‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 39 (volume 2)Chapitre 90 sur 143 · VICHY · texte numérisé non relu

VICHY

LIOGRAPHIE.

rhagies, à moins que celles-ci soient liées à un état pathologique tel que l’ictère justifiable de la cure de Vichy, un étal manifestement cachectique ou encore quelque grave affection cardiaque primitive. L’ascite et la grossesse constituent plutôt des circonstances défavorables que des contreindications, et notre expérience nous permet d’affirmer qu’en cas d 'urgence tant soit peu motivée on ne doit nullement hésiter à conseiller la cure, sauf à recommander une grande modération et une surveillance très-attentive. Dans le cas d’ascite, il est certain que les conditions normales d’absorption sont modifiées par suite de l’entrave apportée à la circulation abdominale. Aussi a-t-on souvent en pareil cas des déceptions au point de vue des effets de la médication thermale. D’autre part, l’action diurétique de l’eau de Vichy n’est pas assez active pour qu’on puisse l’utiliser au profit de l’ascite. Quant à la grossesse, elle modifie également l’état de la circulation abdominale et même générale, et par suite rend les conditions d’absorption moins favorables, d’une façon cependant moins marquée que l’ascite ; de plus, l’excitation de la cure thermale risque de déterminer une fausse couche ou un accouchement avant terme. Toutefois, nous le répétons, avec de la prudence, cet accident n’est guère à redouter.

Les autres contre-indications que nous avons à signaler sont plutôt simplement temporaires, accidentelles, et n’entraînent qu’un ajournement de la cure thermale ou sa supension momentanée.

D’une façon générale, les crises mettent l’organisme dans des conditions peu favorables aux bons effets de la cure, sans compter qu’elles risquent fort d’être exaspérées par sa continuation. Qu’il s’agisse de coliques hépatiques, de coliques néphrétiques ou d’accès de goutte, il ne convient de commencer ni de continuer le traitement thermal pendant leur durée : il est même prudent d’attendre un certain délai après leur cessation pour commencer la cure, sinon il est fort à craindre de les voir reparaître promptement. Ce que nous venons de dire des crises s’applique nécessairement à leurs complications, la péritonite localisée, par exemple, qui vient parfois compliquer les coliques hépatiques. Pour le diabète, une marche rapide, caractérisée par un amaigrissement et un affaiblissement graduels, est en général une contre-indication : nous avons rarement vu la cure de Vichy réussir en pareil cas ; le jeune âge, dans le diabète, est sinon une contre-indication absolue, du moins une condition très-peu favorable.

Demos, Observations sur les eaux minérales de plusieurs provinces de France, in-12, 1675 : — Traité des eaux minérales de France, 1677. — Fouet (Claude), Le secret des bains et eaux minérales de Vichy, 1679; Nouveau système des bains et eaux minérales de Vichy, 1686. — Chomel (Jacques-François), Traité des eaux minérales, bains et douches de Vichy, etc., 1734. — Desbrest, Traité des eaux minéralesde Châteldon, de Vichy, etc., 1778. — Foubceot, Traité complet des eaux minérales de la France, 1792. — Longchamp, Analyse des eaux de Vichy, avec une notice du baron Lucas, inspecteur des eaux, 1825. — Pâtissier, Rapport sur l’emploi des eaux minérales de Vichy dans le traitement de la goutte, 1840 ; Rapport sur le service médical des établissements thermaux en France, 1852. — Petit, Du mode d’action des eaux minérales de Vichy et de leurs applications thérapeutiques, etc., 1850. — Durakd-F abdel. Des eaux de Vichy sous les rapports clinique et thérapeutique, 1851; Lettres médicales sur Vichy, 1855, dernière édition, 1877; Traité du diabète, 1868; Traité thérapeutique des eaux minérales, 3e éd., 1883, et quantité de mémoires isolés. — Bouquet, Hist. chim. des eaux minérales et thermales de Vichy, Cusset, Vaisse, Hauterive et Saint-Yorre, Paris, 1855. —

VINS MÉDICINAUX. — composition chimique do vin.

