‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 58 sur 143 · VESSIE. - PHYSIOLOGIE. ABSORPTION PAR LA MUQUEUSE VÉSICALE · texte numérisé non relu

VESSIE. - PHYSIOLOGIE. ABSORPTION PAR LA MUQUEUSE VÉSICALE

l’heure restaient inertes au contact de la muqueuse vésicale provoquent très-rapidement leurs accidents toxiques ordinaires, si on les abandonne dans le canal. On comprend dès lors comment ceux qui n’avaient pas reconnu cette particularité si capitale pour le résultat arrivaient à conclure que la muqueuse de la vessie avait absorbé, tandis que la muqueuse uréthrale aurait dû seule être incriminée.

En second lieu, la vessie enflammée absorbe d’une façon très-notable. Si l’épithélium vésical est altéré ou détruit d’une manière quelconque, le passage dans l’économie des solutions toxiques ou autres déposées dans la vessie se produit plus ou moins rapidement. C’est là sans doute ce qui avait amené ces résultats contradictoires obtenus par Demarquay et signalés plus haut. Ce chirurgien expérimentait sur des malades qu’il traitait en même temps par la dilatation pour des rétrécissements de l’urèthre. Or on sait combien, en pareil cas, les complications de cystite et d’altérations vésicales sont fréquentes. Aussi il est probable que Demarquay n’a pu constater l’absorption que chez des sujets dont la vessie était malade. Dans ces conditions, un tel fait n’est point rare et l’on a vu, chez un vieillard atteint de catarrhe de la vessie, une injection intra-vésicale d’eau alcoolisée donner lieu rapidement à tous les phénomènes de l’ivresse.

Telle est également la conclusion des observations cliniques de Guyon et d’Alling et des expériences de ce dernier, lequel rendait absorbante une vessie qui ne l’était point auparavant, en y déterminant une cystite par une injection de teinture de cantharides.

C’est, à n’en pas douter, l’épithélium qui forme ainsi une barrière infranchissable à l’absorption, et cet épithélium conserve encore sa vitalité et, par suite, son imperméabilité plusieurs heures après la mort. Par exemple, si l’on injecte par une sonde du ferro-cyanure dans la vessie d’un animal, qu’on le mette à mort, qu’on découvre la vessie, et qu’on dépose un sel ferrique sur la face externe de ce réservoir, on ne verra pas se former de bleu de Prusse, preuve que les deux substances ne se sont pas mélangées. Mais, si avec un fil de fer, introduit dans la vessie par l’urèthre, on gratte ou détruit un peu la surface épithéliale, aussitôt on voit se former une tache bleue en ce point (Mathias Duval).

Dans les expériences récentes de Cazeneuve et Livon, ces auteurs ont recherché si l’urée traverse l’épithélium vésical et ils ont étudié la dialyse sur des vessies pleines d’urine, enlevées à des chiens et plongées immédiatement dans l’eau distillée. Ils ont toujours reconnu que la dialyse ne commençait que quatre heures après la mort de l’animal, à moins qu’on ne raclât la surface de la muqueuse avec le bec mousse d’une sonde. Ces faits permettent bien, eux aussi, d'affirmer que l’imperméabilité vésicale est due à la fonction physiologique propre de l’épithélium ; et il ne suffit pas, pour expliquer la non-absorption, d’invoquer l’absence d’origines lymphatiques, vu que, sous le rapport de l’absorption, les vaisseaux sanguins sont pour le moins aussi importants que les lymphatiques (Mathias Duval).

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