‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 35 (volume 3)Chapitre 105 sur 117 · TOUX. — PHÉNOMÈNES CONCOMITANTS ET CONSÉCUTIFS DE LA TOUX · texte numérisé non relu

TOUX. — PHÉNOMÈNES CONCOMITANTS ET CONSÉCUTIFS DE LA TOUX

tème nerveux n’est pas la même chez l’homme que chez l’animal ; dans l’espèce humaine elle varie même dans l’état de santé selon les individus, à plus forte raison varie-t-elle dans ces états pathologiques du système nerveux qui sont si fréquents et qui englobent toutes les manifestations de l’hystérie, du nervosisme, de l’hypochondrie et de l’hérédité nerveuse. 11 ne faut demander à l’expérimentation que ce qu’elle peut donner, c’est-à-dire des indications nettes et précises sur le fonctionnement des organes à l’état sain. Ce serait une prétention vaine que vouloir lui faire expliquer tous les troubles afférents à la maladie. Il n’y a donc rien de surprenant que la toux soit provoquée par un grand nombre d’excitations morbides alors que chez l’animal l’application des excitants est restée muette. Ces notions de physiologie pathologique étant posées, nous allons procéder à l’étude séméiologique de la toux.

Variétés et caractères. — Ou a distingué plusieurs variétés de toux suivant les modiheations du son et du rhythme, suivant le degré de la fréquence et de l’expectoration.

La toux est forte ou faible, fréquente ou rare, suivant l’intensité et la persistance de la cause qui la provoque et suivant aussi l’excitabilité du malade. Telle bronchite très-légère peut exciter une toux violente.

Le son ou bruit produit par la toux peut être ronflant, tremblant, éclatant, métallique, sifflant, assourdi, éteint, et donner à la toux autant de caractères particuliers. Il faut signaler d’une manière spéciale la toux éclatante, bruyante, de certaines hystériques, latoux/enne du début de quelques rougeoles, la toux éteinte, aphone, inarticulée, des maladies qui entravent la tension des cordes vocales, comme le croup, la laryngite ulcéreuse, tuberculeuse ou non tuberculeuse.

Trousseau et Belloc ont vu se produire dans la phthisie laryngée une forme particulière de toux, qu’ils ont désignée sous le nom de toux éructante, parce qu’elle ressemble à une éructation étouffée.

Quand la toux est suivie d’une expectoration facile, on dit qu’elle est grasse et humide, elle est alors facile et se compose de deux à trois secousses expiratoires qui provoquent le rejet d’un crachat. Telle est la toux de la trachéo-bronchite arrivée à la période de maturation.

La toux est sèche dans les conditions opposées, elle est alors pénible, fréquente et persistante. Cette toux se produit quand il n’y a pas de matières à expectorer, comme dans la pleurésie, ou quand les crachats se détachent très-difficilement, comme dans la bronchite capillaire, le catarrhe suffocant des vieillards.

Lorsque la toux se présente sous forme d’accès répétés, on dit qu’elle est quinteuse, la série d’accès porte le nom de quinte. Le type de la toux quinteuse est la toux de la coqueluche. Les quintes sont habituellement séparées par un repos plus ou moins long.

Phénomènes concomitants et consécutifs de la toux. — La compression de l’air dans les voies aériennes se transmet aux gros troncs vasculaires contenus dans le thorax ; le retour du sang veineux est entravé, il se produit une augmentation générale de la tension veineuse. La face rougit.

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ies conjonctives s’injectent, les larmes et le mucus nasal s’écoulent, les extrémités se cyanosent, et l’on voit survenir de la céphalalgie, des éblouissements, du vertige, et dans quelques cas rares des convulsions épileptiformes ou une perte de connaissance de très-courte durée, signes de la congestion veineuse de l’encéphale. Dans les toux quinteuses violentes, l’excès de tension est tel que l’on voit se produire des ruptures vasculaires se traduisant par l’ecchymose sous-conjonctivale, l’épistaxis, la stomatorrhagie, la bronchorrhagie et même l’hémorrhagie cérébrale.

La pression que . l’air exerce sur les rameaux de l’artère pulmonaire produit un excès de tension dans cette artère et s’oppose à la déplétion du ventricule droit; si la toux est habituelle, le ventricule est forcé, il se dilate, et on se trouve en présence de tous les accidents produits par cette dilatation; avec juste raison Botkin a insisté sur l’aggravation des maladies du cœur causée par une toux fréquente et continuelle et sur son influence dans la genèse de l’asystolie.

Dans les toux violentes le pouls devient petit, serré et accéléré, il peut même devenir imperceptible pendant quelques instants comme les battements du cœur.

La dilatation des bronches et l’emphysème pulmonaire sont produits dans une certaine mesure par la toux ; lorsque celle-ci est quinteuse et violente, la pression de l’air sur les vésicules pulmonaires est assez forte pour les rompre et donner lieu à l’emphysème sous-pleural par propagation, à l’emphysème du médiastin et du tissu cellulaire sous cutané.

La compression énergique des viscères abdominaux et thoraciques pendant les secousses expiratoires peut donner lieu à des accidents très- vai-iés : les urines et les fèces s’échappent involontairement, des hernies et des ruptures musculaires peuvent se produire; des anévrysmes, des adhérences protectrices peuvent se rompre ; souvent encore ont lieu des vomissements.

A un degré moindre on observe de la courbature musculaire, de la fatigue et parfois des douleurs très-vives dans une portion de muscle, particulièrement dans les insertions au thorax des muscles de l’abdomen. La toux provoque encore des douleurs dans la trachée et dans le larynx où la compression de l’air est portée au maximum.

Il faut encore signaler comme effets de la toux un sentiment de suffocation, des sueurs abondantes de la face et du tronc pendant que les extrémités sont froides et de la courbature générale.

Classification et divisions. — Les pathologistes ont divisé la toux en deux classes : la toux symptomatique et la toux sympathique. Cette division, qui s’applique à l’étude de tout symptôme, ne nous satisfait pas, et nous pensons que, malgré certaines obscurités que nous avons signalées précédemment, la pathogénie de la toux est assez connue pour qu’on puisse adopter une classification plus physiologique. Dans l'immense majorité des cas, l’acte réflexe qui constitue la toux a pour point de départ une excitation d’un point quelconque des nerfs pneumogastriques : nous pouvons donc étudier en premier lieu la toux suivant qu’elle résulte de

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