TOUX. — DE LA TOUX PAR EXCITATION DD PNEÜMOGASTRIQÜ’E
que le chlore, l’ammoniaque; il est tout à fait exceptionnel qu’elle prenne le timbre rauque et voilé.
Ce qui est encore bien caractéristique de cette toux, c’est que l’inspiration profonde, qui précède la toux légitime manque, c’est un simple effort expiratoire rapide, saccadé, incessant, ne s’accompagnant pas d’expectoration ; vient-on à ausculter la patiente, on trouve le murmure respiratoire normal. Enfin, caractère qui pour être assez peu fréquent n’en a pas moins sa valeur, c’est que l’on peut faire naître cette toux par la pression de certaines régions ; il semble qu’il y ait là un fait similaire de ceux signalés dans l’hystérie, l’épilepsie, et qui ont reçu le nom de zones épileptogènes, hystérogènes. Eh bien, la pression du pneumogastrique au cou, des ovaires, des vertèbres cervicales, est quelquefois suffisante pour faire éclater l’accès. Ces faits méritent d’être rapprochés de ceux signalés par Peter dans son mémoire de la névralgie du phrénique où, en pressant sur les attaches antérieures du diaphragme, il développait une toux saccadée et rapide [Archives de médecine, 1871).
Telle est la description symptomatique habituelle de la toux hystérique ; mais on pourra voir la toux hystérique s’accompagner de phénomènes surajoutés que nous devons signaler. Tantôt c’est un mouvement d’épaule unilatéral ou bilatéral simulant le « haussement » de ces parties ; tantôt, en même temps que la toux éclate, se produit une attaque convulsive. Il est arrivé assez souvent que la toux a remplacé un autre symptôme hystérique brusquement disparu, tel qu’une paralysie, des vomissements ; inversement ces accidents morbides peuvent lui succéder et alterner avec elle.
Jusqu’ici nous avons vu la toux hystérique être une toux sèche, sans but; dans quelques cas elle marche de pair avec une hémoptysie et provoque l’expectoration d’un sang rouge incarnat (Briquet) rarement pénétré de bulles d’air et mélangé de mucus. S’il existe en même temps de la pleurodynie et une émaciation notable, on comprend combien il est dilficile de ne pas admettre un début de tuberculose ; cette erreur de diagnostic a été commise plusieurs fois; elle est d’autant plus facile que quelques hystériques présentent des accès de fièvre véritable et un dépérissement progressif très-accentué. Pour redresser l’erreur on recherchera avec soin les autres manilestations de l’hystérie, et notamment les troubles de la sensibilité générale ou sensorielle, qui sont d’une importance capitale pour le diagnostic de l’hystérie.
Ajoutons enfin pour terminer cette étude que la toux hystérique peut durer pendant des années et être d’une intensité extraordinaire ; Priou [Gaz. méd. de Paris, 1840, n° 41) a rapporté l’observation d’une malade qui a toussé pendant quatre ans jusqu’à seize heures par jour. Ce symptôme disparaît généralement pendant la durée des maladies fébriles intercurrentes, il cesse brusquement, peut récidiver et offre le plus souvent une résistance absolue à toute espèce de médication.
Indications tirées , de la toux I’odr le diagnostic des maladies. — La toux est un symptôme que l’on rencontre dans un grand nombre de