TOUX. - DE LA TODX PAR EXCITATION DD PNEUMOCASTRIQDE
suffocation au moment de la production de la vomique, plus tard sa fréquence est variable suivant l’évolution qui suit la perforation ; si celle-ci persiste, et si derrière elle se forme un liquide abondant, la toux se produit souvent, parfois sous forme d’accès, et provoque le rejet d’une quantité considérable de matière puriforme.
Toux des affections pharyngées. — Nous sommes peu disposés à admettre la toux comme un symptôme direct des affections pharyngées ; quand la sensibilité de l’épiglotte ou des replis aryténo-épiglottiques n’est pas excitée, les maladies du pharynx ne provoquent pas la toux ; cependant, comme le pharynx et l’oesophage reçoivent des filets nerveux du pneumogastrique, il arrive que quelques personnes atteintes de lésions de ■ces conduits toussent d’une manière peu fréquente. Nous rappellerons qu’un certain nombre de maladies du pharynx déterminent une excitation ■de l’entrée du larynx et font tousser; en premier lieu, nous citerons l’allongement hypertrophique de la luette qui vient titiller l’orifice laryngien pendant le sommeil lorsque le sujet est couché sur le dos.
B. Toux par excitation des branches extra-pulmonaires, rameaux auriculaires, cardiaques et abdominaux du pneumogastrique. — La toux que nous allons étudier comprend un grand nombre des toux dites sympathiques ; nous réservons absolument cette dernière dénomination à la toux qui survient par suite de l’irritation des filets nerveux qui ne font pas partie des rameaux du pneumogastrique et qui n’ont avec eux aucune anastomose appréciable, comme les nerfs dentaires ou les nerfs utérins. Sans aucun doute l’excitation des branches extra-pulmonaires du nerf vague produit exceptionnellement l’acte réflexe qui constitue la toux; cette rareté relative du phénomène prouve que la transmission se fait moins bien, moins régulièrement par certaines portions des noyaux d’origine du pneumogastrique; mais, quand cette transmission a lieu, elle suit exactement les mêmes voies que celle qui succède à l’excitation des rameaux pulmonaires : nous croyons donc qu’il convient de rapprocher ces deux catégories de toux et de cesser d’appeler sympathique la toux auriculaire, la toux cardiaque et la toux abdominale.
Toux auriculaire. — Chez quelques sujets l’excitation de la peau du conduit auditif externe à l’aide d’un stylet mousse détermine la toux (Spring). Budger {the Lancet, 1880) rapporte qu’une jeune femme toussait continuellement depuis trois ans; la toux était creuse et n’était influencée par aucune circonstance extérieure, on croyait à une toux hystérique ; un examen de l’oreille ayant été pratiqué par hasard amena la découverte d’un volumineux bouchon de cérumen ; une légère pression sur ce bouchon déterminait une quinte de toux; on en pratiqua l’extraction, et la malade fut guérie sans retour.
Pour expliquer ces phénomènes rares, il faut faire intervenir une excitation du filet auriculaire du pneumogastrique, exceptionnellement excitable chez certains sujets.
Toux cardiaque. — La toux n’est point rare dans les maladies du cœur ; il convient d’ajouter immédiatement que le plus souvent elle dépend des
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TOUX. — DE LA TOUX lésions congestives et œdémateuses de l’appareil respiratoire qui se produisent dans les altérations des orifices auriculo-ventriculaires, dans les dilatations du cœur, dans les myocardites et généralement dans toutes les cardiopathies arrivées à la période asystolique.
La 'péricardite présente parmi ses symptômes une petite toux sèche et fréquente qui est excitée par la pression et la percussion de la région précordiale, par la compression du nerf phrénique au cou et par celle du péricarde pratiquée sous le rebord costal dans la moitié gauche de l’épigastre.
Toux abdominales. — L’excitation des filets abdominaux du nerf vague peut déterminer la toux; nous en avons la preuve dans l’existence des toux gastrique, hépatique et intestinale.
Toux stomacale. — Le type par excellence de la toux stomacale appartiendrait aux tuberculeux, «elon Peter ;
« Il arrive fréquemment, dit-il, que les tuberculeux toussent dès qu’ils ont mangé. Dans ce cas le fait initial est ta présence des aliments dans l’estomac, c’est-à-dire l’excitation par leur contact des filets du pneunogastrique stomacal. Et pour qu’alors le malade tousse, il en faut bien conclure que l’excitation toute matérielle du pneumogastrique à l’estomac a déterminé par action réflexe l’excitation du pneumogastrique des bronches » [Cl. méd., t. II). Cette interprétation nous paraît comporter quelques réserves, et d’abord une excitation par voie réflexe du pneumogastrique des bronches ne nous paraît pas nécessaire pour que la toux puisse se produire, l’irritation de filets gastriques du nerf vague suffit pour déterminer les secousses expiratoires, par suite d’une excitation transmise au centre expirateur, ensuite il faut tenir compte de la gêne que la plénitude de l’estomac et les phénomènes de la dyspepsie concomitante apportent dans la respiration. Le tuberculeux qui digère est souvent dyspnéique, dans ces conditions la moindre cause occasionnelle (un mouvement, l’action de parler) suffit pour faire éclater la toux.
