‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 55 sur 143 · VESSIE. - PHYSIOLOGIE. RÉTRACTION VÉSICALE · texte numérisé non relu

VESSIE. - PHYSIOLOGIE. RÉTRACTION VÉSICALE

trêmement douloureuse : aussi, à peine une très-petite quantité d’urine s’est-elle collectée dans son réservoir, que le muscle vésical se contracte déjà par action réflexe et beaucoup plus brusquement que sa nature lisse ne le lui permet d’ordinaire : d’où l’apport immédiat d’un petit flot d’urine dans la région prostatique, d’où les envies d’uriner non-seulement fréquentes, mais impérieuses.

Cette théorie de Küss n’est pas admise par Guyon, qui pense que le besoin d’uriner naît seulement de la distension vésicale. Il est un fait certain, c’est que la muqueuse de la vessie, lorsqu’elle n’est pas enflammée, est à peu près insensible au contact. L’exploration avec la sonde métallique est à peine sentie ; de même des calculs volumineux et très-mobiles ne se révèlent par aucun symptôme douloureux, pendant de nombreuses années parfois, tant que la cystite n’a pas éclaté. Enfin, la muqueuse vésicale ne perçoit pas davantage le contact physique exercé continuellement sur elle par l’urine qu’elle renferme : nous ne sentons notre vessie qu’au moment du besoin d’uriner.

Aussi, pour Guyon, le besoin d’uriner est dû à la mise en action des fibres musculaires lisses. « Il en est de même pour l’intestin, dit-il, qui demande à s’exonérer, non quand les matières fécales viennent au contact du sphincter, mais lorsque ses parties inférieures ont été suffisamment remplies. Il est probable que le tiraillement des fibres lisses du col vésical est la cause déterminante du besoin d’uriner : ce n’est pas certainement au simple contact de l’urine sur la muqueuse du col qu’est dû ce sentiment... » D’ailleurs, quand ce n’est plus l’urine, mais un corps étranger quelconque (gravier, caillot de sang, peloton de mucosités) , qui cherche à franchir le col et par conséquent le distend et tiraille ses fibres, ne ressent-on pas aussi une envie d’uriner violente, pénible et impérieuse? Si, dans la cystite, les mictions sont très-fréquentes, c’est parce que la muqueuse enflammée soit du col seulement, soit de tout l’organe, est très-douloureuse à la distension.

2° Rétraction vésicale. — Lorsqu’on cède au besoin d’uriner, malgré la faible résistance offerte à ce moment par les sphincters vésical et même uréthral, l’impulsion que l’urine reçoit de la seule couche musculaire de la vessie ne serait peut-être pas suffisante pour déterminer la libre et totale expulsion du liquide. En tout cas, une force adjuvante vient se joindre à l’action vésicale : c’est la contraction des muscles de la paroi abdominale et celle du diaphragme qui pressent sur la vessie par l’intermédiaire de la masse intestinale. La miction commence donc par un léger phénomène d’effort, pendant lequel nous fermons la glotte, mais elle se continue par la seule contractilité vésicale, contractilité dans laquelle, hâtons-nous de le dire, l’élasticité entre pour une très-large part.

Vers la fin de la miction, l’intervention des muscles abdominaux est de nouveau nécessaire, car le bas-fond de la vessie, fixe et légèrement concave, surtout chez les vieillards, garderait toujours un peu d’urine, si la paroi supérieure du réservoir urinaire, comprimée par le paquet in-

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