‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 37 sur 143 · VÉS1CANTS, VÉSICATOIRE. - ACTION PHYSIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

VÉS1CANTS, VÉSICATOIRE. - ACTION PHYSIOLOGIQUE

façon prédominante sur les organes génito-urinaires, de même l’action opposée du camphre s’y fait sentir aussi de préférence ; le camphre est un sédatif du système nerveux, localisant plus spécialement ses elfets sur la partie inférieure de la moelle où aboutissent les filaments nerveux des organes du bassin : il n’empêche pas l’action de la cantharidine sur le rein, mais il l’empêchera d’avoir le retentissement ordinaire, en anesthésiant tous ces nerfs. Si le camphre appliqué sur l’emplâtre entrave la production de la néphrite cantharidienne, c’est surtout mécaniquement et en rendant moins intime le contact de l’emplâtre avec la peau; mais je crois aussi qu’administré à l’intérieur ou inhalé (ce qui a lieu quand on a camphré un vésicatoire), il entrave très-nettement les manifestations générales engendrées par le retentissement douloureux de cette inflammation cantharidienne des voies urinaires. Car tous les effets généraux de la cantharide proviennent des phénomènes réflexes, occasionnés par son action topique, tant à la peau que sur la muqueuse urinaire (Orfila), et c’est aussi ce qu’admet Gubler, dans ses Commentaires du Codex où il« explique les symptômes graves observés du côté du système nerveux dans les intoxications par la cantharide « non pas uniquement par l’action directe du poison sur l’encéphale et la moelle, mais aussi par les effets sympathiques de la violente irritation des organes digestifs et urinaires. » Peut-être aussi, puisque la cantharidine n’agit sur les voies urinaires qu’après avoir été déplacée de son cantharidinate par le liquide acide qu’elles sécrètent, pourrait-on croire que le camphre évite ce déplacement en étant lui-même mis en liberté plus facilement en sa qualité de substance volatile et séparé de son camphorate, comme toutes les essences qui s’unissent temporairement aux alcalis du sang. Enfin, sans sortir encore du domaine des probabilités, on peut croire que le camphre, agent volatil, constituerait une sorte d’antagoniste direct de cette substance odorante qui renforce l’action de la cantharidine et qui, « considérée par Beaupoil et Orfila comme le principe vraiment toxique de la cantharide, possède réellement des propriétés irritantes semblables à celle de la cantharidine, puisqu’on cite des cas nombreux d’individus qui, pour être restés endormis à l’ombre des arbres chargés de cantharides, ont inhalé par les poumons des quantités suffisantes de l’huile volatile pour qu’il en résultât, non-seulement des ophthalmies, des éternuments et des saignements de nez, mais encore des vertiges, la dysurie, l’hématurie et la fièvre » (Gubler, Comm. du Codex). En résumé, les moyens préventifs du cantharidisme urinaire consisteront tout d’abord et surtout à raccourcir autant que possible la durée de l’application du vésicatoire et, chez les personnes que l’expérience aura fait connaître comme trèssensibles aux effets des cantharides, à saupoudrer de camphre d’emplâtre cantharidien avant de l’appliquer : pour cela on emploiera de préférence la teinture éthérée de camphre que l’on verse sur la face adhésive du vésicatoire où l’évaporation de l’éther abandonne une couche uniforme et impalpable de poussière camphrée. Comme agents préventifs et curatifs on administrera, à l’intérieur, du camphre concurremment avec des alca-

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lins, ceux-ci destinés à entraver chimiquement l’action de la cantharidine sur le rein, celui-là ayant pour but d’empêcher cette action, au cas où elle se produirait néanmoins en partie, d’avoir son retentissement douloureux ordinaire sur l’organisme.

Les autres accidents du vésicatoire, bien que pouvant suivre l’emploi de tous les agents vésicants et non pas seulement de la cantharide, soht plus rares et ont une moindre importance. Les voici :

L’insuffisance ou l’excès de suppuration des vésicatoires à demeure se rencontrent surtout, la première chez les personnes âgées, le second chez les enfants : on doit alors modifier la composition des pommades épispastiques de manière à diminuer ou accroître leur activité.