Durahd-Fardel, Le Bret et Lefort, Dictionnaire générale des eaux minérales, 1860, art. Vichy. — Fauconneau-Dufresne, Traitement des maladies du foie par les eaux minérales, 1857. Willehix, De l’emploi des eaux de Viehy dans les affections chroniques de l’utérus, 1857 ; Des coliques hépatiques et de ieur traitement par les eaux de Vichy, 1862 ; 5* éd., 1874. — Durand (de Lunel), Des incidents du trait, thermo-minéral à Vichy, 1864; Indications et contre-indications des eaux de Vichy, 1872. — Dauhas (C-), Les eaux minéralesde Vichy, 1866, nouvelle édition en 1873. — Leroy d’ÉnotLES, Traité pratique de la gravelle et des calculs urinaires, 1866, 2e édit., 1869. — Senac, Du traitement des coliques hépatiques, 1870, 2» éd., 1883. — Barbdel, Recherches cliniques sur la goutte, la gravelle et leur traitement par les eaux de Vichy, 1873. — Pdpier (Z.), Rapport inédit de Prunelle sur la source Lucas, avec notes, 1873 ; Action des eaux de Vichy sur la composition du sang, 1876. — Souugodx, Étude sur les alcalins, etc., 1878. — Lügagne, Étude physiologique et clinique de l’eau de Vichy, 1878. — Cornillon, Action physiologique des alcalins dans la glycosurie, 1879. — Grellety, Bibliographie de Vichy, 1879. — De Lalaubie, Individualité thérapeutique des eaux de Vichy, 1879. — Martineau, Traité clinique des affections de l’utérus, 1879. — Dujardin- Beaumetz, Leçons de clinique thérapeutique, t. I. — Cyr (J.), Traité de l’alïection calculeuse du foie, 1884. — Lecorché, Traité de la goutte, 1884. — Ahdhoui, La station médicinale de Vichy, Paris, 1885.

J. Cyr.

VIEILLESSE. Voy. Age.

VIN. Voy. Boisson.

VINS MÉDICINAUX. — Les vins médicinaux ou œnolés sont des médicaments officinaux qui résultent de l’action dissolvante du vin sur une ou plusieurs substances médicamenteuses; dans le premier cas on obtient les vins médicinaux simples, dans le second, les vins médicinaux composés.

Les vins destinés à ces préparations doivent, d’après le Codex français, être purs et généreux ; en d’autres termes, les œnolés doivent être préparés par le pharmacien avec des vins naturels et de bonne qualité, et cette simple phrase nous met en présence de l’une des questions les plus délicates de l'hvgiène alimentaire. Nous ne pouvons songer à la traiter ici avec les développements qu’elle comporte; les procédés d’analyse du vin, la recherche et le dosage de ses principes constituants normaux, l’étude de ses altérations et de ses falsifications, doivent rester en dehors de cet article ; mais nous ne croyons pouvoir nous dispenser de rappeler aussi brièvement que possible la composition moyenne d’un vin de bonne qualité et les caractères physiques et chimiques que doivent présenter les vins naturels.

Composition chimique du vin. — La liqueur provenant de la fermentation du jus de raisin renferme non-seulement les substances qui préexistaient dans le moût et que le ferment a respectées, au moins en partie, mais encore celles qui se sont produites aux dépens des matériaux du jus. On y rencontre généralement :

De l’eau, de l’alcool éthylique et en moins grande proportion divers autres alcools monoatomiques ou polyatomiques : alcools propylique, butylique, amylique, caproïque; glycérine, glycose, mannite.

Des acides volatils ou fixes : acide acétique et ses homologues, acides carbonique, succinique, œnanthique, tartrique, phosphorique, dont une partie est à l’état libre et l’autre combinée à la potasse, à la chaux, et a des traces de soude, d’alumine, de magnésie, de fer et de manganèse.

