‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 62 sur 143 · VESSIE. - VICES DE CONFORMATION ■ EXSTROPHIE · texte numérisé non relu

VESSIE. - VICES DE CONFORMATION ■ EXSTROPHIE

C’est ainsi que de Quatrefages, puis Steiner, ont pensé que l’exstrophie était causée par des adhérences établies entre le placenta ou le chorion et la région fœtale où doit se développer la vessie. A. Jamain a cru à un arrêt de développement empêchant en avant la soudure des deux moitiés symétriques qui, d’après Serres, contribueraient à la formation de la vessie. Fôrster s’est demandé si une hydropisie de l’allantoïde ne s’opposerait pas à la réunion des parois abdominales, et alors, la vessie n’étant plus soutenue en avant, la disparition de l’allantoïde entraînerait celle de la paroi vésicale antérieure. Telle est à peu près l’opinion de Lancereaux. Quant à Herrgott, adoptant l’hypothèse de Lecouteux, il attribue l’exstrophie à l’écartement primitif des pubis ; la faiblesse de la paroi abdominale, qui en résulterait, rendrait possible une rupture complète.

Enfin dernièrement, après avoir examiné et apprécié ces diverses théories, Le Dentu a émis une opinion éclectique qui aujourd’hui paraît devoir être généralement acceptée. D’après cette théorie, il se produirait pour une cause quelconque un arrêt de développement dans les lames ventrales ; celles-ci, au lieu de se souder sur la ligne médiane, laisseraient entre elles un certain écartement, dans lequel viendrait se montrer l’allantoïde, c’est-à-dire la vessie future. « Sa paroi antérieure n’étant plus soutenue sera à nu et se présentera dans la forme d’une lame mince et fragile que le moindre choc, le moindre effort, soit de dedans en dehors, soit de dehors en dedans, pourra très-facilement déchirer et détruire » (Le Dentu).

Ordinairement, la vessie exstrophiée forme à l’hypogastre une saillie qui dépasse de quelques centimètres le plan antérieur de l’abdomen; quelquefois elle est au niveau de celui-ci et parfois même au-dessous (Herrgott). On l’a vue exceptionnellement constituer une simple fente, donnant constamment passage à l’urine (Gosselin). La tumeur est généralement un peu aplatie, à contours assez régulièrement arrondis, plus étendue en largeur qu’en hauteur, et présente un volume qui varie de celui d’une petite noix à celui d’une grosse orange. Plus elle est volumineuse, plus sa base paraît étroite et comme pédiculée. Sous l’influence de la toux, d’un effort, la saillie s’accentue, tandis qu’au contraire à la pression elle tend à se réduire, en produisant parfois un gargouillement caractéristique, dû à une anse intestinale qui s’accole souvent à la paroi postérieure de la vessie.

De couleur rosée, pouvant aller jusqu’au rouge vif, la muqueuse vésicale est tantôt lisse, tantôt plissée et tomenteuse. Presque toujours elle est plus ou moins enflammée ; elle saigne alors très-facilement et devient douloureuse au toucher. Celui-ci, pratiqué au niveau de l’embouchure des uretères, qui est toujours visible, détermine d’ordinaire un écoulement de l’urine plus abondant.

A la périphérie de la tumeur, la peau offre souvent un aspect cicatriciel remarquable : c’est peut-être là, suivant Le Dentu, cette espèce de cutisation que dans certaines conditions subissent les muqueuses à leur point de jonction avec la peau. Cependant, immédiatement au-dessus

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