Nous avons déjà parlé des fausses membranes qui apparaissent parfois sur les vésicatoires et qui proviennent d’une trop grande intensité de l’inflammation. On les combattait par les émollients, lorsque Trousseau montra qu’on pouvait les enlever en appliquant sur elles un nouveau vésicatoire, comme on avait fait primitivement sur la peau saine : la fausse membrane était soulevée par le liquide, de même que l’avait été l’épiderme ; il était facile alors de la détacher et de mettre à nu le derme sur lequel on pouvait appliquer des substances médicamenteuses actives. Comment expliquer que la fausse membrane ne reparût pas immédiatement, puisqu’elle était due à l’intensité inflammatoire et que l’on appliquait non-seulement un agent irritant, mais celui-là même qui avait provoqué cette inflammation excessive? Nous avons dit que, d’après Bretonneau et Gubler, on s’habitue partiellement à l’action des cantharides : le second vésicatoire soulevait la fausse membrane en produisant l’afflux de sérosité, mais son action était beaucoup moins irritante que celle du premier, par cela même qu’il était le second ! Peut-être aussi la production membraneuse offrait-elle plus de résistance que l’épiderme à la pénétration de la cantharidine. Si ce procédé est commode à mettre en œuvre quand on veut avoir à nu le derme, pour y appliquer des médicaments actifs, néanmoins il ne faudrait pas l’employer quand il y a, autour de la plaie, de la rougeur et une douleur vive : mieux valent alors les pansements émollients et, si on croit le vésicatoire indispensable, on doit en appliquer un autre dans le voisinage.

L’ulcération des vésicatoires est due au défaut de soin dans les pansements et à la mauvaise constitution des individus ; on doit entourer la plaie d’un linge cératé qui la limite et la panser suivant les indications symptomatiques, tout comme on le ferait pour un autre ulcère.

Des végétations bourgeonnent parfois à la surface des vésicatoires à demeure ; on les réprime et on les panse comme on le ferait sur toute autre plaie, à l’aide du nitrate d’argent, de l'alun, du sous-nitrate de bismuth, etc.

Enfin les vésicatoires peuvent, chez les personnes prédisposées, de venir le point de départ d’éruptions eczémateuses ou impétigineuses qui se développent d’abord à leur pourtour ou même à leur surface et peuvent ensuite s’étendre à une partie plus ou moins considérable de la peau.

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258 VÉSICANTS, VÉSICATOIRE. — indications et emplois thérapedtiqdes. Le premier degré de cet accident est la naissance de furoncles sur le point où a été appliqué un vésicatoire volant. Le traitement consistera dans l’emploi de moyens topiques et de médicaments internes, comme on le ferait, si l’éruption était primitive ; mais on sera désormais sobre de vésicatoires chez ces individus.

Indications et emplois thérapeutiques. — Le vésicatoire remplit les indications des médications excitante, résolutive et révulsive; nous nous bornerons, pour ce qui a trait à ces indications générales, à renvoyer aux articles correspondants de ce Dictionnaire. En revanche, nous entrerons dans quelques détails à propos des principales maladies traitées par le vésicatoire, l’emploi si fréquent de ce moyen, aussi bien que les contestations auxquelles il a donné lieu, méritant qu’on s’étende sur cette étude.