VINS MÉDICINAUX. — composition chimique du vin.

Des aldéhydes et des éthers qui donnent au vin son bouquet particulier : éthers éthylacétique, éthylpropionique, éthylœnanthique, éthylsuccinique, éthyltartrique, etc.

Des matières pectiques et gommeuses qui réduisent la liqueur cupropotassique et sont douées du pouvoir rotatoire.

Enfin, du tannin et des matières colorantes diverses dont la nature varie avec celle des divers cépages qui fournissent les vins rouges.

Les proportions relatives de ces nombreuses substances sont loin d’être invariables, et des analyses devins naturels et excellents, mais d’origine distincte, peuvent donner des résultats qui diffèrent notablement entre eux. On a pu reconnaître, néanmoins, que pour les principaux matériaux du vin ces quantités oscillent entre des limites assez rapprochées qui permettent de traduire en chiffres la composition moyenne d’un vin de bonne qualité.

On admet généralement qu’un vin est acceptable lorsqu’il renferme :

10 0/° d’alcool éthylique dosé à l’appareil de Salleron ou au moyen de l’ébullioscope de Maligand.

22 grammes d’extrait sec obtenu en évaporant 10cc de vin dans une capsule à fond plat maintenue pendant 6 heures dans l’étuve à eau bouillante, et 26 grammes d’extrait lorsqu’on opère dans le vide avec un dessiccateur à acide sulfurique. Ces chiffres se rapportent à un litre de vin.

La proportion de bitartrate de potasse peut être estimée à 2 grammes ; celle de la glycérine varie de 5 à 8 grammes ; l’acide succinique existe généralement à la dose de 1 gr. 1/2 par litre.

Dans les vins faits la glycose atteint rarement 1 à 2 pour 1000 et l’acidité, exprimée en acide sulfurique, se tient entre 3 et 5 grammes par litre.

Les cendres totales sont peu abondantes (2 à 3 gr. par litre) lorsque le vin n’a pas été plâtré ; dans ce cas, elles doivent être nettement alcalines. Les vins naturels ne renferment, du reste, que des traces d’acide sulfurique et de chlorures métalliques : ils ne doivent donc pas donner de précipité sensible par le chlorure de baryum ou le nitrate d’argent lorsqu’ils ont été acidulés avec de l’acide nitrique. La plupart des vins du Midi étant plâtrés au moment de leur préparation, on y tolère 2 grammes de sulfate de potasse par litre.

' L’essai de la matière colorante des vins est un des plus délicats que le chimiste ait à effectuer lorsqu’il s’agit de déterminer la nature des substances qui ont servi à la coloration artificielle. Nous nous bornerons à rappeler ici les réactions qui permettent d’affirmer qu’un vin est exempt de toute coloration étrangère :

1° Le vin additionné d’un excès de gélatine et filtré passe à peine coloré en rose ;

2° Agité pendant quelques minutes avec du bioxyde de manganèse, le vin naturel se décolore à peu près complètement ;

3° 1 ou 2 gouttes de vin déposées sur un bâton de craie albuminée

476 VINS MÉDICINAUX. — préparation des y. m.

donnent, au bout d’une demi-heure, une tache gris-clair ou gris-

ardoise ;

4° Le vin rendu nettement alcalin par l’eau de baryte est agité avec de l’éther acétique ou de l’alcool amylique ; la couche supérieure doit être incolore et rester telle lorsque, décantée, on l’additionne de quelques gouttes d’acide acétique (absence d’orseille et de dérivés basiques du goudron de houille) ;

5° Le vin alcalinisé par la potasse .jusqu’à coloration franchement verte est additionné d’une solution d’acétate mercurique au l/5e ; la matière colorante naturelle est précipitée, et la liqueur filtrée est incolore et reste incolore lorsqu’on l’acidule par l’acide chlorhydrique (absence des dérivés du goudron de houille à caractère acide) ;

