NOUV. DIGX. MÉD. ET CHIR. XXXIX
290 VESSIE. — physiologie, rétraction vésicale.
testinal, ne venait pas s’appliquer exactement à la paroi inférieure, résultat que la seule contraction vésicale serait impuissante à obtenir. Dans certaines circonstances même, l’action du muscle vésical se trouvant supprimée, des malades'peuvent vider plus ou moins complètement leur vessie à l’aide des contractions de leurs muscles abdominaux.
Enfin, les dernières gouttes d’urine qui séjournent dans l’urèthre sont expulsées par les contractions volontaires, brusques et répétées du muscle bulbo-caverneux, dénommé pour cette raison par Alph. Guérin accelerator urinæ, et qui détermine ce qu’on a appelé le coup de piston. Mais, pour ce qui concerne le passage de l’urine dans le canal, c’est-à-dire pour la miction uréthrale, nous renvoyons à l’article Urèthre de ce Dictionnaire, où nous avons traité cette question.
En dehors de cette contractilité physiologique de la vessie, expulsant son contenu dans l’acte de la miction, il existe une série de faits présentant le plus haut intérêt pour le praticien et que les séances de lithotritie actuelle, prolongées sous le chloroforme, ont nettement mis en lumière. Nous voulons parler des contractions partielles de la vessie. Guyon a particulièrement appelé l’attention sur ce sujet, encore fort incomplet, il est vrai, mais néanmoins extrêmement important.
L’anesthésie en effet ne fait pas disparaître le pouvoir contractile de la vessie, alors même que le chloroforme est administré à dose résolutive, puisque le muscle vésical est formé de fibres lisses. C’est seulement en éteignant la sensibilité de la tunique muqueuse que le chloroforme empêche les manifestations contractiles de la tunique musculeuse. Néanmoins, dans le cours d’une séance de lithrotritie, surtout dans les vessies habituellement distendues et chroniquement enflammées ou dont on a mal à propos excité la contractilité par une injection trop considérable, ces contractions partielles se perçoivent très-facilement. Elles entravent souvent la manœuvre du lithotriteur et cachent complètement parfois des fragments ou même des calculs entiers. C’est d’ordinaire au fond de la vessie qu’elles commencent, et l’on sent la paroi postérieure s’avancer sur la ligne médiane : on a l’illusion d’une sorte de promontoire, d’éperon, séparant deux cavités latérales, qui se manifeste d’une façon intermittente. En outre, quelquefois le soulèvement du bas-fond vient s’ajouter au précédent.
Fig. 46. — schéma de la En somme, ces données de physiologie clinique, si SrcommentCiaéTCssTe°së 011 ^es transporte dans le domaine de la physiologie Yide complètement. * normale, nous apprennent que, dans une vessie qui se contracte, le diamètre antéro-postérieur et le diamètre vertical disparaissent les premiers. La figure ci-jointe (fig. 46) montre comment s’opère cette sorte d’aplatissement de la vessie. Quant au dia-
* 1 , contour de la vessie distendue du liquide : par leur propre contraction ses parois prennent successivement les positions 2,3, 4, 5 ; mais elles ne peuvent se rapprocher davantage du bas-fond que par la contraction des muscles ahdominaux, par l’effort qui les pousse dans le sens indiqué par la flèche et les amène dans la position 6 {Kbss et Mathias Buval, Cours de physiologie, 5" édition) .