‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 35 (volume 3)Chapitre 112 sur 117 · TOUX. — DE LA TODX PAR EXCITATION DU PNEUMOGASTRIQUE · texte numérisé non relu

TOUX. — DE LA TODX PAR EXCITATION DU PNEUMOGASTRIQUE

Landouzy et Déjerine -viennent de communiquer à la Société de Biologie un fait d’ataxie locomotrice progressive compliqué de crises laryngées analogues à celles décrites par Féréol qui paraissent sous la dépendance d’altérations des noyaux d’origine des nerfs vague et spinal; ces noyaux ont présenté une atrophie pigmentaire bien caractérisée sans sclérose; les filets d’origine de ces mêmes nerfs offraient les altérations de la dégénérescence Wallerieniie : il est donc permis d’admettre que certaines toux spasmodiques sont provoquées par des lésions du bulbe.

II. ïoüx SYMPATHIQUE. — Nous avous dit que nous réservons cette dénomination à la toux qui se produit à la su! c de l’excitation d’une partie du système nerveux n’offrant aucune connexion directe avec le pneumogastrique.

On a vu la toux se produire dans nombre à’ affections de l’utérus ou des ovaires, on l’a signalée aussi dans quelques maladies du testicule. D’après Spring, on peut provoquer la toux en poussant des injections froides dans l'urèthre, dans la vessie ou dans le rectum, chez certains sujets prédisposés.

Une stimulation appliquée à la peau, telle que le chatouillement des cuisses, du jarret ou de la plante des pieds, est capable de provoquer la toux chez quelques rares personnes. L’impression du froid peut produire les mêmes effets, on cite des personnes qui toussent chaque fois qu’elles se couchent dans un lit froid et humide ou qu’elles mettent le corps à nu. Il faut donc admettre qu’il existe des relations singulières entre les nerfs sensitifs de la peau et les centres respiratoires.

Beaucoup de pathologistes pensent que l’irritation des nerfs dentaires pendant le travail de la dentition peut provoquer des toux rebelles; nous admettons cette influence, mais en faisant remarquer que les laryngo-trachéites et les bronchites si légères que l’on observe pendant toute la série de la dentition chez certains enfants doivent fournir souvent l’explication de la toux.

Nous placerons parmi les toux sympathiques certaines toux nerveuses et la toux hystérique, parce que nous pensons que dans la plupart des cas ces toux ont une origine périphérique et résultent d’une excitation perçue ou non perçue d’une partie quelconque des rameaux nerveux terminaux. L’excitabilité du système nerveux est si grande chez le névropathe qu’une cause insignifiante suffira pour exciter la toux; une émotion, un air froid ou chargé de fumée, une goutte de salive pénétrant dans le larynx, ont pu produire des quintes de toux parfois convulsives. Nous n’oserions pas affirmer cependant que la toux hystérique ne peut jamai.s avoir une origine centrale, mais les troubles de la sensibilité périphérique sont si fréquents dans cette catégorie de malades, qu’il nous paraît plus logique de placer le point de départ de la toux dans une sorte d’hypéresthésie temporaire de la muqueuse respiratoire ou des viscères abdominaux ou des organes génitaux.

La toux sympathique se présente sous deux formes : tantôt elle est superficielle, sèche, continue, incessante, à rhythme monotone, per-

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sistant des journées entières sans un instant de repos, excepté pendant le sommeil ; tantôt elle se montre sous forme d’accès précédés d’un picotement à la gorge, durant plusieurs heures, et se terminant parfois par l’expectoration d’un peu de mucus transparent; cette toux est sonore, à timbre très-aigu, il n’existe pas de dyspnée concomitante.

On a signalé la toux nerveuse dans l’hypochondrie, dans le nervosisme, elle peut faire partie des troubles nerveux de la puberté et de la méno pause ; on l’a vue affecter un type franchement intermittent ; Ruehle cite l’exemple d’un jeune homme affecté d’une toux violente, aboyante, dont les accès duraient plusieurs heures et affectaient le type tierce ; la guérison fut obtenue par le sulfate de quinine.

La toux hystérique est une des variétés de la toux nerveuse ; à cause de son importance, nous allons l’étudier avec quelques détails.

Toux hystérique. — Indiquée d’abord par Willis {De morbis convulsivis, cap. VI, 1682], puis par Sydenham dans sa dissertation épistolaire à Guillaume Cote, cette toux a été le sujet de nombreuses études ; et en effet elle devait rapidement attirer l’attention, tant elle est spéciale et par sa répétition incessante et par ses caractères. Nous emprunterons au traité d’Axenfeld, récemment annoté par Huchard, la majeure partie de cette description.

La toux hystérique est quelquefois la manifestation première de la névrose, elle éclate alors sans cause apparente. Plus souvent peut-être une cause efficiente, telle qu’une affection inflammatoire des voies aériennes , une laryngite simple, semble lui donner naissance. Quelquefois encore c’est une simple angine qui paraît être la cause déterminante, ou encore une bronchite. Sydenham, qui connaissait cette influence, écrivait en effet « qu’elle affecte de préférence les femmes pituiteuses ». La suppression menstruelle a été également incriminée à juste titre.

Les caractères de cette toux sont les suivants : elle procède par accès tantôt irréguliers, tantôt réguliers, et dans ce cas les faits les plus surprenants ont été notés ; telle malade ne toussera qu’à une heure déterminée du jour, pendant un laps de temps toujours le même. Ces accès de forme parioxystique sont en nombre variable ; de 20 à 50 par jour, d’une durée de quelques minutes à plusieurs heures. Généralement la toux hystérique cesse au moment des repas, et il est de règle de la voir disparaître pendant le sommeil.

Les phénomènes subjectifs accusés par les malades sont, dans la généralité des cas, une sensation de picotement, de chatouillement laryngés, qui va quelquefois jusqu’à la douleur et qui amène aussitôt une toux sèche, saccadée, àtype franchement convulsif. La succession incessante de ces quintes de toux est pénible pour les assistants, d’une tonalité assez éle vée, mais presque toujours la même, elle est, comme onledit avec raison, « d’un rhythme monotone. » Les comparaisons abondent pour la peindre. G. de Mussy la compare dans un cas au « chant de la caille, » d’autres à un aboiement, le plus souvent elle est métallique, férine, aiguë, mais surtout convulsive, comme celle qui suit l’inhalation de gaz irritants, tels

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