6° Dix centimètres cubes de vin sont mélangés avec 5 centimètres cubes de solution d’alun au l/10e, puis avec 5 centimètres cubes de carbonate de soude également au 1/1 0e. Le dépôt doit posséder une couleur vert-bouteille sans mélange de bleu ou de violet et la liqueur filtrée est franchement verte (absence de colorants végétaux ou animaux : cochenille, campêche, sureau, etc.);

7° Cinq centimètres cubes de vin sont additionnés de 2 cent. 1/2 de sous-acétate de plomb liquide ; le dépôt possède une couleur variant du bleu-gris au vert-clair, et le liquide filtré est incolore (absence de colorants végétaux et animaux) ;

8° Le vin est saturé par une solution de carbonate de soude faible jusqu’à production d’une teinte violacée ; on ajoute une solution d’acétate d’alumine marquant 2° Baumé, en volume égal à celui du vin ; ce mélange doit prendre une teinte grenat ou lilas vineux peu intense, sans trace de bleu ou de violet (absence de mauve noire, sureau, vigne vierge, etc.).

Ajoutons enfin que le vin acidulé par l’acide chlorhydrique et agité avec du chloroforme ne doit pas céder à celui-ci de substance se colorant en violet par le perchlorure de fer étendu (absence d’acide salicylique).

Préparation des vins médicinaux. — Les vins employés à la préparation des oenolés sont les vins rouges et les vins blancs de France contenant environ 10 0/° d’alcool éthylique; les vins de Grenache et de Lunel qui en renferment à peu près 15 0/°, et, dans quelques cas, les vins de Malaga, de Madère et autres vins de liqueur dans lesquels la proportion d’alcool atteint 18 à 20 0/°, et qui, en outre, renferment une proportion assez' élevée de principes sucrés.

Nous venons de voir combien est complexe la composition de ces vins : l’eau et l’alcool sont évidemment les deux principaux agents de dissolution, mais les autres composants, glycérine, tartrates, succinates, acétates, tannin, éthers divers, ne sont pas sans influence, de sorte qu’on ne saurait remplacer le vin par un mélange à proportions constantes d’eau et d’alcool, ainsi que l’aurait voulu Deschamps d’Avallon.

Le choix du vin n’est pas non plus indifférent; il doit être basé sur la composition chimique des substances sur lesquelles il doit agir. En gé-

VINS MÉDICINAUX. — préparation des v. m. 477

néral, on préférera les vins de liqueur pour les matières facilement altérables ou qui renferment une forte proportion d’alcaloïdes ; on réservera les vins rouges pour dissoudre les principes astringents, et les vins blancs seront employés dans la formule des vins diurétiques, les propriétés naturelles du dissolvant venant ainsi s’ajouter à celles des bases médicamenteuses .

Plus le vin est généreux, moins on a de chances de voir s’altérer le médicament qu’il fournit ; c’est pour cette raison que le Codex ajoute une certaine quantité d’alcool aux vins ordinaires utilisés pour la préparation des vins médicinaux simples ; cette addition n’a plus de raison d’être avec les vins généreux et les vins de liqueur.

La préparation des œnolés est très-simple ; elle se borne le plus souvent à diviser convenablement les substances sèches et à les faire macérer à froid dans le dissolvant choisi; on laisse en contact pendant une dizaine de jours dans un vase fermé, puis on passe avec expression et on filtre le liquide au papier.

Les plantes antiscorbutiques, les bulbes de colchique, sont au contraire employés à l’état de fraîcheur parce que ces substances perdent en partie leurs propriétés par la dessiccation ; l’eau de végétation qu’elles renferment dilue le vin et augmente les chances de détérioration ; on fait disparaître cet inconvénient en employant du vin de Grenache pour le vin de colchique et en ajoutant une certaine quantité d’alcoolat de cochléaria dans le vin antiscorbutique.

