‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 49 sur 143 · VESSIE. - ANATOMIE. STRUCTURE. TUNIQUE MUQUEUSE · texte numérisé non relu

VESSIE. - ANATOMIE. STRUCTURE. TUNIQUE MUQUEUSE

jusque dans la portion intra-pariétale des uretères; c’est là sans doute un état pathologique.

La muqueuse vésicale est constituée par un derme défibrés conjonctives entre-croisées et mélangées de quelques fibres élastiques. Ces fibres forment ainsi une trame très-dense sur laquelle repose un épithélium pavimenteux, stratifié comme celui des uretères. Les différentes couches qui le constituent comprennent des cellules polygonales, prismatiques et cubiques : c’est ce qu’on a appelé un épithélium mixte.

Ses éléments cellulaires sont remarquables par l’irrégularité et la bizarrerie de leurs formes, ainsi qu’on peut en juger par la figure ci-jointe (fig. 44) ; jadis on regardait cet assemblage varié comme caractéristique des tumeurs malignes. Cet épithélium se desquame parfois abondamment et se dépose en épais sédiment dans les urines ; cette desquamation a lieu quelquefois par véritables lambeaux. Il peut aussi proliférer et devenir le point de départ d’une néoplasie épithéliale.

La muqueuse de la vessie contient-elle des glandes? Cette question est résolue d’une manière différente par les auteurs. Haller opinait pour l’affirmative. Les auteurs allemands Kôlliker, Virchow, Ilusehke, etc., les admettent. Ce seraient des glandes en tube, mucipares, très-petites, mais nombreuses, et ne devenant un peu manifestes que par les inflammations prolongées. Cruveilhier les considérait comme de petites glandes en grappe. Mais le professeur Sappey, malgré ses patientes et minutieuses investigations, n’a pu les voir jusqu’ici et il ne croit pas à leur existence.

Au niveau du col, l’absence de séreuse réduit à deux le nombre des tuniques. Sans revenir sur la présence de la prostate et la possibilité de la luette vésicale chez l’homme, il est bon de signaler les différences qui existent en cette région suivant les sexes. La tunique musculaire est disposée en anneau autour de l’orifice : c’est le sphincter de la vessie, décrit pour la première fois par Sappey en 1860. Plus épais en arrière, où il mesure 6 à 7 millimètres, qu’en avant, il a 10 à 12 millimètres de long et il envahit une partie du canal de l’urèthre. Il est formé de fibres lisses si bien unies entre elles qu’elles semblent former un tout homogène, dur, difficile à distinguer, chez l’homme, du tissu prostatique qui l’environne de toutes parts (Voy. les art. Urèthre et Prostate).

Par sa seule tonicité le sphincter ferme l’orifice du col, de sorte qu’il retient l’urine dans son réservoir, jusqu’à ce que la pression de ce liquide et surtout la contraction des fibres du corps l’obligent à s’entr’ouvrir et

* a, cellule volumineuse déchiquetée sur ses bords : des cellules plus petites en forme de coin et de fuseau sont attachées à ce bord; b, cellules analogues : la plus volumineuse a deux noyaux ; c, cellule plus volumineuse encore, irrégulièrement quadrilatère avec quatre noyaux; d, cellules avec deux noyaux et des fossettes (échancrures) vues de face, répondant aux dépressions du bord (Virchow, Pathologie cellulaire et Archiv fur palhologische Anatomie, Band III, tabl. I, fig. 8).

Page 1