-il, ne lit plus dans ses quarante dernières années de version interne pour remédier à un vice de présentation. Malgré cela la version par manœuvres externes resta peu connue et ne fut pratiquée en France que très-exceptionnellement.
Mattéi en 1855 ne recommande que la version sur la tête, même dans les présentations du siège bien constatées, et même quand le bassin de l’enfant est déjà engagé dans le détroit supérieur; le temps pendant lequel la version doit être pratiquée est celui qui sépare le sixième mois du milieu du neuvième mois.
L’opération se décompose en 3 temps : dégager la partie engagée déjà, opérer le changement de présentation en pressant de bas en haut la partie engagée, de haut en bas la partie qu’on veut engager (toujours la tête), la fixer par des pressions sur le détroit supérieur.
Je revendiquai pour Wigand la priorité de cette méthode opératoire (Gaz. méd., 7 juill. , p. 426), et fis ressortir la supériorité de sa doctrine sur celle de Mattéi ; je montrai l’inutilité de l’opération pratiquée si loin du moment du travail, puisque la forme anormale de la matrice est la cause et non l’effet de la présentation vicieuse du fœtus, que celui-ci reprend forcément sa situation première, s’il n’est pas fixé dans la position nouvelle, comme dans la méthode de Wigand; je contestai l’opportunité de pratiquer la version céphalique dans les présentations du siège et encore moins dans celles où cette partie fœtale est engagée.
Peu après, Ed. Belin (de Strasbourg) choisit pour sujet de thèse « la version du fœtus par manœuvres externes » . Stoltz voulut bien donner pour ce travail plusieurs observations tirées de sa pratique : je traduisis une partie du mémoire de Wigand pour cette dissertation qui fut soutenue le 17 avril 1856. Je m’empressai de publier la traduction du mémoire complet que M. le professeur Stoltz voulut bien honorer d’une préface.
Cazeaux consacra à cette méthode opératoire un chapitre (1858, p. 791) dans lequel le travail de Wigand est exposé et sa méthode appréciée, ainsi que les efforts de l’École de Strasbourg pour la vulgariser et la faire prévaloir.
A dater de ce moment elle eut droit de cité en France; ou pouvait la discuter, la rejeter, mais il n’était plus permis de l’ignorer. La méthode de Wigand fut expérimentée à la Maternité de Paris par Danyau, et le
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23 décembre 1862 M. Nivert, interne, soutint une thèse (n“ 200) sur la version par manœuvres externes dans les présentations vicieuses du fœtus et donna 42 observations dont 13 personnelles où elle avait été appliquée.
Les accoucheurs de l’Allemagne et de l’Angleterre avaient toujours plus ou moins employé cette méthode ; plusieurs ont cherché à y apporter des modifications qui dans leur pensée devaient la perfectionner ou en étendre les applications.
Hohl (de Halle) publia en 1845, dans Vortrâge über die Geburt der Menschen, une modification de la version par manœuvres externes, que l’auteur reproduit en 1862 : « Nous donnons à la parturiente une position très-horizontale.... un aide maintient à pleines mains les portions latérales du fond de l’utérus et l’incline lentement du côté vers lequel la tête aura été dirigée par les manœuvres de l’accoucheur, et au moment où elle y sera arrivée l’incline à gauche, si la tête a été déviée dans la fosse iliaque gauche.
Dans ce cas, la main gauche de l’accoucheur sera appliquée au-dessus de la branche horizontale gauche du pubis où il aura senti la tête, pendant que la main droite aura été introduite dans le vagin ; l’index et le médius seront appliqués sur le moignon de l’épaule incliné du côté de la tête ; les doigts soulèveront un peu le tronc et le dirigeront vers le côté droit du bassin de la mère, dans l’intervalle des douleurs, quand les membranes sont intactes, pendant la douleur même, si les eaux sont écoulées, pendant que la main gauche appliquée au-dessus du pubis pousse la tête dans l’ouverture pelvienne. Quand le mouvement est produit, la parturiente change de position et la main est retirée du vagin; suivent quelques préceptes pour éviter la rupture des membranes pendant l’opération, « elles ne sont rompues que quand l’opération est terminée. »
Hohl ajoute à cette description, qui date de 1847, qu’en 1857 John Hardin décrit cette méthode opératoire comme nouvelle.
La même année (1857) C. Braun (de Vienne) publia un procédé de version que plus tard il intitula « Méthode de version combinée de Vienne » et indiqué en 1881 dans la 2e éd. de son Lehrbuch, p. 736, comme étant en usage à la lre clinique obstétricale de Vienne depuis cette époque. Elle consiste dans les manœuvres suivantes : « Après avoir soigneusement constaté la présentation transversale, je choisis pour opérer la main qui n’est pas de même nom (hétéronyme) que le côté dans lequel se trouve la tête (la main gauche, si la tête est dans la fosse iliaque droite ) ; je me place au même côté du lit, et au côté de la femme dans lequel se trouve le siège (c’est-à-dire à gauche dans la 2e position). Je place la femme en situation dorsale, le siégé élevé, ou je la couche sur le [côté, dans son lit ordinaire, jamais sur le lit en travers. L’accoucheur se placera toujours derrière elle, debout ou assis quand elle est couchée sur le côté. La main soigneusement graissée est introduite dans le vagin dans l’intervalle d’une douleur; la main libre'
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presse sur la tête à travers les parois abdominales et utérines et la dirige vers l’ouverture pelvienne pendant que la main introduite dans le vagin pénètre dans l’orifice dans l’intervalle d’une douleur, pour recevoir la tète dans l’orifice avec les doigts étendus en cercle à travers les parois de la poche flasque et pendante.