Dans certains cas, la préparation est encore plus simple, car elle peut consister dans le mélange du vin et d’une alcoolature (vin aromatique), ou résulter de la . dissolution d’un sel métallique dans le vin (vin Chalybé). La préparation des vins médicinaux au moyen des teintures alcooliques est séduisante par sa simplicité, elle n’est pas nouvelle, car elle a été proposée par Parmentier ; on l’a fait revivre dans un grand nombre de pharmacies en l’appliquant surtout à la préparation extemporanée du vin de quinquina. Nous devons nous borner à dire que ce procédé a été rejeté par le Codex, les propriétés dissolvantes de l’alcool concentré et celles du vin n’étant pas comparables.

. La méthode de lixiviation, proposée par Boullay, donne de bons produits ; elle se recommande par sa célérité et doit être pratiquée avec les précautions indiquées par J. Jeannel à l’article Macération ( Voy . t. XXI, p. 135).

. Les vins médicinaux se recommandent au médecin par la facilité d’administration et de dosage ; à ce point de vue ils se rapprochent des teintures, mais ils sont moins chargés que ces derniers, de sorte qu’on doit les prendre à dose beaucoup plus élevée, et que les qualités propres au véhicule ne sont plus négligeables et viennent s’ajouter à celles des substances médicamenteuses.

Vin d’absinthe. — Feuilles sèches d’absinthe, 30 parties. Alcool à 60°, 60 parties. Vin blanc, 1000 parties.

Incisez l’absinthe, mettez-la en contact, en vase clos, avec l’alcool ;

478 VINS MÉDICINAUX. — préparation des v. m.

après 24 heures, ajoutez le vin, laissez macérer pendant 10 jours, en

agitant de temps en temps; passez avec expression. Filtrez.

Employé comme stomachique et vermifuge à la dose de 50 à 150 gr.

Vin aromatique. — Alcoolature vulnéraire 125; vin rouge 875. Mêlez et filtrez. Réservé pour l’usage externe.

Vin de colchique. — Bulbes frais de colchique 100 ; vin de Grenache, 1000.

Incisez les bulbes, faites-les macérer, en vase clos pendant 10 jours, dans le vin. Passez avec expression. Filtrez.

Ce vin est plus actif que la plupart des autres vins médicinaux ; on le prescrit assez souvent comme antigoutteux à la dose de 5 à 20 grammes par jour.

Vin Chalybé. — Citrate de fer ammoniacal 5 p.; vin de Grenache ou vin blanc 1000 p.

Faites dissoudre le sel dans deux fois son poids d’eau distillée. Ajoutez la solution au vin et filtrez.

Ferrugineux agréable se donnant à la dose de 20 à 60 grammes; 20 gr. représentent 10 centigrammes de sel ferrique.

Vin de gentiane. — Racine de gentiane incisée 50 gr. ; alcool à 60°, 60 gr. ; vin rouge, 1000 gr.

Mettez la racine' en contact avec l’alcool : ajoutez le vin après 24 heures; laissez macérer pendant 10 jours et filtrez.

Ce vin se décolore assez promptement et doit être récemment préparé ; tonique amer recommandable à la dose de 60 à 120 gr.

Vin de pepsine. — Pepsine médicinale en poudre, 50 gr. ; vin de Lunel, 1000 gr.

Délavez la pepsine dans le vin, laissez en contact pendant 24 heures et filtrez.

20 grammes de ce vin additionnés de 60 gr. d’eau acidulée par un centième d’acide chlorhydrique transforment en peptone, à la température de 50° et au bout de 6 heures, 10 gr. de fibrine fraîchement essorée.

Vin de quinquina. — Quinquina officinal, 50 gr. ; alcool à 60°, 100 gr. Vin rouge 1000 gr.

Réduisez le quinquina en poudre grossière, mettez-le en contact avec l’alcool pendant 24 heures; ajoutez le vin, faites macérer pendant 10 jours en agitant de temps en temps. Passez avec expression et filtrez.

