TOUX. - DE LA TOUS PAR EXCITATION DD PNEUMOGASTRIQUE
corps étrangers d’une manière mécanique? irritent-elles les bronches par leur composition? tiennent-elles la toux sous leur dépendance? ou faut-il admettre que la tuméfaction de la muqueuse bronchique la provoque particulièrement? Biermer a examiné la question et, sans être affirmatif, il conclut que l’accumulation des crachats et la tui’gescence de la muqueuse sont deux causes importantes de la toux. Le gonflement de la muqueuse augmente la tension de l’air dans les bronches, d’où résulte une excitation analogue à celle qui se produit pendant les inspirations et les expirations profondes qui engendrent si facilement la toux.
Dans la trachéo-bronchite pseudo-membraneuse la toux ne présente pas d’autres caractères particuliers que de faire entendre parfois un bruit de drapeau dû aux vibrations d’une fausse membrane incomplètement détachée, flottante dans la cavité trachéo-bronchique et mise en mouvement par l’air violemment expiré.
Nous allons faire ici l’étude de la toux de la coqueluche sans nous dissimuler que la place de cette maladie est difficile à préciser dans le ■cadre que nous nous sommes tracé, à cause de l’obscurité qui entoure encore sa pathogénie. La coqueluche est-elle uns laryngite (Gendrin, Parrot, Wannebroucq), un catarrhe bronchique (Trousseau), une névrose (Blache), ou une adénopathie trachéo-bronchique (Guéneau de Mussy, Baréty)? C’est ce qu’il est encore impossible d’affirmer; nous devons aussi tenir compte des travaux de Letzerich, Henke et Tschamer, au sujet de la nature parasitaire de la coqueluche : d’après ces observateurs cette maladie serait le résultat du développement dans les voies respiratoires de nombreux micrococcus pouvant se transformer en bactéries. Jusqu’à ce que la lumière soit complètement faite sur ces questions, nous n’oserions dire quelle est la partie du pneumogastrique qui est excitée dans la coqueluche. Nous allons étudier la toux de cette maladie à la suite de la toux des bronchites, mais sans nous dissimuler que cette étude pouvait être faite tout aussi bien à propos des laryngites ou à propos des compressions du tronc de la dixième paire, ou encore au sujet des maladies parasitaires. La toux de la coqueluche : est le type de la toux convulsive; elle est constituée par des quintes qui sont accompagnées d’un spasme persistant de la glotte. La description de la quinte de coqueluche a été faite ailleurs {Voy. t. IX, art. Coqueluche par C. Devilliers); qu’il nous suffise de dire que la quinte est précédée par un sentiment de malaise, d’anxiété, et par de l’agitation nerveuse, et qu’elle est constituée essentiellement par des séries d’expirations convulsives entre-coupées par des inspirations bruyantes, sifflantes, imitant le cri du coq, qui se produisent par le fait du spasme laryngien et de l’obstacle qu’il apporte à l’entrée de l’air.
La coqueluche n’est pas la seule maladie laryngo-bronchique qui donne lieu à la toux convulsive : on la rencontre encore, mais avec des caractères un peu atténués, dans la bronchite ordinaire, chez les personnes à système nerveux très-excitable et chez les emphysémateux, dans la trachéo-bronchite et la bronchite capillaire des jeunes enfants (Piilliet et
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Barthez) et surtout dans la grippe où elle prend parfois l’aspect de la toux de la coqueluche.
Les corps étrangers des voies aériennes provoquent aussi la toux spasmodique, mais à des degrés très-divers suivant leur siège ; la muqueuse du larynx, de la trachée et des grosses bronches, réagit fortement, les quintes sont violentes, au contraire, quand le corps étranger vient se placer dans une des divisions bronchiques, il est souvent toléré et la toux s’apaise complètement.
Toux des affections pulmonaires. — Les expériences sur les animaux démontrent que l’excitation du parenchyme pulmonaire ne produit pas la toux ; la clinique ne confirme pas ces résultats de l’expérimentation, probablement par suite des modifications que l’inflammation apporte dans l’excitabilité du poumon, et nous sommes conduits par l’observation à admettre que la toux est provoquée par un certain nombre de maladies pulmonaires; nous devons faire cependant quelques réserves au sujet de l’influence que les lésions concomitantes des bronches peuvent exercer. Dans la pneumonie comme dans la tuberculose les lésions sont parenchymateuses, mais elles affectent aussi les dernières divisions bronchiques, et il serait possible que la toux fût particulièrement sous la dépendance de ces dernières. On observe en clinique un certain nombre de faits qui rendent cette supposition très-acceptable, nous voulons parler du peu de fréquence et même de l’absence de la toux dans quelques pneumonies et dans des cas plus nombreux de congestions pulmonaires.
Ces réserves étant faites, nous dirons que dans la pneumonie la toux est brève, superficielle, contenue; le malade cherche à ne pas tousser pour diminuer la douleur du point du côté. Au début la toux est sèche, mais bientôt arrivent les crachats caractéristiques en plus ou moins grande abondance. Chez le vieillard, la toux manque assez souvent; chez l’enfant elle est au contraire fréquente, contenue, constituée par de courtes expirations saccadées qui n’amènent aucune expectoration.
Dans la congestion pulmonaire simple, non compliquée de pleurodynie, la toux est rare et sèche.
On observe les mêmes caractères de rareté et de sécheresse au début de la tuberculose. Quand il n’existe pas de bronchite concomitante, la toux peut même manquer. Par contre chez certains malades, alors que la bronchite est insignifiante, la toux est très-violente, fréquente, quinteuse, souvent suivie d’hémoptysie ou de crachats striés de sang ; soit au début, soit à une période plus avancée de la tuberculose, elle détermine fréquemment des vomissements alimentaires; comme dans les bronchites, sa fréquence est souvent en rapport avec l’abondance de l’expectoration.
La gangrène du poumon présente parmi ses symptômes les plus constants une toux courte, fréquente, quinteuse, extrêmement pénible pour le malade auquel elle ne laisse pas de repos; elle est suivie d’une expectoration sanglante ou sanieuse à odeur caractéristique. C’est une toux d’origine bronchique qui résulte de l’irritation de la muqueuse des