VERSION. - INDICATIONS
la pratique, car plusieurs facteurs entrent en jeu et ne peuvent pas toujours être exactement appréciés d’avance. Et d’abord il faudrait pouvoir résoudre une série de questions : la tète fœtale passera-t-elle plus facilement par un bassin rétréci quand elle s’y présente par le crâne ou quand elle arrive la dernière, c’est-à-dire quand elle s’y présente par la base ?
Faut-il pour obtenir ce passage une somme de forces plus considérable dans le premier cas que dans le second ; les manœuvres d’extraction par les pieds aidées par la direction donnée à la tête, la pression externe, etc., obtiennent-elles un résultat meilleur et plus prompt que l’accommodation lente de la tête si bien étudiée et l’extraction moyennant le forceps ?
Quel est le degré de rétrécissement pelvien qui permet le passage de la tête de l’enfant vivant à terme, et quel est l’état des forces expulsives et le temps nécessaire à ce passage quand la tête passe la première?
Est-il toujours possible de mesurer exactement le degré d’angustie pelvienne, d’apprécier le degré d’ossification qui permet une accommodation plus ou moins prompte ?
Enfin le mode d’extraction sera-t-il le même pour un enfant à terme que pour un enfant pour lequel on a provoqué l’accouchement prématuré?
Énumérer ces questions auxquelles on pourrait en ajouter d’autres encore, c’est montrer les difficultés de formuler des réponses pratiques précises.
Disons d’abord qu’on ne doit pas faire de tentatives d’extraction, ni par la tête ni par les pieds, d’un enfant qui ne peut passer sans avoir été diminué de volume par un rétrécissement déterminé, et que pour le passage d’un enfant à terme il faut au moins 85 millimètres de diamètre antéro-postérieur.
Ajoutons que le plus souvent on est appelé pour terminer un accouchement auquel on n’a reconnu qu’alors un obstacle dans une étroitesse ou une déformation pelvienne. C’est donc quand le travail dure depuis quelque temps que l’homme spécial est appelé, et c’est en présence de ces cas qu’il faut se placer pour se demander quelle conduite devrat-il tenir :
Attendre aussi longtemps que le passage spontané de la tête paraît probable et sans danger pour la mère, a) Si elle paraît s’engager, attendre son accommodation, et l’extraire par le forceps, si elle a franchi le détroit, afin d’abréger le plus possible ce long travail, b) Si la tête ne se fixe pas malgré des contractions normales, il faut pratiquer la version et l’extraction. Dans le premier cas, l’enfant a des chances de survie, dans le second, elles sont petites, car il peut être nécessaire de réduire encore le volume de la tête, et dans ce cas l’action des instruments dans le canal génital est plus difficile que quand la tête vient la première, plus préjudiciable à la mère ; mais le non-engagement de la tête et sa mobilité contre-indiquent d’agir sur la tête soit pour la saisir, soit pour la perforer. Peutêtre le basiotribe de M. Tarnier trouverait-il son application pour fixer d’abord la tête, la perforer ensuite, et enfin la réduire : c’est une question