‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 35 (volume 3)Chapitre 114 sur 117 · TOUX. — PRONOSTIC. INDICATIONS THÉRAPEÜTIQUES · texte numérisé non relu

TOUX. — PRONOSTIC. INDICATIONS THÉRAPEÜTIQUES

maladies et qui n’a qu’une valeur très-relative pour le diagnostic. D’une manière générale la toux indique l’existence d’une affection de l’appareil respiratoire ; on ne peut songer à une autre maladie qu’après un examen très-attentif qui aura permis de constater l’inté^'rité de cet appareil. Parmi les toux qui sont liées aux maladies des voies aériennes, il en est quelques-unes qui fournissent de fortes présomptions pour le diagnostic : nous rappellerons la toux de la laryngite striduleuse à timbre sonore et éclatant, celle du croup confirmé, qui est sourde et éteinte, et enfin la toux de la pleurésie, qui se produit pendant les mouvements et qui présente des caractères de sécheresse, de brièveté et de répétition, qui ont pu permettre de reconnaître la maladie à distance. La toux de la coqueluche estabsolument caractéristique, seule elle permet d’affirmer le diagnostic.

La toux coqueluchoïde a également une grande valeur ; elle n’est pas toujours sous la dépendance d’une compression, d’une irritation du tronc du nerf vague, mais il est certain que, lorsqu’elle se présente, surtout avec des caractères de chronicité, elle met sur la voie du diagnostic et conduit le médecin à rechercher la cause de la compression.

Les toux nerveuses, et surtout la toux hystérique, ont encore une réelle importance. Leur sécheresse, leur monotonie, leur cessation pendant le sommeil et leur opiniâtreté, permettent de les classer très-vite et de rechercher les autres signes de la maladie principale.

Ikdicatioks pour le PRONOSTIC. — La toux ne constitue pas un symptôme très-grave, cependant on a vu des malades succomber dans le cours d’une quinte de coqueluche; quand elle est très-fréquente, trèsopiniâtre et spasmodique, elle est une source considérable de fali^ue et d’épuisement, elle peut empêcher l’alimentation et le sommeil et donner lieu à un grand nombre d’accidents secondaires, comme nous l’avons indiqué plus haut. C’est donc un accident morbide dont il faut que. le praticien se soucie, et nous allons indiquer d’une manière sommaire les meilleurs moyens pour le combattre.

Indications thérayeütiqces. — La toux constitue dans beaucoup de circonstances un symptôme si pénible qu’il importe au médecin de l’atténuer ou de le faire disparaître; pour obtenir ce résultat, il faut d’abord faire la thérapeutique de la maladie qui l’engendre;, si ce traitement est inefficace, s’il ne réussit pas à rendre la toux modérée et si on se trouve en présence d’un accident morbide anomal par son intensité et dépassant le besoin de l’organisme, il faut agir directement contre lui et employer les préparations calmantes. Ces préparations sont fort nombreuses et le choix que l’on doit faire est déterminé par des conditions fort diverses : âge du malade, susceptibilité individuelle, phénomènes concomitants, etc.

En tête des préparations calmantes viennent celles qui contiennent de \' opium ou un de ses dérivés: l’extrait thébaïque, le sirop diacode, les sels de morphine, la codéine, sont particulièrement en usage; dans quelques cas nous avons vu la morphine administrée par la voie gastrique rester inefficace, tandis qu’elle donnait les meilleurs effets sous

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forme d’injections sous-cutanées. Contre les toux laryngées violentes, nous recommandons l’injection sous-cutanée d’un demi-centigramme de chlorhydrate de morphine sur le trajet du nerf laryngé supérieur, immédiatement au-dessous de l’extrémité de la grande corne de l’os hyoïde ; on fait une injection de chaque côté, on détermine ainsi l’anesthésie des laryngés et de la muqueuse laryngée et par suite l’apaisement de la toux. Guéneau de Mussy (t. I, p. 021) se loue beaucoup des petits vésicatoires morphinés appliqués, au nombre de trois, sur le trajet des pneumogastriques dans l’intervalle des attaches inférieures du sterno-mastoïdien et au-dessous de l’appendice xyphoïde.

Le jeune âge du malade, l’intensité du mouvement fébrile, la tendance aux congestions encéphaliques, l’état gastrique, peuvent détourner de l’emploi de l’opium ; on peut alors recourir à \’ aconit^ à la jusquiame, à la belladone, prescrits ensemble ou séparément; l’aconit est surtout indiqué quand la toux coexiste avec un mouvement fébrile. La belladone est très-utile dans le traitement de la toux des enfants, à cause de la tolérance remarquable de ces derniers pour ce médicament.

Les composés cijaniques, l’eau distillée de laurier-cerise, l’acide prussique médicinal, ont rendu parfois quelques services.

Le cliloral, dont les propriétés hypnotiques sont bien connues, est souvent un médicament très-puissant. On doit beaucoup moins compter sur le chloroforme administré en potion.

Les bromures alcalins exercent une action sédative assez puissante sur certaines toux quinteuses de la grippe, nous les avons vus réussir dans un cas de toux hystérique.

Les antispasmodiques, le musc, le castoréum, la valériane, trouvent aussi leur emploi contre certaines toux spasmodiques, mais ce sont des médicaments dont l’action est bien infidèle. Nous pouvons en dire autant de l’éther.

Nous n’avons pas indiqué les doses et le mode d’administration de ces médicaments parce que ce sont deux choses qui varient avec chaque malade. Il faut procéder d’une manière progressive et s’assurer du degré d’impressionnabilité du sujet; mais, quand on a acquis la certitude que la tolérance est assez grande, il faut savoir recourir aux fortes doses quand la toux est opiniâtre ; plusieurs fois nous avons atteint les doses de deux centigrammes de morphine, de dix centigrammes d’opium, de cinq centigrammes de belladone, pour le plus grand avantage des malades.

Les narcotiques, qui constituent en somme les agents béchiques par excellence, ont été introduits dans l’organisme par d’autres voies que les voies gastrique et sous-cutanée. Partant de ce principe que la toux est souvent précédée par un chatouillement du pharynx et qu’en anesthésiant la muqueuse pharyngienne on peut diminuer le besoin de tousser, N. Guéneau de Mussy a fait priser des poudres calmantes constituées par un mélange de un gramme de; poudre de belladone, de cinq à six centigrammes de chlorhydrate de morphine et de onze grammes de pou-

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