VÉSICANTS, VÉSICATOIRE. - ACTION PHYSIOLOGIQUE
est pultacé à leur face interne. Ceci nous explique la (présence, dans l’urine, de flocons fibrineux quand le vésicatoire a déterminé la production d’accidents vers les organes urinaires. Je ne crois pas devoir insister sur le mécanisme à l’aide duquel se produisent ces effets locaux ; c’est celui des actes réflexes : la cantharidine ou l’ammoniaque titillent, irritent les extrémités nerveuses sensitives, l’impression est portée aux centres nerveux du grand sympathique et de la moelle épinière, qui réagissent et engendrent l’hyperémie ; celle-ci accroît la sensibilité qui devient douleur, puis l’hyperesthésie et l’hyperémie vont s’exagérant jusqu’à produire l’inflammation. C’est ce que nous avons signalé déjà à l’article Rubéfiants, c’est ce que démontrent les recherches de Cl. Bernard ( Pathologie expérimentale, p. 386). Nombreuses sont les preuves de cette action par l’intermédiaire du système nerveux. Bien différents en cela des agents chimiques qui agissent toujours, aussi bien sur le cadavre que sur le corps vivant, les agents vésicants ont besoin du réactif vivant et sensible pour produire leur effet. On rencontre, rarement, il est vrai, des individus tout à fait rebelles à leur action et qui, par une idiosyncrasie spéciale, résistent à la cantharide; d’autres s’habituent, au moins partiellement, à cette action : ainsi Bretonneau affirme qu’un vésicatoire, placé sur une muqueuse au point même où un autre vésicatoire a été récemment appliqué, n’agit pas ; Gubler reconnaît qu’en mettant un vésicatoire à cheval sur une portion de peau saine et sur une autre déjà vésiquée quelques jours auparavant, l’effet est plus intense sur la première partie que sur la seconde; enfin Carrieu a rappelé (Gaz. hebd., 2 janvier 1880) un cas où un vésicatoire appliqué sur un membre privé de sensibilité n’y avait produit aucun effet, mais avait agi sur le point symétrique du membre opposé.
A côté de ces effets physiologiques locaux apparents d’irritation cutanée, le vésicatoire engendre d’autres effets locaux, invisibles d’ordinaire, mais que les recherches expérimentales ont fait connaître et qui constituent le but véritable que la médication révulsive se propose d’atteindre. Ces effets ne sont d’ailleurs locaux que relativement, en ce sens qu’ils sont plus prononcés dans les régions voisines du point où le vésicatoire a été appliqué, surtout quand ces régions sont en connexion nerveuse et circulatoire avec ce point ; d’autant plus prononcés encore que ces régions étaient, auparavant, plus hyperémiées. Car, si nous hyperémions une portion quelconque du derme, le reste des voies circulatoires doit forcément être anémié d’autant et cette anémie consécutive se fera principalement sentir dans les points primitivement plus hyperémiés, surtout si ces points sont, comme je le disais, en connexion nerveuse ou vasculaire avec ceux que nous gorgeons de sang. C’est ce que pouvait faire prévoir l’interprétation des connaissances physiologiques que nous tenons de Cl. Bernard, Schrœder van der Kolk, etc. ; c’est ce que démontrent directement des expériences instituées chez des animaux.
Sans entrer dans le détail de ces expériences dont les principales ont