VESSIE. - TDMEDRS DE IA V. SIGNES PHYSIQUES
duquel on est parfois obligé de faire deux ou trois petits débridements. Lorsque, la malade étant endormie, on a atteint 2 centimètres environ, l’instrument est retiré et remplacé par le doigt qui explore à l’aise toutes les régions de la vessie.
C’est cette opération que Thompson a voulu appliquer à l’autre sexe; mais ici les différences anatomiques viennent quelque peu compliquer l’acte chirurgical. Tout d’abord le chirurgien anglais incise l’urèthre dans sa traversée périnéale : il fait cette variété d’uréthrotomie externe que les anciens chirurgiens français (Tolet, Colot, Petit, Ledran) avaient appelée la boutonnière. Puis l’index est introduit par cette petite incision uréthrale et, en franchissant la prostate, poussé jusque dans la vessie à travers le col. Quelques pressions exercées par l’autre main sur la région hypogastrique amèneraient ensuite toute la surface interne de la vessie au contact de la pulpe du doigt explorateur, le relâchement des muscles abdominaux étant complet grâce à la résolution chloroformique. En 1884, Thompson avait déjà répété quarante-trois fois cette opération, et plusieurs chirurgiens d’outre-Manche (Whitehead, Lund, etc.) l’avaient pratiquée également.
Avant de discuter le principe même et la nécessité de l’exploration digitale de la vessie chez l’homme, examinons si elle est toujours aussi facile, aussi efficace et aussi inoffensive {easy, efficiency and safety ) qu’on l’admet en Angleterre.
Pousson, dans sa thèse, relate les expériences cadavériques qu’il a entreprises pour contrôler la valeur de l’incision périnéale appliquée à l’exploration de la vessie. Autant, d’après lui, les manœuvres sont faciles dans leurs moindres détails sur les cadavres jeunes et maigres, autant elles sont difficiles chez les sujets d’âge moyen et un peu gras ; le doigt pénètre bien alors dans le réservoir urinaire, mais il ne peut se retourner dans son intérieur et ne donne que des sensations vagues et confuses. Enfin, chez les individus âgés et vigoureux, l’épaisseur et la résistance du périnée s’opposent même à l’introduction de l’extrémité de l’index dans la vessie. Whitehead et Pollard, moins affirmatifs que Thompson, reconnaissent du reste que trois conditions s’opposent à la parfaite exécution de l’opération : 1° l’embonpoint du malade ; 2° l’hypertrophie de la prostate; 3° l’étroitesse considérable du bassin. On ne s’étonnera donc pas que des chirurgiens tels que Guyon en France, Heath en Angleterre, lorsqu’ils ont voulu expérimenter l’opération de Thompson, n’en aient pas obtenu, en différentes circonstances, les résultats auxquels on était en droit de s’attendre.
En outre, quelles que soient la douceur, la prudence et l’habileté qu’on apporte à la dilatation digitale de l’urèthre prostatique et du col, il peut en résulter des déchirures et des accidents consécutifs, moindres cependant que dans les manœuvres instrumentales longues et répétées de la lithotritie de Dolbeau à travers ce même canal artificiel qu’on pourrait appeler périnéo-prostato-vésical. En effet, en dehors de toute affection de cette glande, il est des cas dans lesquels le tissu de la prostate est