KODV. DICT. SIED. ET CHIB. XXXIX
VIPÈRE. — ZOOLOGIE, du type précédent, mais la présence d’une corne molle le sépare nettement du Vipera As pi s. On l’appelle vulgairement Vipère à museau cornu ; pour Linné, c’était le Coluber Ammodytes ; pour Aldrovande, le Vipera Illyrica ; Daudin lui a donné le nom qu’il porte encore actuellement.
Très-venimeuse, cette vipère s’observe surtout dans l’Europe méri dionale (Grèce, Italie, Illyrie, etc.); nous la possédons malheureusement en Dauphiné où elle se trouve surtout, mais non exclusivement, dans les lieux montagneux et arides. Durant les grandes chaleurs de l'été, elle descend dans les endroits humides, fréquente même le bord des ruisseaux et cause des accidents d’autant plus fréquents qu’en de semblables stations on considère volontiers tous les serpents comme des couleuvres.
Fig. 67. — Vipère ammodyte (tête de grandeur Fig. 68. — Vipère aspic (tête de grandeur naturelle). naturelle).
Vipera Aspis. — Longue de 0 m. 65 en moyenne, cette espèce à le museau tronqué et sa tête offre une écaille sourcilière, sans plaques médianes ; en arrière de cette région se voient deux bandes noires qui se croisent de façon à dessiner la lettre V. C’est le Coluber Aspis de Linné, qu’il ne faut pas confondre avec l’Aspic d’Égypte ou Aspic des Anciens, qui est une espèce de Naja.
Généralement brune, elle montre des taches dorsales groupées en bandes transversales ou en zigzag. Ses variétés sont très-nombreuses et ont été souvent regardées comme autant d’espèces. (V. ocellata, V, catenata, V. maculata, V. obscura, V. lineomaculata, V. redii, etc.).
Très-commune en Europe, elle se trouve dans presque toute la France et spécialement dans les forêts de Fontainebleau, de Rambouillet, de Sénart, etc.
Ces diverses Vipères présentent la même organisation et les mêmes mœurs. Pendant l’hiver, elles restent engourdies dans des trous assez profonds où généralement elles se réunissent plusieurs ensemble, s’enla-