C’est assurément contre la pleurésie aiguë qu’on a le plus souvent fait usage du vésicatoire, ce qui s’explique par la ressemblance évidente entre l’épanchement accumulé dans la plèvre et l’exhalation liquide amenée par le moyen thérapeutique; cette analogie, qui sautait aux yeux, pour ainsi dire, a été, sans doute, le motif de la médication, tout comme, pour nombre de médecins, la soustraction de liquide produite par le révulsif est la cause réelle de l’amélioration. Nous verrons qu’il n’en est pas ainsi et que la soustraction de liquide ne constitue que le fait secondaire de la médication. Mais, d’abord, le vésicatoire a-t-ü réellement une action contre la pleurésie? Dauvergne (de Manosque), étudiant (Bull, de thérap., 1879) les effets et les résultats du vésicatoire, considère comme inutile et môme dangereux l’emploi de cet agent dans le traitement de la pleurésie et de la pneumonie; il croit qu’on le prescrit par simple routine et pour avoir l’air de faire quelque chose, aux yeux du malade ou de son entourage, mais non par une notion raisonnée de l’effet à produire. Cette nouvelle attaque contre le révulsif le plus usuel rappelle celles qui furent dirigées, à plusieurs reprises, contre la médication révulsive elle-même, et nous pourrions nous borner, pour en faire justice, à conseiller la lecture de l’article Révulsion, dû à la plume du savant et regretté Maurice Raynaud. Néanmoins, sans suivre pas à pas dans son argumentation, déjà contestée par plusieurs praticiens, l’ardent adversaire du vésicatoire, il nous paraît utile de réfuter ses principales assertions. Relativement aux dangers attribués à ce moyen thérapeutique, disons qu’ils sont nuis pour le vésicatoire volant lorsqu’on entoure son emploi des précautions que nous avons fait connaître. Quant au vésicatoire à demeure, son usage n’est nullement indiqué dans le traitement de la pleurésie aiguë, mais nous verrons qu’il peut avoir son utilité dans certaines maladies chroniques : chronicis morbis, chronica remedia. Or, c’est ce vésicatoire qui, entre les mains de Galippe, a provoqué des pleurésies purulentes chez des chiens sur lesquels on l’expérimentait. Certes, Dauvergne a beau jeu pour reprocher à Resnier, qui cite ces expériences, sa conclusion que le vésicatoire ne borne pas son action à la peau, mais qu’il a "un effet réel sur la plèvre

YÉSICAÎSTS, VÉSICATOIRE. — indications et emplois thérapeutiques. 259 saine, et pour faire remarquer que cette action n’est nullement à souhaiter! Mais l’application et l’entretien d’une série de grands vésicatoires cantharidés (n’oublions pas le titre du travail de Galippe : Recherches sur V empoisonnement par la poudre de cantharides. Soc. biol., 1874) sur la poitrine de chiens vagabonds et mal nourris, surmenés, doit avoir d’autres résultats, ne fût-ce que par l’absorption de la eantharidine, que ceux du vésicatoire clinique, comme l’appelle Fonssagrives en l’opposant au vésicatoire empirique accusé par Dauvergne, comme nous l’appellerons en l’opposant au vésicatoire expérimental de Galippe. L’expérimentation chez les animaux, permettant d’agir avec une énergie qui prouvera sûrement l’action d'une substance, en dénature souvent les effets : qu’on n’oublie pas la loi posée par Cl. Bernard et relative aux résultats inverses déterminés par des doses faibles ou forcées ! De ces recherches retenons ce fait : des vésicatoires appliqués chez des chiens ont irrité la plèvre jus qu’à la suppuration, et concluons, avec Besnier, qu’ils ont sur la plèvre un effet réel. Get effet a été prouvé aussi, nous l’avons vu, par des expériences de Zuelzer qui, faites dans d’autres conditions, ont montré l’anémie de la plèvre et du poumon. Comment se traduit cet effet sur la plèvre malade? Dans ce cas l’application modérée de vésicatoires, faite avec les précautions recommandées plus haut, procure une diminution de l’hyperémie inflammatoire, résultat qui est le caractère même de la révulsion et qui, loin d’être inexplicable, ainsi que le dit Dauvergne, reconnaît plusieurs motifs. 1° L’irritation modérée de la peau change les conditions de sensibilité tout autant que celles de circulation de cette enveloppe tégumentaire et agit en faisant contracter les capillaires voisins distendus, ce qui anémie les parties plus profondes : inutile de rappeler encore les expériences précitées. 2° On peut admettre aussi que la soustraction de liquide effectuée par la vésication, bien que n’étant pas opérée directement dans la cavité pleurale, contribue néanmoins à diminuer la quantité de sang accumulée dans le point malade, l’action humorale s’ajoutant ainsi à l’action sur le solide exercée par le vésicatoire. 5° Cet effet d’anémie profonde, coïncidant avec une anémie superficielle, se fait surtout sentir, ainsi que nous l’avons expliqué, aux points qui se trouvent dans un état inverse, c’est-à-dire hyperémiés. Et loin que le fait d’une même provenance artérielle du sang (intercostales) pour la plèvre et la peau soit défavorable à ce résultat, c’est une condition adjuvante, car la compensation s’opère plus facilement entre deux parties d’un même territoire vasculaire, dépendant d’un même département nerveux. Nous sommes d’autant plus étonné de la négation de cet effet, d’autant plus surpris de l’exclamation poussée par Dauvergne : « Qui a jamais pu prouver qu’en ajoutant une inflammation tout près, au-dessus même d’une inflammation morbide, on entraînerait cette dernière »? qu’il a eu le soin de reconnaître lui-même cette possibilité, au début de son mémoire ! Il émet, en effet, l’opinion que le vésicatoire -appliqué dans les cas de phlegmon diffus, de lymphangite, d’érysipèle ambulant, n’a pu agir qu’en exagérant l’inflammation : * on la limite ainsi et on la concentre sur un

