VESSIE. — PHYSIOLOGIE. RÉTRACTION VÉSICALE
mètre transversal, Ilenriet, dans une série d’expériences très-intéressantes, a montré qu’il persistait à peu près intégralement, et nous verrons plus loin quelles déductions peuvent être tirées de ce fait à propos des eorps étrangers de la vessie. Suivant la comparaison deGuyon, une vessiequi se vide ressemblerait moins à un poing qui se ferme qu’à deux mains se juxtaposant et s’appliquant étroitement l’une à l’autre par leur facepalmaire. Des recherches cadavériques récentes de Tuffîer ont en effet prouvé que, sur tous les sujets examinés, la paroi postéro- supérieure de la vessie était exactement adaptée sur la paroi antéro-inférieure. Telle est également l’opinion de Sappey.
ï Pour résumer la physiologie des différents phénomènes qui viennent d’être exposés, la récente thèse (1884) de P. Geffrier explique ainsi qu’il suit le fonctionnement normal de la vessie dans ses rapports avec le sys- tème nerveux et l’axe cérébro-spinal.
La sensation du besoin d’uriner, qui a son origine à la muqueuse vésico-uréthrale, est perçue, c’est-à-dire enregistrée par les hémisphères cérébraux. Mais la volonté peut se montrer sourde à cette première invitation, et la moelle seule répond en augmentant plus ou moins la contraction des sphincters vésical et uréthral. Si pour un motif quelconque on refuse d’obéir à une seconde ou à une troisième injonction, alors la yolition entre en jeu et commande l’occlusion forcée du sphincter uréthral, déjà contracté par réflexe spinal. Lorsqu’enfin l’ordre part du cerveau, la miction a lieu et, pendant qu’elle s’accomplit, la volonté peut encore intervenir pour modérer ou au contraire précipiter le jet d’urine par l’effort des muscles abdominaux, par exemple. D’ailleurs l’incitation motrice, émanée des hémisphères cérébraux, n’a même pas besoin d’être éveillée par la perception de l’envie d’uriner t chacun sait en effet qu’if est possible d’uriner sans en avoir ressenti le besoin. En tous cas, cette incitation motrice cérébrale, quand elle se produit, fait cesser la contraction réflexe des sphincters par un de ces phénomènes d’inhibition décritspar Brown-Séquard.
On peut donc considérer dans le phénomène de la miction deux arcs nerveux : 1° l’arc spinal ou réflexe ; 2° l’arc cérébral ou volontaire.
L’arc spinal est formé par :
a) . Les nerfs sensitifs de la muqueuse uréthro-vésicale ;
b) . Les centres vésico-spinaux de Budge et de Kupressow (Voy. Nerfsde la vessie ) ;
c) . Les nerfs moteurs (plexus hypogastrique) qui, de ces centres, vont directement au muscle vésical et aux sphincters.
Quant à l’arc cérébral, il est formé par :
a) . Les nerfs sensitifs de la muqueuse uréthro-vésicale;
b) . Les cornes grises de la moelle, qui transmettent la sensation qui arrive jusqu’au cerveau par les faisceaux sensitifs du mésocéphale ;
: c). Les cellules des circonvolutions qui perçoivent la sensation et envoient l’incitation psychique delà volonté;
. d). Les cordons antérieurs de la moelle ;
292 VESSIE. PHYSIOLOGIE . ABSORPTION par la mdqdeuse vésicale.
e). Les nerfs moteurs de la vessie et des sphincters.
Absorption par la muqueuse vésicale. — C’était là naguère encore l’un des points les plus controversés de la physiologie du réservoir urinaire. La muqueuse vésicale absorbe-l-elle? Avant ces vingt dernières années, on l’admettait généralement, et Ségalas père et fils regardaient l’absorption vésicale comme au moins aussi active que celle de l’estomac. Telle était aussi, quoique à un degré moindre, l’opinion de Bérard et de Longet. Quant à Civiale, il était d’un avis contraire, ainsi d’ailleurs que sir II. Thompson, tandis qu’un autre médecin anglais, Hicks, croyait à l’absorption.
Ce sont les recherches de Küss et de son élève Susini qui, en 1867, ont commencé à jeter un jour nouveau sur cette question. Ces deux auteurs ayant nié formellement l’absorption vésicale, une discussion s’engagea à la Société de biologie, discussion dans laquelle Paul Bert apporta les résultats d’un certain nombre d’expériences en faveur de l’absorption. De son côté, Brown-Séquard rappela qu’en Italie et en Russie on injectait souvent des substances médicamenteuses dans la vessie des cholériques et qu’on obtenait ainsi les meilleurs résultats. Enfin, Gubler dit que le fait de l’absorption vésicale est incontestable, mais que celle-ci est probablement moindre que par d’autres muqueuses ou par le tissu cellulaire. Presque en même temps, Demarquay, étudiant la question sur plusieurs malades atteints de rétrécissement, notait sur 16 cas 8 fois une absence totale d’absorption et 8 fois également une absorption plus ou moins rapide, et en quantité plus ou moins grande.
Enfin, en 1871, furent publiés les travaux d’Alling, qui depuis deux ans poursuivait cliniquement et expérimentalement, sous l’inspiration de F. Guyon, la solution de cet intéressant problème. Citons, pour terminer le résumé historique de la question, la note communiquée plus récemment (1878) à l’Académie des sciences par Cazeneuve et Livon, qui est venue confirmer les résultats, aujourd’hui classiques, obtenus par Küss, Susini et Alling.
En somme, la vessie saine n’absorbe pas; son épithélium, à l’état normal, est absolument imperméable et s’oppose aux passages des liquides toxiques ou médicamenteux injectés dans le réservoir urinaire. Les substances les plus actives, telles que l’opium, la belladone, la strychnine, l’atropine, portées directement et abandonnées pendant plusieurs heures dans la vessie, n’ont déterminé aucun de leurs effets physiologiques habituels, alors que ceux-ci se produisaient presque instantanément, si l’on ingérait à l’animal en expérience ces mêmes substances par une autre voie (muqueuse digestive ou tissu cellulaire sous-cutané).
Deux causes d’erreur avaient pu laisser croire aux expérimentateurs que la vessie absorbait.
C’est tout d’abord Y urèthre, dont la muqueuse, contrairement à celle de la vessie, jouit d’un pouvoir absorbant très-évident depuis les expériences si concluantes d’Alling, expériences qu’il a pratiquées soit sur ui-même, soit sur des animaux. En effet, les substances qui -tout à