‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 44 sur 143 · VESSIE. - ANATOMIE. RAPPORTS. FACES LATÉRALES · texte numérisé non relu

VESSIE. - ANATOMIE. RAPPORTS. FACES LATÉRALES

Chez la femme, les rapports de cette face postérieure sont un peu dif férents. En effet, un nouvel organe, Yutérus, auquel est annexé le vagin, vient s’interposer entre elle et le rectum, opposant la concavité antérieure de son axe à la convexité de cette face.

Le péritoine forme aussi à ce niveau un cul-de-sac : c’est le culde-sac vésico -utérin, anté-utérin ou moyen. Il descend jusqu’à environ six centimètres aussi de l’orifice anal, mais il n’atteint pas le vagin; il s’arrête approximativement à la moitié du col utérin. Pendant la réplétion, il remonte très-peu ; l’intestin grêle s’y engage, le sang d’une hématocèle ou du pus peuvent s’y collecter dans certains cas pathologiques.

Au-dessous du cul-de-sac vésico -utérin, la vessie se trouve en rapport avec une partie du col sans autre interposition qu’une mince couche de tissu cellulaire. Grâce à celui-ci, les deux organes peuvent glisser l’un sur l’autre, disposition qu’a utilisée Jobert pour la cure des fistules vésicoutérines (Voy. t. XXXVIII, p. 211). Ce rapport de la vessie avec l’utérus explique comment elle est parfois comprimée par celui-ci, fait qui se traduit par de fréquentes envies d’uriner, lorsqu’il est en antéversion ou antéflexion, lorsqu’il est le lieu de développement d’une tumeur, fût-ce même le produit de la conception. Cette proximité explique aussi la propagation du cancer de la vessie à l’utérus, et plus fréquemment encore celle du cancer de la matrice au réservoir de l’urine (Voy. art. Utérus, t. XXXVII).

Plus bas, la vessie est en rapport avec le vagin, mais ici l’union se fait sans interposition de tissu cellulaire ; elle est absolument intime, d’où la constitution d’une véritable paroi vésico-vaginale dont l’épaisseur est de sept à huit millimètres environ, paroi relativement faible par ellemême, et qui le devient plus encore par les progrès de l’âge, surtout lorsqu’il y a eu distension exagérée des parties par le passage d’un ou de plusieurs fœtus. La vessie a donc une certaine tendance à former dans le vagin une sorte de saillie ou de hernie connue sous le nom de cystocèle vaginale (t. XXXVIII, p. 74). De plus, pendant son passage à ce niveau, la tête fœtale comprime cette paroi entre elle et la symphyse pubienne; si cette compression dure trop longtemps, il se produit une gangrène plus ou moins limitée, et consécutivement une fistule vésico-vaginale, après la chute de l’eschare.

Ce rapport avec le vagin permet d’explorer, par le toucher, la vessie sur une grande étendue, de noter la consistance et la résistance de sa paroi, de découvrir même dans son intérieur la présence d’une pierre. Elle permet aussi de pratiquer la ponction de la vessie par la voie vaginale et de faire la tailk vaginale, taille facile, exempte de danger, mais obligeant à une opération ultérieure pour la cure de la fistule qui peut en résulter.

Faces latérales. — Elles n’existent réellement à l’état de surfaces que lorsque la vessie contient de l’urine.

A ce niveau, chez l’homme, le péritoine forme un cul-de-sac, en se por-

VESSIE. ANATOMIE ./RAp/oRTS ./F AÇE INFÉRIEURE Oü BASE. Ü75

tant de la vessie sur les parties lc^érâpss du bassin. Il recouvre à peine la moitié supérieure de ces faces^et sa'limite inférieure forme une courbe, oblique de haut en bas, d’avant en arrière, et concave en bas.

Au-dessous de la séreuse il existe une couche de tissu cellulaire dan& lequel chemine de haut en bas et d’arrière en avant l’uretère, qui va s’ouvrir dans la vessie un peu plus bas. Ce conduit se trouve un instant en rapport avec l’utérus au voisinage de son col : cette connexion explique pourquoi la mort survient souvent par urémie chez les femmes atteintesde néoplasme du col utérin, fait sur lequel Aran l’un des premiers a, appelé l’attention. Dans ce tissu cellulaire sous-péritonéal se trouve encore l’artère ombilicale oblitérée ; elle se dirige obliquement de bas en haut vers l’ombilic, en croisant à angle aigu le canal déférent, qui marche d’avant en arrière et se rend aux vésicules séminales situées plus

Au-dessous de ce tissu cellulaire on rencontre successivement Y aponévrose pelvienne supérieure, puis la partie antérieure du releveur de l’anus, et au-dessous Y aponévrose obturatrice et le muscle obturateur interne ; plus bas enfin et en dehors la branche montante de l’ischion.

Cne partie notable des faces latérales étant dépourvue de péritoine, on a songé à pénétrer à ce niveau dans la vessie pour éviter la blessure de la séreuse et l’incision du col. Il suffisait de sectionner le périnée latéralement en dedans de la branche montante de l’ischion. C’est ainsi que l’on opérait dans la taille dite cystotomie latérale que pratiquaient quelquefois les Anciens, que Cheselden régularisa, que Foubert appliqua non sans succès, que préconisèrent Thomas et Palucci ; opération tombée dans le plus complet discrédit et avec raison, car elle expose à la blessure d’organes importants : artère transverse, rectum, prostate, vésicules séminales, uretères.... #

Les faces latérales chez la femme n’offrent rien de spécial, sauf que la séreuse péritonéale les recouvre sur une surface un peu plus grande que chez l’homme.

Face inférieure ou base. — On sait que son étendue augmente trèsnotablement avec les progrès de l’âge par lâ formation d’un bas-fond qui n’existe pas chez l’enfant. C’est dans ce bas-fond que s’accumule l’urine chez ceux qui ne vident pas complètement leur vessie; c’est là que siègent souvent les calculs vésicaux.

Au niveau de cette base, il existe un rapport très-important avec les deux vésicules séminales, escortées des deux canaux déférents qui côtoient leur bord interne. Ces vésicules sont séparées en haut, à leur base, par un espace qui est de six à sept centimètres environ lorsque la vessie est dilatée et qui se réduit à quatre ou cinq lorsqu’elle est vide d’urine. En bas, au niveau de leur sommet, elles se rapprochent et ne sont plus séparées que par l’épaisseur des canaux déférents et éjaculateurs qui se réunissent et pénètrent presque aussitôt dans la prostate par sa base. Celle-ci envahit un peu le bas-fond vésical.

Toutes ces parties répondent en même temps à la face antérieure du

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