260 VÉS1CANTS, VÉSICATOIRE. — indications et emplois thérapeutiques. point. » Eh bien! Quelle différence, je vous prie, quand il s’agit de la pleurésie ou de la pneumonie? N’est-ce pas en créant une inflammation à la peau, l’y fixant, l’y concentrant, que le vésicatoire pourra, je ne dirai pas enlever une inflammation pleurale, mais diminuer l’hyperémie qui accompagne cette inflammation et la limiter, la modérer ainsi? Car je ne crois pas que le vésicatoire, pas plus que tout autre agent, même plus énergique, puisse juguler une inflammation. A la période qui mérite vraiment ce nom il existe des lésions capillaires et interstitielles qui ne sauraient disparaître brusquement; mais tout autour de ces lésions et comme pour en préparer l’extension, la propagation, se trouve une zone d’hyperémie sur laquelle agira notre vésicatoire. Voilà pourquoi le vésicatoire est utile, de l’avis de tous ceux qui le préconisent, non point à l’acmé du mal, mais à son début, non point au-dessus même de l’inflammation, mais un peu à côté. C’est ce que conseillent Gubler et Besnier, c’est ce que faisaient autrefois les maîtres, Geudrin, Andral, Louis, Chomel, qui employaient le vésicatoire après une ou deux saignées. Nous avons dit comment la fièvre n’était point une contre-indication.

Il est une autre période où le vésicatoire peut encore être de mise : c’est celle de la résolution, quand celle-ci s’opère avec lenteur et eomme en hésitant, après la chute de la fièvre ; il faut alors fouetter les capillaires dilatés et parésiés, pour en commencer la désobstruetion. Sous l’influence de l’irritation cutanée et de l’hypérémie qu’elle détermine (parésie vasculaire), un phénomène inverse se passe dans les parties d’où l’inflammation s’est retirée, mais encore œdématiées, et le retrait des vaisseaux dilatés en assure la désobstruetion qui amènera la résorption de l’exsudât.

Dauvergne lui-même admet l’action du vésicatoire contre la névralgie : or que de points de contact entre la pleurésie, la pneumonie et la névralgie ou névrite intercostale ! Sans doute mieux vaudrait, ainsi que le dit M. Raynaud, pouvoir opposer, dans la révulsion, douleur à douleur, hyperémie à hyperémie, hémorrhagie à hémorrhagie ; mais, nous l’avons vu, ce sont là des faits de même ordre et qui s’accompagnent toujours, avec prédominance variable de l’un ou de l'autre. Ainsi, loin d’agir sans discernement et sans logique, nous savons pertinemment ce que nous faisons en appliquant un vésicatoire dans la pleurésie : nous faisons de la révulsion, de la transposition, de la perturbation, si vous voulez! Nous ns réussissons pas toujours, il est vrai, mais qui pourrait se flatter de saisir et de remplir exactement toutes les indications d’intensité et d’à-propos? Et quand bien même tout cela serait parfaitement conforme aux besoins de l’économie, sommes-nous sûrs que l’organisme répondra convenablement? Sommes-nous certains de l’avoir avec nous? Car c’est lui qui, en fin de compte, doit utiliser les moyens thérapeutiques que nous ne faisons que lui offrir. Notre perturbation révulsive ressemble à celle que l’on cherche à produire sur l’esprit d’une personne en proie à une sérieuse préoccupation. Voyages, musique, spectacles, conversations variées, toutes les distractions sont mises en œuvre : réussiront-elles?