« Les parties fœtales qui sont en rapport avec l’orifice utérin (bras, épaules, côtes) sont mises en contact avec les extrémités des doigts et poussées par des mouvements de flexion de ceux-ci vers le côté opposé à celui où se trouve la tête ; la pression exercée par la main libre à l’extérieur devient de plus en plus énergique, jusqu’à ce que la tête soit arrivée sur l’orifice pelvien. Aussitôt que la face ou une oreille pourront être atteints, la tête sera saisie dans sa plus grande circonférence par les doigts et attirée dans l’ouverture pelvienne ou dans l’excavation. S’il y a peu de liquide amniotique, si l’orifice est dilaté, le col effacé, la tête basse, la poche sera ouverte et l’accouchement abandonné à la nature. Si le col n’est pas effacé, si la tête reste au-dessus [du cercle utérin saillant de l’orifice, si le liquide amniotique est abondant, on se gardera de rompre les membranes, car dans ces conditions la situation nouvelle du fœtus peut n’être pas fixée par l’écoulement des eaux et la version peut n’être pas regardée comme accomplie, car la tête pourra dévier encore et l’épaule s’engager de nouveau. Jamais la version sur la tête ne pourra être regardée comme terminée quand on n’aura obtenu qu’une présentation de la face au lieu d’une présentation du crâne. Après l’écoulement des eaux la main devra rester dans l’orifice jusqu’à ce que les contractions aient poussé la tête en présentation crânienne profondément dans la cavité pelvienne. »
A la suite de cette description se trouve la note suivante :
« Ilohl en 1855, Braun en 1857, ont été les premiers à recommander d’engager la tête moyennant les manœuvres combinées.... Suit la description du mode opératoire de Hohl, qui ne diffère de celui-ci qu’en ce que l’accoucheur de Halle n’introduit que 2 doigts dans l’orifice.... a
« Un procédé analogue à celui de Vienne a été décrit par Hicks en 1860 ; il ne diffère de celui de Vienne qu’en ce que la main appliquée à l’extérieur n’est pas du même nom que celui du côté où se trouve la tête. »
En 1860 parut un travail de Braxton Hicks sur une Nouvelle méthode pour pratiquer la version , appelée par l’auteur version bimanuelle. La méthode opératoire repose sur ce fait : 1° que dans la présentation transversale, dans laquelle l’abdomen du fœtus est tourné vers l’orifice, on réussit toujours, même quand l’orifice est peu dilaté, à atteindre avec un ou deux doigts le genou ou un pied; 2° que, quand le dos est dirigé en bas, un côté étant toujours plus bas que l’autre, le genou est également très-accessible par l’orifice; 3° que les premières douleurs ayant pour effet de rectifier la forme de l’utérus et la situation du fœtus, en donnant à l’axe des deux une direction verticale, une coopération légère suffit pour seconder l’effet de la nature. En conséquence l’auteur recommande de
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repousser en haut, puis sur le côté, la partie qui se présente (la tête, quand il s’agit de faire une version sur le siège dans une présentation céphalique), moyennant deux doigts introduits dans l’orifice, pendant) que la main libre à l’extérieur repousse le siège en bas dans le côté opposé de la matrtce, ou en alternant ces pressions vers le haut pratiquées sur la tête avec celles vers le bas sur le siège : on réussirait ainsi à amener dans le voisinage de l’orifice un genou qui serait saisi par les autres doigts qui en pratiqueraient l’extension, l’attireraient de façon à engager les hanches du fœtus dans l’orifice utérin.
Dans une présentation transversale l’effort à faire pour obtenir une présentation pelvienne serait naturellement bien moindre.
Le mémoire de Braxton Ilicks fut traduit en allemand et publié avec additions par Küneke à Gôttingue en 1865, sous le titre de « Les versions interne et externe combinées de J. Braxton Ilicks (Die combinirle âussere und innere Wendung). »
Siebold dit avec raison qu’il ne « voit rien de nouveau dans cette méthode ; » il pense qu’on doit rarement avoir occasion de l’appliquer.
Cette méthode particulière se trouve décrite dans les leçons sur les’ opérations obstétricales de Barnes sous le nom de méthode bipolaireet représentée comme spécimen de version podalique dans une présentation crânienne dans la traduction faite par le Dr Cordes.
Depuis la publication du mémoire de Braxton Hicks le mode de version décrit par lui porte dans les auteurs le nom de version Braxton Hicks, comme s’il en avait été réellement l’auteur ; il faut attribuer cette erreur et cette confusion aux dénominations diverses sous lesquelles la même* opération a été désignée :
1° Rectification ou version sur la tête par manœuvres internes et externes Hohl ;
2° Méthode de Vienne ;
3° Version bimanuelle par Braxton Hieks ;
4° Version combinée interne et externe (du traducteur allemand de ce mémoire) ;
5° Version bipolaire de Barnes.
Cette dernière dénomination exprime moins le mode suivant lequel agissent les mains de l’opérateur que celui de son action simultanée sur les deux extrémités (pôles) du fœtus.
Par ce qui vient d’être dit on voit qu’en France il régnait encore quelque obscurité sur cette question : aussi avons-nous vu avec une vive satisfaction le Dr Pinard publier en 1878 un livre sur cette matière. Nous n’en extrayons que les propositions qui ont trait directement à la version par manœuvres externes. Se fondant sur des statistiques importantes qui prouvent une mortalité considérable chez les enfants venus par le siège, l’auteur dit que « les efforts faits pour substituer une présentation du sommet à une présentation du siège sont légitimes et doivent être tentés dans tous les cas (p. 199).... Quand, après 8 mois de gestation, la tête occupe soit une des fosses iliaques, soit le segment inférieur de l’u-