On a encore noté la toux gastrique dans l’embarras gastrique et dans les diverses formes de dyspepsies ; chez quelques personnes il suffit pour la provoquer de l’ingestion d’une boisson froide.
Toux hépatique. — Budd signale dès 1 845 la toux comme conséquence des maladies du foie. — L’irritation du foie, dit cet auteur, comme celle de l’estomac, devient le point de départ d’une toux sèche, brève et sympathique. »
Il importe de distinguer dans cette toux hépatique ce qui revient d’une part au foie proprement dit, et ce qu’il convient de rapporter à l’inflammation de voisinage de la plèvre, des poumons ou des bronches Nous n’avons rien à dire de la toux qui se rattache à une de ces com plications, il y a là une lésion matérielle bien faite pour expliquer ce phénomène. Bien différente est la toux réflexe que nous avons en vue: elle témoigne de l’irritation probable des filets du nerf vague qui vont au foie. C’est ainsi que Rendu cite à l’article Foie [Dict. encycl.) le cas d’un officier de marine atteint d’une lésion présentant tous les caractères de
PAR EXCITATION Dü PKEDMOGASTRIQÜE.
700 TOUX. — DE LA TODX la toux dite tuberculeuse, laquelle disparut à la suite de l’évacuation d’un foyer purulent par la voie de l’intestin.
Quant à vouloir spécifier ses caractères, cela devient presque impossible ; sèche et quinteuse, toujours douloureuse, elle se montre telle dans les pleurites de voisinage ; quelquefois permanente, comme dans le fait précité, elle peut se juger brusquement. Au point de vue de la séméiologie sa valeur est donc contestable, si l’on s’en tient aux caractères objectifs qu’elle présente ; elle devient au contraire très-importante, si l’on a soin de l’envisager environnée de tous les autres symptômes; c’est d’ailleurs une loi qu’on peut appliquer indistinctement à tout symptôme, mais qui trouve ici son application formelle.
Toux intestinale. — Cette toux ne s’est produite que sous l’influence de l’excitation provoquée par les vers intestinaux; les autres maladies de l’intestin ne semblent pas capables de la provoquer. Elle est sèche, spasmodique, parfois convulsive. Graves a rapporté l’observation d’une jeune fille atteinte depuis plusieurs mois d’une toux spasmodique avec fièvre et amaigrissement notable, qui fut guérie par l’expulsion d’un ténia. Mondière a donné l’observation d’une jeune fille de 19 ans qui fut guérie d’une toux quinteuse et fatigante par l’expulsion de soixante lombrics et d’un grand nombre d’oxyures (Gaz. des IIôp., 1844).
2“ Toux par excitation du tronc du pneumogastrique. — Lorsque une tumeur quelconque vient à comprimer le tronc du pneumogastrique dans son trajet intra-thoracique, on voit se produire une toux d’un caractère particulier qui rappelle la toux de la coqueluche et qui pour ce motif a été dénommée coqueluchoïde (N. Guéneau de Mussy). Elle est constituée par des quintes séparées par des intervalles de repos d’assez longue durée qui présentent les caractères de celle de la coqueluche et qui en diffèrent seulement par l’absence de vomissements et de rejet de mucosités filantes.
L’adénopathie trachéo-bronchique est la maladie qui paraît donner lieu le plus souvent à la toux coqueluchoïde ; on l’a également signalée dans les anévrysmes de l’aorte, dans le cancer de l’œsophage et dans les diverses tumeurs du médiastin. Si le tronc de la dixième paire n’est pas directement comprimé, la toux ne prend pas le caractère coqueluchoïde et affecte la forme ordinaire.
o“ Toux par excitation des noyaux d’origine du pneumogastrique. Toux centrale. — Cette variété de toux est celte dont l’étude est la moins complète dans l’état actuel de la science.
L’excitation des noyaux du nerf vague, autrement dit du centre respiratoire, peut résulter d’une incitation partie du cerveau ou d’une incitation partie de la moelle ou d’une incitation directe, nous aurons donc à étudier une toux cérébrale, me toux spinale et une toux bulbaire.
Toux cérébrale. — Dans les traités classiques de Jaccoud, de Grasset, dans l’article de Bail et Krishaber sur les tumeurs cérébrales {Dict. encyclop. des sc. méd.), on fait figurer la toux parmi les symptômes des tumeurs du cerveau. Il est bon que de nouvelles recherches permettent