VÉRATRINE. - ACTION SUR LES SÉCRÉTIONS
Chez l’homme, en dehors de l’état fébrile, le Veratrum, à la dose de 1 à 3 centigrammes, fait tomber le pouls de 30 à 40 pulsations.
4° La température suit une progression descendante un peu moins marquée. Au bout d’une demi-heure à deux heures seulement, elle descend de 2, 3 et même 5 degrés, et peut y rester vingt-quatre heures sans que la mort s’ensuive.
5° L’action hyposténisante du Veratrum viride se manifeste dès le début. L’affaissement et la prostration vont en augmentant et, quand ils ont atteint le plus haut degré, l’animal meurt.
6° Il ne survient jamais de contractions, de raideurs musculaires ou de convulsions té tani formes.
7° La teinture de Veratrum viride devient toxique chez les grenouilles à la dose de 20 gouttes; chez les lapins, à 60 et 80 gouttes; chez les chiens, à 120 et 150 gouttes.
Comme on le verra plus loin, cette substance a une action plus nette, plus marquée sur le pouls que sur le processus fébrile, elle diminue plus sûrement l’activité exagérée du cœur qu’elle n’abaisse la température centrale. Les deux observations suivantes rapportées par J. S. Lynch montrent assez bien ce que l’on peut attendre du Veratrum viride comme effets thérapeutiques :
« Une fille de 4 ans, atteinte de scarlatine, présentait une température de 41°, 9 et un pouls à 175. On administra, toutes les heures, 5 gouttes de teinture de Veratrum viride , le pouls tomba à 70 par minute, mais la température resta à 41°, 7. »
« Un" garçon de Paris est atteint d’une anasarque brightique, suite de scarlatine, toux intense, respiration haletante, 200 pulsations à la minute, traitement : injection sous-cutanée de 1 centigramme de morphine et toutes les heures 10 gouttes de teinture de Veratrum viride. Le lendemain matin, au bout de cinq heures environ, respiration presque normale, toux calmée, sommeil, et le pouls tombé à 50 pulsations à la minute. »
Le Veratrum album, médicament connu dès la plus haute antiquité, appartient à la même famille que le F. viride, il croît en Suisse, et Trousseau crut un moment que c’était la même plante que le Veratrum d’Amérique. 11 s’en distingue non-seulement par ses caractères botaniques, mais encore par une activité plus grande dans son action pharmacodynamique. D’après Oulmont, les mêmes fonctions sont atteintes, et à peu près de la même manière ; comme pour le F. viride, le système musculaire n’a été influencé ni directement ni indirectement. Les seules différences qu’il y ait à signaler sont, pour le F. album :
1° Son extrême intensité d’action sur les voies digestives, caractérisée par la violence et la ténacité des vomissements et l’inflammation intense de toute la muqueuse du tube digestif ;
2° La rapidité d’apparition de ses effets toxiques.
Les symptômes graves se succèdent rapidement et l’animal succombe en une ou trois heures. La dose de F. album qui amène la mort a été
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généralement de moitié moindre que celle du V. viride nécessaire pour
tuer l’animal.
Empoisonnement. — Tous les animaux, à quelque classe qu’ils appartiennent, vertébrés ou invertébrés, sont sensibles à l’action des Veratrum et des alcaloïdes qu’ils renferment, les doses toxiques mortelles varient nécessairement selon le sujet utilisé et selon l’alcaloïde dont on s’est servi pour l’empoisonnement.
En opérant sur un total de 68 expériences suivies de mort, Urpar a obtenu le tableau suivant qui donne une assez bonne idée de l’énergie variable des substances employées :