VESICANTS, VÉSICATOIRE. — indications et emplois thérapedtiqdes. 2ôi C’est possible et probable, mais parfois il arrive que, livré à lui-même, l’esprit revient à sa préoccupation dont on a pu momentanément le distraire, mais que rien n’a pu effacer. Ainsi trop souvent le vésicatoire échoue et l’inflammation persiste ou même s’accroît, sans que, pour cela, nous ayons le droit de nier l’utilité des révulsifs, ni la vérité de l’aphorisme : « Duobus laboribus simul obortis, non autem in eodem loco, vehementior obscurat alterum ! » Nous n’avons pu réussir à provoquer le travail plus véhément qui devait faire disparaître le travail morbide !

Qu’on veuille bien nous pardonner cette longue discussion; elle n’aura pas été sans utilité, si nous sommes parvenu à communiquer à nos lecteurs notre foi, relativement aux services que peut rendre le vésicatoire, et à les soustraire à l’influence décourageante du doute qui tend à s’élever en médecine sur les effets des principaux agents thérapeutiques. D’ailleurs ces détails nous permettront d’être bref à propos des autres emplois.

Ces divers usages concernent surtout le traitement des inflammations des séreuses ou des parenchymes ; mais, disons-le encore, les effets du vésicatoire ne se font pas sentir sur l’inflammation faite, établie, si ce n’est pour en arrêter, modérer l’extension, et ce résultat, ils le produisent en s’adressant à la congestion périphlegmasique qui est la phase préparatoire de l’inflammation. A ce titre on pourrait dire que le vésicacatoire s’adresse à la congestion active ou paralytique, comme l’appelle Jaccoud en se basant sur la paralysie vaso-motrice qui la provoque, à la fluxion, en un mot; il est le médicament de la fluxion et des effets qu’elle engendre : inflammation, hypersécrétion, hémorrhagie active. Nous avons dit que c’est l’inverse pour les styptiques (Voy. ce mot, t. XXXIII), qui s’adressent à la congestion passive ou stase.

Les phlegmasies des séreuses autres que la plèvre ont été attaquées par le vésicatoire. A leur tête citons la péricardite où, comme dans la pleurésie, il convient après une ou deux émissions sanguines locales, sinon générales. La même pratique s’applique au traitement de l’endocardite. Le vésicatoire compte parmi les moyens employés contre la méningite, et c’est un des agents qui se sont montrés le moins inefficaces dans cette terrible affection. La localisation du rhumatisme sur les séreuses articulaires rapproche cette phlegmasie de celles de la plèvre, du péricarde ou des méninges, où, d’ailleurs, il lui arrive de se porter: on comprend, par conséquent, qu’on ait traité l’arthrite rhumatismale par les vésicatoires. Sans doute l’application d’un vésicatoire autour d’une articulation atteinte avait été tentée, mais non[d’ une manière méthodique, et ce fut Déchilly qui inaugura ce mode de traitement en France, vers 1850 ; il fut suivi, dans cette voie, par les médecins anglais, Davies, Adams, Greenhow, Jeaffresson, qui allèrent jusqu’à appliquer, simultanément ou successivement, 14 vésicatoires représentant une surface vésicante de 633 pouces carrés et obtinrent une amélioration notable des phénomènes locaux coïncidant avec une diminution marquée

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