‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 72 sur 143 · VESSIE. - TUMEURS DE LA V. LÉSIONS CONCOMITANTES · texte numérisé non relu

VESSIE. - TUMEURS DE LA V. LÉSIONS CONCOMITANTES

nous pouvons citer depuis une douzaine d’années les cas de Rosapelly, de Sokolow, de F. Marchand, de Heath, de Podrazki,de Marcacci, et deux ou trois autres rapportés dans la thèse de Pousson, qui ne laissent aucun doute à ce sujet. Stein n’est arrivé à en réunir que cinq cas, mais, de plus, il a rencontré deux sarcomes mixtes (sarco-myomes) .

En présence de cette pénurie de renseignements, il est impossible d’entrer dans de longs détails eu ce qui concerne les sarcomes : qu’il nous suffise de dire qu’ils se présentent d’ordinaire sous la même forme que les tumeurs carcinomateuses et qu’ils évoluent d’une manière analogue.

Toutefois, avant de terminer cette description anatomo-pathologique des tumeurs vésicales, rappelons une fois de plus (car, au point de vue pratique, on ne saurait trop insister sur ce fait) que tous ces néoplasmes, aussi bien que ceux de nature bénigne (papillomes, fibromes, myomes), que ceux de nature maligne (carcinomes, épithéliomes, sarcomes), peuvent être revêtus à leur surface de prolongements villeux. La présence de ceux-ci ne devra donc entraîner aucune conviction au sujet du pronostic : la marche clinique et surtout le microscope décideront seuls de la question.

Lésions concomitantes. — Il est tout d’abord une particularité remarquable que nous devons signaler et qui est la suivante. Les tumeurs développées primitivement dans la vessie et histologiquement démontrées les plus malignes déterminent très-rarement la dégénérescence secondaire des ganglions lymphatiques lombaires et pelviens (une dizaine de fois sur les 147 cas de Féré) et l’infection générale de l’économie (six fois dans la même statistique). Faudrait-il attribuer ce fait à l’absence de réseaux lymphatiques dans la muqueuse vésicale ?

Les lésions de la vessie, quand celle-ci renferme un néoplasme, sont celles de la cystite. Comme chez les calculeux (Voy. plus haut Calculs de la vessie ), les phénomènes d’inflammation vésicale n’éclatent en général que tardivement chez les néoplasiques, et souvent à l’occasion d’une exploration intempestive à l’aide de la sonde. Nous reviendrons sur cette question en étudiant la symptomatologie.

Souvent diminuée de capacité par la présence de la tumeur et comme rétractée sur elle, la vessie est quelquefois au contraire dilatée : en tout cas, ses parois sont presque toujours épaissies et présentent une hypertrophie manifeste des faisceaux musculaires et du tissu cellulaire interstitiel, même dans les régions indemnes de toute dégénérescence.

Comme conséquence de la cystite chronique, rappelons qu’il peut se faire dans la vessie, et principalement dans les anfractuosités de la tumeur, des dépôts phosphatiques que les malades évacuent souvent sous forme de graviers ou de boue calcaires, mais qui restent parfois aussi adhérents au néoplasme.

Les lésions des reins ont ici la même importance que dans les rétrécissements, les hypertrophies prostatiques ou l’affection calculeuse, et cependant les auteurs sont presque muets à cet égard, « sans doute, dit Bazy, parce que l’altération rénale s’efface devant la gravité de la maladie

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