Les vins au quinquina jaune et au quinquina rouge se préparent de même en réduisant la dose à 25 grammes.

Ce vin doit offrir une amertume prononcée, une odeur et une saveur qui rappellent celle de l’écorce, bien qu’il ne renferme guère que la l/5e partie des alcaloïdes contenus dans le quinquina employé.

Type des reconstituants végétaux ; tonique et fébrifuge accessoire qu’on donne à la dose de 60 à 120 gr. par jour; l’emploi prolongé de ce médicament très-alcoolique n’est pas sans présenter de graves inconvénients.

VINS MÉDICINAUX. — préparation des v. k. 479

Vin scillïtïque. — Squames sèches de scille 60 gr. Vin de Grenache 4 000 gr.

Contusez les squames de scille; faites-les macérer pendant 10 jours, passez avec expression et filtrez.

Diurétique employé à la dose de 10 à 60 gr.

Les vins de coca et de rhubarbe se préparent de la même façon et aux mêmes doses.

Vin antiscorbutique. — Racine fraîche de raifort coupée en tranches minces, 30; feuilles fraîches de cochléaria incisées, 15; feuilles fraîches de cresson, 15 ; feuilles sèches de ményanthe, 3 ; semences de moutarde noire pulvérisées, 15 ; chlorhydrate d’ammoniaque, 7 ; alcoolat de cochléaria composé, 16 ; vin blanc, 1000.

Faites macérer en vase clos pendant 10 jours en agitant de temps en temps; passez avec expression; filtrez.

Dose : 60 à 120 gr. dans les affections scorbutiques ou scrofuleuses.

Vin diurétique de V Hôtel-Dieu. — Feuilles sèches de digitale en poudre grossière, 5; squames de scille, 7 1/2; baies de genièvre, 75; acétate de potasse sec, 50; vin blanc, 900 ; alcool à 90°, 100.

Faites macérer les substances végétales dans le vin blanc, additionné d’alcool, pendant 10 jours. Passez avec expression. Dissolvez l’acétate de potasse dans le liquide et filtrez (Codex).

La formule primitive de Trousseau renfermait 3 fois plus de digitale que celle adoptée par le nouveau Codex. 20 gr. du vin ci-dessus correspondent à environ 10 centigrammes de digitale et à 1 gr. d’acétate de potasse. On le prescrit comme diurétique à la dose de 20 à 60 gr.

Vin diurétique de la Charité. — Racine d’asclépiade, 15 ; racine d’angélique, 15 ; squames de scille, 15 ; quinquina gris, 60 gr. ; écorce de winter, 60 ; feuilles d’absinthe, 30; feuilles de mélisse, 30; baies de genièvre, 15 ; macis, 15 ; écorce fraîche de citron, 30 ; alcool à 60°, 200 ; vin blanc, 4 litres.

Versez le vin et l’alcool sur les substances convenablement divisées ; laissez macérer pendant 10 jours ; passez avec expression et filtrez.

Diurétique fréquemment employé à la dose de 30 à 100 gr.

Vin de quinquina ferrugineux. — Sulfate ferreux pur, cristallisé, 2 ; acide citrique cristallisé, 2; eau distillée chaude, 10; vin de quinquina gris au grenache, 990.

Dissolvez le sulfate ferreux et l’acide citrique dans la quantité d’eau prescrite; ajoutez la solution au vin de quinquina ; mêlez et conservez en vase clos.

50 gr. de ce vin correspondent à 2 centigr. de fer métallique ; il s’emploie aux mêmes doses que le vin de quinquina ordinaire.

Vin crésoté. — Créosote officinale, 5 ; teinture de gentiane, 250 ; vin de Bagnols, 500 ; sirop de sucre, 250.

Dissolvez la créosote dans la teinture ; ajoutez les autres liquides et filtrez. Dose : 1 à 2 cuillerées par jour dans le traitement de la fièvre typhoïde ou de la tuberculose.

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