VESSIE. - ANA.TOH1E. RAPPORTS
lignes verticales suivant les bords externes des muscles droit de l’abdomen. Le tissu cellulaire se continue entre la vessie et les pubis jusqu’au col et à la première portion de l’urèthre. A ce niveau, il rencontre les ligaments antérieurs de la vessie et la prostate; il contient un riche plexus veineux qui lui donne un aspect caverneux.
Retzius admettait que ce tissu cellulaire se prolongeait tout autour de la vessie, ce qui est vrai en partie. Grâce à cette disposition, la vessie peut accomplir facilement son ampliation dans la cavité de Retzius, ou prépéritonéale ou prévésicale. Le tissu de cette cavité peut s’enflammer spontanément et suppurer, et la cavité devient effective.
Dans cette région, la vessie affecte un rapport très-important avec le péritoine. La séreuse, après avoir tapissé la face postérieure de la paroi abdominale antérieure à laquelle elle adhère très-peu surtout à ce niveau, arrive au voisinage du pubis, se relève, passe sur le sommet de la vessie, puis sur sa face postérieure, et de là gagne la face antérieure du rectum. Mais jusqu’à quelle hauteur au-dessus du pubis descend le péritoine? Peut-on aborder la vessie en passant au-dessus de la symphyse sans le blesser? Les avis ont été partagés à ce sujet. Sappey a répondu à la dernière question par la négative. Pour lui la vessie, lorsqu’elle se distend, ne se porte pas verticalement en haut, mais exécute un mouvement de bascule, en vertu duquel sa face postérieure tend à devenir supérieure; par suite, le sommet s’incline en avant, en même temps' qu’il se porte en haut. A ce sommet s’insère l’ouraque fixé d’autre part à l’ombilic. Comme c’est un ligament non rétractile, ses deux extrémités fixes se rapprochant l’une de l’autre, il va se couder et former une anse antérieure qui deviendra d’autant plus grande que la vessie se distendra davantage. Or le péritoine se comporte de même et forme au devant de la vessie un cul-de-sac qui devient aussi de plus en plus profond. « Ce cul-de-sac, dit le professeur Sappey, descend d’autant plus bas que la dilatation det l’organe devient plus considérable », et il en conclut que l’espace sus-pubien dépourvu de péritoine, déjà restreint dans la moyenne dilatation, se réduit encore avec les progrès de la dilatation, et il condamne la pratique qui consiste à aborder la vessie par cette voie.
L’opinion de Sappey est exacte en ce qui concerne d’une part le mouvement de bascule exécuté par la vessie qui se distend, et d’autre part la formation en avant d’un cul-de-sac péritonéal de plus en plus profond. Mais il est impossible d’admettre qüe ce cul-de-sac « descend » de plus en plus. Le péritoine remonte au contraire, car le repli en question est formé par la partie de la séreuse qui tapisse la paroi abdominale antérieure et qui se décolle, de sorte que, plus la vessie s’élève, plus le culde-sac augmente d’étendue, mais plus est grand l’êspace par lequel le bistouri peut pénétrer dans la vessie sans blesser la séreuse.
C’est d’ailleurs ce que Eugène Legendre avait déjà reconnu dans ses études sur des sujets congelés ( Anatomie chirurgicale homalographique), ce que démontra encore Pouliot dès 1868. Cet espace dépourvu de péritoine est variable : il atteint parfois 3, 4,6 centimètres, d’après