VERSION. - INDICATIONS
ce soit la droite) est fortement poussée vers la cavité pelvienne, pendant que la tête reste appuyée dans la fosse iliaque gauche, les contractions continuent avec énergie, tassent le corps fœtal dans le grand bassin et l’engagent de plus en plus dans la cavité pelvienne. La tête et le cou ne peuvent se mouvoir à gauche ( Voy . art. Accouchement, 1. 1, p. 265, fig. 18).
Le corps fœtal commence à être pelotonné, puis se plie en deux à la région supérieure du thorax, et c’est la partie inférieure du tronc, plus mobile que la partie supérieure fixée parle cou, qui est poussée en arrière dans la concavité du sacrum, où elle chemine pour y avancer de plus en plus pliée en deux et arriver enfin à se dégager sur la commissure vulvaire inférieure.
Une fois les extrémités inférieures sorties de la vulve, il ne reste plus à sortir que le bras gauche relevé à côté de la tête de celle-ci.
Busch, qui relate un cas pareil, en fait un tableau navrant: la femme expira peu après l’expulsion de la tête du fœtus, qui était mort depuis longtemps.
On a voulu diviser cette évolution en 6 temps : 1 . pelotonnement ; 2. engagement; 3. rotation delà tête; 4. dégagement; 5. rotation de la tête; 6. expulsion de la tête. Ce sont là, croyons-nous, des divisions artificielles qui, au point de vue pratique, n’ont absolument aucune importance.
La chose plus utile est de connaître les conditions dans lesquelles ce mode d’expulsion peut avoir lieu, et de savoir jusqu’à quel point le praticien peut y compter.
Cette expulsion du fœtus en double ne peut se faire par les seules forces de la nature que si le fœtus est mort depuis quelque temps, de très-petit volume, et si le bassin offre une capacité exceptionnellement grande.
Il ne faut donc jamais compter sur cet ensemble de circonstances favorables, mais bien avoir présent à l’esprit ce mode de dégagement, afin de le favoriser par une éviscération, ou le rendre inutile par la section du cou de l’enfant qui, suivant la judicieuse remarque de Celse, permet de retirer séparé ce qui ne peut arriver uni.
Compter sur un effort heureux de la nature dans ces cas, et en dehors des conditions que nous avons exposées, serait s’abandonner aux espérances les plus dangereuses.
Indications. — La version qui a pour objet de changer la présentation fœtale en une autre peut être entreprise pour trois motifs différents : 1° rectifier une présentation anormale qui empêche l’accouchement, pour déterminer une présentation qui le rend possible ; 2° créer un mode de présentation qui permet de terminer l’accouchement rapidement, quand les circonstances le commandent; 3° créer un mode de présentation qui dans certaines angusties pelviennes puisse rendre l’accouchement plus favorable à la mère ou à l’enfant.
1. Toute présentation anormale . impose au médecin le devoir de la changer pour donner à l’enfant une présentation normale.
Il y a des distinctions à faire quant au mode opératoire qui devra être préféré.
168 VERSION. — indications.
a) Avant le travail, ou au commencement de celui-ci, aussi longtemps que le fœtus jouit de sa mobilité normale par suite de l’intégrité de la poche amniotique, il est indiqué de faire de préférence la version céphalique par manœuvres externes, ou manœuvres externes et internes combinées : c’est en effet, quand le bassin est normal, l’opération qui est la plus avantageuse pour la mère et pour l’enfant.
b) Quand la poche vient d'être rompue, quand le fœtus a encore assez de mobilité, et si les contractions de la matrice sont dans un état tel qu’on puisse espérer la terminaison spontanée du travail, la version céphalique par manœuvres internes peut être indiquée, elle crée pour la vie de l’enfant les meilleures chances et peut être favorable aussi à la mère.
c) Si les conditions ne sont pas telles que nous venons de le dire, c’està-dire si les eaux sont écoulées, si le fœtus est plus fixé, s’il y a procidence du bras, ou s’il y a une présentation compliquée, la version podalique, avec engagement des fesses dans l’orifice pelvien, est un moyen plus sûr pour la mère et qui peut être avantageux pour l’enfant, qui se trouvera dans les conditions d’un accouchement ordinaire par le siège.
2. Quand l’accouchement est compliqué d’accidents qui imposent de le terminer rapidement dans l’intérêt de l’enfant ou dans celui de la mère, la version podalique est seule indiquée.
à) Du côté de Y enfant l’accident le plus fréquent est la procidence du cordon, qui ne crée par lui-même aucun embarras à la mère; la version podalique est indiquée dans une présentation céphalique après des tentatives infructueuses de réduction ou de maintien instable du cordon au-dessus de la tête ; si facile et si rapide que puisse être le passage de la tête à travers le canal pelvien, même à l’aide du forceps, il ne donne pas les garanties de sûreté pour la vie de l’enfant.
b) Les accidents qui, du côté de la mère, imposent la terminaison rapide du travail moyennant la version podalique, sont : des hémorrhagies par implantation vicieuse du placenta, ou par une autre cause, assez graves pour troubler profondément le jeu des organes, une éclampsie qu’on n’a pu modérer par le chloroforme ou les émissions sanguines, une rupture utérine qui suspend les contractions, dans le cas où l’enfant n’aurait pas passé en entier dans la cavité péritonéale. La conduite de l’accoucheur dans ces cas est celle-ci : favoriser le travail pour obtenir la dilatation complète, ou la perméabilité du col la plus large possible, par un tamponnement méthodique, et procéder à l’opération le plus rapidement possible en ayant égard à la faiblesse de la femme et, en cas de rupture, en procédant avec les précautions les plus minutieuses pour reconnaître le siège de la lésion et n’en pas augmenter l’étendue. Les difficultés d’extraction d’un fœtus dont la tête a été broyée par le céphalotribe ont parfois imposé la version podalique pour l’extraire ; le nouveau basiotribe la rendra probablement inutile.
5. Opération entreprise pour créer un mode d’accouchement plus favorable dans certaines angusties pelviennes.
Ces cas sont certes les plus embarrassants et les plus controversés de