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rein ou le parenchyme pulmonaire se prennent, toute illusion est généralement perdue. Si la tuberculisation demeure cantonnée autour du col et dans la région prostatique, quand même le processus destructif aurait été très-avancé, le malade peut guérir. Pour en donner la preuve, nous rapporterons ces lignes du professeur Guyon, où il dit, à propos de l’incontinence d’urine due à la fonte tuberculeuse de la prostate : « Nous avons fait suivre plusieurs malades qui, sous l’influence d’un traitement' général reconstituant, sont parvenus à réparer, contre toute attente, ces . graves lésions, et à guérir d’une incontinence que l’on avait pu croire absolilment incurable,, puisqu’elle avait accompagné la production de vastes cavernes dans le tissu de la prostate ».
Bien variable est la durée de la tuberculose vésicale, c’est-à-dire le temps pendant lequel la néoplasie reste limitée à la muqueuse de la vessie, car en somme ce n’est pas là qu’elle tue le malade, mais bien •dans le poumon ou dans le rein. Exceptionnellement galopante, comme dans le cas de West, qui vit la mort survenir deux mois après le début des premiers accidents, la phthisie urinaire, quand elle ne guérit pas, durerait en moyenne une ou deux années, d’après Schmidtlein. Cette proportion semble trop peu élevée à Guébhard, qui cite des observations dans lesquelles l’affection tuberculeuse de la vessie se prolongea pendant cinq, dix et mêmë vingt ans, sans influencer notablement l’état général. .
Traitement. — Toute intervention locale est la plupart du temps inutile quand elle n’est pas dangereuse. Aussi, à moins de nécessité absolue, toute exploration uréthro-vésicale, tout cathétérisme, devront-ils' être proscrits. Le passage répété des instruments provoque toujours une douleur plus ou moins vive au niveau de la région .membraneuse, dontle spasme est ainsi augmenté, et en outre, par l’irritation qu’il détermine et entretient, il court grand risque d’activer la marche de la maladie, de retentir sur les reins et de causer parfois des hémorrhagies redoutables.
Dans quelques cas, on a employé les instillations de F. Guyon, telles que nous les avons décrites précédemment dans le traitement de l’uré- Üiiile chronique, blennorrhagique ( Voy . notre art. Urèthre, t. XXXYU, p, 194), avec cette différence qu’ici il faut avoir soin de toujours vider ou faire vider préalablement la vessie, sinon le chlorure de sodium de l’urine précipite immédiatement le nitrate d’argent sous forme de flocons blanchâtres de chlorure argentique insoluble. 15 à 20 gouttes d’une solution de nitrate d’argent au 50e, s’étalant sur la muqueuse du col et de l’urèthre membrano-prosîatique tous les 5 ou 4 jours, arrivent, quelquefois non pas à guérir, mais à améliorer réellement et d’une façon assez durable, quoique bien moins complète que dans la cystite blennorrhagique, certains symptômes inflammatoir es. Quand elles réussissent, les instillations de nitrate d’argent diminuent plus ou moins notablement la douleur des mictions, et parfois l’hématurie, mais elles ne semblent agir que très-peu sur la fréquence. En tout cas, comme il n’est pas rare de voir échouer et même devenir nuisible cette intervention locale, si
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faible et si espacée quelle soit, il faut tâter graduellement la sensibilité de son malade et s’arrêter au moindre signe d’intolérance.
Là doit se borner toute la médication locale, à moins qu’on ne considère comme telle les topiques portés sur la muqueuse rectale. Tantôt ce seront des quarts de lavement laudanisés à garder toute [la nuit pour calmer les douleurs et faciliter le sommeil ; tantôt des suppositoires au beurre de cacao, contenant de l’extrait thébaïque, de l’extrait de belladone, du chlorhydrate de morphine. Mais, on le comprend, sans que nous insistions davantage, ces remèdes ont une action plutôt générale que locale ; ajoutons que bien souvent la médication opiacée reste malheureusement inefficace contre l’élément douleur. Les injections souscutanées de morphine elles-mêmes apportent quelque soulagement au début, mais il faut promptement exagérer les doses- pour n’obtenir qu’un calme très-peu durable.
Les hématuries sont rarement assez abondantes pour qu’on ait à diriger contre elles une thérapeutique spéciale. S’il était nécessaire, on prescrirait le repos absolu, les applications de glace, les injections sous-cutanées d’ergotine ; nous avons dit à plusieurs reprises dans cet article ce qu’il fallail attendre des préparations astringentes et antihémorrhagiques employées au traitement local des hématuries. Ici, plus encore que dans toute autre affection vésicale, on doit s’en abstenir. Aussi a-t-on conseillé à l’intérieur, le seigle ergoté ou la poudre de tannin (50 centigrammes par jour), qui devaient en même temps combattre les envies fréquentes et la polyurie ; malgré quelques succès, les résultats sont trop inconstants pour qu’un attache à ces médicaments une certaine confiance. Il en est à peu près de même des préparations balsamiques, térébenthinées ou autres, qui d’ailleurs peuvent toujours être essayées, car elles ne présentent aucun inconvénient.
En dernière analyse, c’est le traitement général, tonique et reconstituant, qui devra surtout être appliqué et dont le quinquina, l’arsenic, le fer, T’huile de foie de morue, la créosote, les eaux minérales naturelles sulfureuses èt arsenicales, formeront la base. Une hygiène bien entendue, les changements d’air, le séjour dans un climat doux, seront également conseillés. Enfin, on 11e négligera pas l’hydrothérapie sous toutes ses formes : douches froides en pluie et en jet, bains généraux simples et sulfureux, etc...
11 est encore une question thérapeutique, celle-ci d’ordre chirurgical, que nous voudrions pouvoir traiter à cette place : c’est celle de l’intervention opératoire dans la tuberculose vésicale. En effet, les douleurs et les hématuries revêtent quelquefois une telle intensité qu’on s’est demandé si, malgré les risques du traumatisme chez un tuberculeux, il ne serait pas indiqué de supprimer temporairement la vessie en tant qu’organe contractile-, en la maintenant ouverte, comme on le pratique dans les cystites chroniques, les cystalgies essentielles ou symptomatiques ( Voy . plus haut Cystalgies). Dans ce cas, c’est à l’incision périnéo-uréthrale qu’il conviendrait de recourir, comme Thompson le préconise et
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comme nous l’avons vu faire par Guyon. Le doigt, en entrant par cette voie, dans la vessie, touche tout de suite les lésions tuberculeuses sur lesquelles il y a une action directe et qu’on peut espérer modifier par des applications locales et répétées de poudre d’iodoforme, par exemple. Mais les cas de eegenre ne sont pas encore assez nombreux pour qu’il soit permis d’en tirer des conclusions quelconques.
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