‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 35 (volume 3)Chapitre 23 sur 117 · TANNIN. — CHIMIE · texte numérisé non relu

TANNIN. — CHIMIE

obtenues sont très-altérables à l’air. Le tannin ne précipite pas les dissolutions des sels ferreux purs, le tannate ferreux est soluble, il précipite en noir ou en vert les sels ferriques, il réduit les solutions des sels cuivriques, mercuriques et argentiques, en donnant ou un composé à un degré inférieur d’oxydation ou en précipitant le métal.

Le tannin précipite la plupart des sels d’alcaloïdes fixes en solution, il se forme un tannate généralement soluble dans l’alcool, l’acide acétique et l’acide chlorhydrique. Il précipite la gélatine, l’albumine, se combine avec la peau et les tissus végétaux et forme avec eux des combinaisons imputrescibles.

Les solutions de tannin exposées à l’air se modifient, il se forme de l’acide gallique par suite d'une fermentation que Robiquet attribuait à la présence d’un principe soluble contenu dans la noix de galle, la pectase.

A la suite des travaux de VanTieghem en 1867 nous savons que cette fermentation est due §iux ferments figurés, le pénicillium glaucum et Vaspergillus niger, qu’elle ne peut se développer à l’abri de l’air et par conséquent ne peut avoir lieu simplement au contact de l’air avec de la pectase en dissolution, pectase considérée comme ferment soluble.

Mais, si l’on connaît les premiers termes de la décomposition ou de la transformation, ferments et tannins ou substance fermentescible, il n’en est plus de même des produits de décomposition.

Pour Pelüuze, sous l’influence de la fermentation le tannin se dédouble en présence de l’oxygène en acide gallique et en acide carbonique. Pour Strecker le tannin fixerait de l’eau et donnerait naissance à de l’acide gallique et à de laglycose. Cette manière de voir reposait sur l’expérience, car cet auteur considérait le tannin comme un glycoside.

Les derniers travaux de Schiff sont contraires à cette opinion. Pour ce chimiste le tannin serait de l’acide digallique, dilférant de la double formule de l’acide gallique par une molécule d’eau en moins. Il en résulte que dans la transformation le ferment ne ferait qu’apporter une molécule d’eau à l’acide digallique pour former de l’acide gallique. La présence de la glycose serait due aux impuretés.

La formule nouvelle du tannin est confirmée par l’analyse du dérivé tétracétique formé par l’action de l’anhydrique acétique sur le tannin. D’un autre côté on a pu faire du tannin en combinant de l’acidegallique avec lui-même, avec perte d’eau sous l’influence de l’oxychlorure de phosphore.

Cette façon d’envisager les tannins, vraie peut-être pour les tannins ordinaires, ne peut, croyons-nous, s’appliquer aux tannins des plantes; plusieurs chimistes partagent d’ailleurs cette manière de voir. Sans aucun doute, en effet, ils renferment de la glycose dans leur constitution, que cette glycose soit juxtaposée ou combinée, et c’est pour le cas particulier de la fermentation gallique la manière de voir que nous adoptons.

A. Chai'üis.

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