VICHY. - CONTRE-INDICATIONS DE LA CURE
favorable sur la lithiase biliaire et sur la goutte, avec lesquelles la gravelle est souvent concomitante, à ce point que pour bien des auteurs et des praticiens ces trois maladies sont des manifestations différentes d’une même affection constitutionnelle. Quoi qu’il en soit de cette opinion théorique, mais qui a pour elle une grande vraisemblance pour des raisons dans lesquelles nous ne pouvons entrer ici, il est certain qu’après une cure de Vichy les sujets affectés de gravelle urique voient leurs urines s’éclaircir — après toutefois les avoir vues charrier, dans les premiers temps du traitement, du sable en plus grande abondance — et devenir plus abondantes, les crises de colique néphrétique, s’il en existait auparavant, s’espacer davantage et être moins intenses, enfin présenter tous les signes d’une amélioration des plus accentuées.
Pour les autres genres de gravelle, gravelle phosphatique, oxalique, etc., la cure de Vichy, sans être dépourvue de toute efficacité, est cependant moins active que pour la précédente, qui est d’ailleurs de beaucoup la plus fréquente.
Loin de nous la pensée d’attribuer à l’eau de Vichy une action dissolvante quelconque sur les graviers : si la cure a une efficacité incontestable dans la gravelle, c’est en aidant à leur expulsion et en modifiant profondément la nutrition de telle manière que l’organisme ait moins de tendance à en faire de nouveaux. C’est assez dire que nous ne partageons pas les illusions de Petit et autres auteurs sur ce sujet.
Ajoutons enfin que le catarrhe vésical qui accompagne assez fréquemment la gravelle est justiciable de la cure de Vichy, qui modifie rapidement l’état des urines, en même temps qu’elle fait disparaître la dysurie; ces résultats sont d’autant plus remarquables qu’on les obtient aisément avec un traitement très-peu actif : une médication thermale énergique risquerait d’ailleurs d’amener en pareil cas des effets assez fâcheux.
Nous n’avons pas épuisé l’énumération des maladies ou états morbides dans lesquels on peut avec avantage recourir à la cure de Vichy. Nous aurions pu consacrer quelques développements à V albuminurie purement dyscrasique et non liée à une néphrite interstitielle, à la chloro-anémie avec troubles digestifs habituels, à certaines phlegmasies chroniques de l'utérus liées à l’arthritisme et quand on n’a pas à craindre de poussées aiguës de ce côté, à certaines formes d 'eczéma, à Y obésité, etc. : mais, outre que l’efficacité de la cure de Vichy dans ces divers états est assez aléatoire, il ne serait peut-être pas difficile de trouver quelque médication thermale mieux appropriée à chacun de ces états pathologiques. Aussi nous ne croyons pas qu’il y ait lieu d’insister sur ce point; car nous estimons qu’il y a plus d’intérêt à bien préciser, au risque de la restreindre, la sphère d’action d’une eau minérale, qu’à l’étendre à l’infini et faire ainsi perdre de vue ses vertus vraiment spécifiques.
Contre-indications de la cüre. — Il y a certaines contre-indications générales, qu’il suffira de rappeler, sans que nous ayons besoin de nous y arrêter, tant elles sont évidentes : telles sont l’anasarque, une affection fébrile intercurrente quelconque, une disposition très-marquée aux hémor-