‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 25 sur 143 · VERSION. - ÉVOLUTION SPONTANÉE · texte numérisé non relu

VERSION. - ÉVOLUTION SPONTANÉE

Le fœtus sera maintenu dans une situation normale, surtout quand on prévoit la rupture prochaine de la poche amniotique.

N’est-ce pas dans ces cas spéciaux que Ritgen a obtenu les résultats avantageux, que nous avons relatés plus haut, par la ponction des membranes, de façon à permettre l’écoulement du trop-plein du liquide amniotique, le retour de la matrice à son volume et à sa forme normales, d’où la régularisation de la présentation et la préparation de l’accouchement normal?

On comprend que ni les manipulations externes pour changer l’attitude du fœtus ni la ceinture pour la maintenir n’auront pour résultat la stabilité de l’effet désiré. La forme de la matrice est globuleuse, le volume excessif du liquide amniotique permet une mobilité du fœtus parfaite en tout sens ; manipuler et vouloir maintenir est une œuvre inutile, les seules choses utiles sont une attention rigoureuse, des pressions méthodiques lors de l’écoulement du liquide, peut-êtx-e l’écoulement lent de celui-ci.

Toutefois, il peut se présenter des circonstances intermédiaires où les choses ne se présentent pas d’une manière aussi absolue, où le fœtus peut prendre en effet telle ou telle position, et où, une fois mis dans une présentation régulière, il n’en reprend pas aussi facilement une autre ; ce sont ces cas qui sont particulièrement favorables aux manœuvres externes et au maintien dans cette position par la ceinture ; nous avons observé des cas pareils, où ils sont parvenus à maintenir le fœtus dans la présentation régulière. Ce qui peut arriver de plus favorable dans ces cas, c’est l’engagement dans l’ouverture pelvienne de la partie qui y a été amenée; une fois ce résultat obtenu, on peut espérer un travail régulier et surtout ne plus craindre les procidences, celle du cordon surtout, qui est une des conséquences les plus fréquentes du non-engagement de la partie fœtale dans l’ouverture pelvienne pour l’occuper comme une soupape, ainsi que l’a dit Nægele avec tant de justesse.

On a aussi observé de véritables versions spontanées pendant le travail, tant qu’aucune partie fœtale n’est engagée, alors que les eaux se sont écoulées depuis un temps plus ou moins long. Le mécanisme suivant lequel se fait cé changement de présentation n’est pas autre que celui de la réduction spontanée et est le résultat de la modification de la forme du sac utérin qui force le fœtus à y occuper la situation le plus en rapport avec elle. Quand pareil fait se présente, la conduite de l’accoucheur est fort simple : il faut favoriser par des pressions extérieures, par la situation donnée à la femme, l’évolution favorable qui se prépare et, si elle menace de ne pas se produire, procéder le plus tôt possible à la version podalique et faire l’extraction du fœtus.

c) Évolution spontanée. — Le fœtus engagé par l’épaule, poussé en deux dans la cavité pelvienne, peut être expulsé des voies génitales en opérant dans cette cavité une véritable version par les pieds, observée pour la première fois par Denmann en 1772, décrite par lui sous le nom d 'évolution spontanée.

Voici comment ce mouvement s’opère : l’épaule (nous supposons que

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